30 avril 2007
Karpov, les machines et les hommes
Anatoli Karpov est une légende. Champion du Monde d'Echecs de 1975 à 1985, il incarne les échecs classiques, tels qu'ils se pratiquaient en Union Soviétique. C'était avant la chute du mur de Berlin. Avant l'arrivée des ordinateurs.
Dans une interview récente il critique l'usage de l'ordinateur dans les échecs. Les joueurs s'entraînent contre les ordinateurs. Ils finissent pas "penser" comme eux.
Voici un extrait de l'ITV:
Journaliste: On peut déjà parler de la dépendance des joueurs d’échecs aux ordinateurs. Beaucoup de grands-maîtres se sont habitués aux ordinateurs et ne peuvent déjà plus imaginer leur existence sans eux.
Karpov: On arrive à des extrêmes comiques. Vous analysez avec un collègue une certaine position et la première chose qu’il fait est de lancer l’ordinateur : « Et que dit Fritz ? ». Je réponds : « Mais attendez, nous allons nous asseoir, réfléchir, juger par nous-mêmes, trouver quelques plans et nous regarderons ensuite avec l’ordinateur. »
Journaliste: Plus une fois je me suis convaincu qu’y compris de forts grands-maîtres n’ont déjà pas confiance en leur propre réflexion.
Karpov: Ce n’est pas tant qu’ils n’ont pas confiance, mais ils ne veulent plus s’embêter. Néanmoins, si vous utilisez toujours l’ordinateur, vous perdrez inévitablement la capacité d’analyser, de prendre des décisions indépendantes et vous vous transformerez en opérateur des décisions de l’ordinateur. […] L’utilisation trop importante des ordinateurs pendant l’entraînement réveille parmi les joueurs d’échecs un automatisme exagéré. Par exemple, je suis convaincu qu’Anand n’a jamais pu se transformer en un joueur d’échecs génial parce que les ordinateurs l’ont asséché.
Les machines ont quelque chose d'humain, puisqu'elles ont été créées par des hommes. Inversement, les hommes ont quelque chose de "machinique". Ce quelque chose, c'es l'habitude. Chaque fois que nous effectuons un geste habituel, machinal, nous nous comportons comme une machine. Et les machines nous forcent à devenir des machines. Comment ne pas devenir une machine: être créatif.
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28 avril 2007
Dans la meute avec Ségolène Royal et François Bayrou
(les photos: ici) Ce matin, j'étais devant l'hôtel Westin, où se déroulait le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou. Je suis arrivé vers 9 h 30. Et je me suis mêlé à la meute.
En langage technique, ils appellent ça la meute. Caméramans et perchistes, ils entourent les personnalités. Dès que la meute a repéré sa proie, elle fonce. Et elle entoure la très importante personne.
Ce matin, il y avait une bonne cinquantaine de caméras. J'étais avec mon petit Canon. Et j'ai essayé de me fondre dans la meute.
Un peu d'hystérie. Mais on sent qu'ils ont l'habitude. Comme nous sommes rue Castiglione, à l'angle de la rue de Rivoli, il y a des touristes. Il faut simplement éviter qu'un enfant se fasse broyer par la meute.
Au final, j'ai ramené une cinquantaine de clichés. En voici sept à peu près corrects, stockés sur mon microblog.
J'ai discuté avec un journalsite de France 2. La chaine est venue avec 6 caméras. Deux pour le JT, et les autres pour Envoyé spécial et Complément d'enquête. Un journaliste suit Ségolène Royal en permanance, un autre François Bayrou.
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Panurgisme journalistique et désirs inconscients
Cette semaine, les trois principaux Newsmagazines ont choisi le même titre, avec des variantes différentes. Encore un bel exemple de panurgisme journalistique...
Le Point titre: "Sarkozy peut-il perdre?" L'Express: "Sarkozy peut-il être battu?" Et le Nouvel Obs, dans un excès d'originalité: "Ségolène Royal peut-elle battre Sarkozy?"
Tout d'abord, une remarque. Dans les écoles de journalismes on déconseille les titres interrogatifs. En effet, un article est censé apporter des réponses, pas des questions. Donc, ces titres sont mauvais.
En voyant ces couvertures sur tous les kiosques, une réflexion m'est venue. Accoler les mots "Sarkozy" et "perdre" ou "être battu" n'est pas habituel. Au point que je me demande s'il n'y a pas, chez les journalistes qui ont trouvé ces titres, comme un désir inconscient. J’ai bien dit inconscient. Même si ces journaux (à l'exception du Nouvel Observateur, gentiment Ségo-bayrouiste) ne sont pas hostiles à Nicolas Sarkozy, loin s'en faut, il y a peut-être, tout au fond de l'inconscient de leurs salariés, et tout au fond de l'inconscient collectif français (et pas seulement du mien !), un désir que Sarkozy perde… pour qu'on puisse faire la fête!
