30 mars 2007
Olivier Duhamel, l'Europe et ceux qui publient leurs mails
Je publie quelques mails échangés avec Olivier Duhamel en 2005. J'espère qu'il ne s'en offusquera pas s'il tombe sur ce blog. Le débat sur le Traité constitutionnel européen est maintenant de l'histoire ancienne...
Nous fêtons les 50 ans de l’Union Européenne. Et il y a presque deux ans, les Français ont dit Non au Traité constitutionnel.
J’ai retrouvé un échange de mail que j’ai eu, quelques jours après le référendum, avec Olivier Duhamel. Je l’avais « agressé » sur un forum Internet. Et l’ancien député européen (et chroniqueur sur France Culture) m’a répondu par mail. Je reproduis cette correspondance, en espérant qu'Olivier Duhamel ne s'offusque pas qu'on rende public ce qui était privé (comme dirait Alain Duhamel)
Tout d’abord, voici l’agression. Un texte publié sur Bellaciao et envoyé à Olivier Duhamel par mail.
« Olivier Duhamel et la poésie
« Si le Non l’emporte, j’arrête la politique et je deviens poète. » Cette phrase, c’est Olivier Duhamel qui l’a prononcée au cours de la campagne référendaire. Le Non l’a emporté, il n’a pas tenu sa promesse et on l’entend toujours faire ses chroniques politiques sur France-Culture. Il n’est pas devenu poète. La poésie lui dit merci. »
C'était vache, je le reconnais. Et Olivier Duhamel m’a répondu :
« Décidément vous m'exécrez trop pour me comprendre. Je renonce en effet à toute activité politicienne, pas à tenter de chroniquer. Je n'ai jamais annoncé cela. Par ailleurs n'est pas poète qui veut. Juste parfois essayer un peu. »
Non, je ne te hais point, Duhamel. C’est ta façon de dire Oui qui m’embête.
Et je lui ai répondu, sans être certain qu’il s’agissait bien de lui et non d’un imposteur :
« Monsieur,
Si, effectivement, vous êtes bien Olivier Duhamel, tout d'abord merci de votre réponse. Ensuite, sachez que je ne vous exècre pas. J