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23 avril 2007
Sophie Marceau dans Vogue
Superbes les photos dans Vogue de Sophie Marceau quasiment nue. Photo N&B de Mario Testino.
Comme l'indique la légende, Sophie Marceau nue porte un soutien gorge en voile de soie noir de marque Eres et des sandales noires Prada. Et entre les deux rien, ou presque, une ceinture marron à boucle en bronze Yves Saint Laurent. Marceau tient dans sa main droite la ceinture qui fait le tour de ses hanches et vient cacher une partie de son pubis épilé.
L'expression de son visage est énigmatique, mélancolique. Le corps de Marceau est parfait comme une statue antique à l'ère de Photoshop...
Dans Vogue Sophie Marceau parle de son dernier film en tant que réalisatrice.
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19 avril 2007
Messi/Maradona
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18 avril 2007
Les affiches électorales taguées
Hier, dans une rue parisienne un homme passe devant moi. La soixantaine, il porte un cannotier, comme dans les films de Pagnol.
Il s’arrête devant les panneaux électoraux. S’approche de l'affiche de Bayrou et puis reprend sa marche. Je suis trop loin pour voir ce qu’il a fait. Graffiti, griffure ou moustache incongrue ? Je m’approche. Il a collé une étiquette sur le nez de Bayrou. Sur l’étiquette est écrit : « Made in Japan ». Ca aurait pu être pire!
Vous l'avez remarqué. Beaucoup d’affiches électorales sont vandalisées. Eh oui ma bonne dame, les jeunes ne respectent plus rien! Et s'il n'y avait que les jeunes...
Le Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine s’intéresse à ces affiches lacérée ou taguées(quelques exemples ici).
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16 avril 2007
Décroissance au kiosque de la place Clichy
Hier, devant un kiosque à journaux, place Clichy. Il y a la revue La décroissance, le journal de la joie de vivre. J'en prends un numéro. Je le tends au kiosquier. Il mange une salade composée. Il pose sa fourchette pour me rendre la monnaie. Il me lance :
_ Un bon journal, la Décroissance!
_ Oui, euh... vous le mettez bien en évidence.
En effet, la couverture mauve du mensuel trône devant les Match, Libé et autre Monde.
Nous échangeons quelques mots sur ce concept étrange de décroissance. Il me dit :
_ C’est quelque chose qu’on a tout au fond de nous, très profond.
J’acquiesce. Puis je le laisse à son repas improvisé.
Tout au fond de nous. Il y a cette envie de consommer. Et il y a l’envie contraire. Il faut l'entendre murmurer entre deux messages publicitaires...
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13 avril 2007
Praxitèle au Louvre
Pendant une campagne électorale un peu bourbeuse, comme celle que nous vivons, rien de tel qu'une promenade au Louvre pour vous rappeler la noblesse du temps long. Celui de l'Histoire qui s'écrit dans le marbre.
Praxitèle est un des maîtres de la sculpture grecque. Et pourtant il ne reste que très peu d'oeuvres de lui. C'est pourquoi l'exposition du Louvre ne nous montre quasiment que des sculptures exécutées par des successeurs de Praxitèle à toutes les époques. Et également des fragments de sculptures restaurées. Cliquez ici pour visiter le mini site de l'exposition.
(photo: la Vénus d'Arles. © R.M.N./H. Lewandowski)
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Je suis classé au Top 50... de 20 Minutes
20Minutes classe « crise dans les médias » dans son Top 50 tech et médias. Merci à ce journal gratuit apprécié de Nicolas J. et des jeunes actifs urbains.
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12 avril 2007
Puisqu'il faut microbloguer...
Alors, j’ai décidé de m’y mettre.
Le microblogging est au blogging ce que le crack est à la cocaïne (Lev Grossman, dans Time).
Au lieu d’écrire un billet, vous lâchez une phrase, un lien, une photo, une vidéo.
Pour mon microblog, j’ai choisi la plateforme Tumblr (présentation ici). Et si ça ne me plaît pas, je switche sur Twitter.
Mon micro blog, je l’ai appelé Plouf-plouf ! Le problème c'est qu'on ne peut pas commenter. C'est embêtant! Mais bon...
Allez faire une petite visite à Plouf-plouf !



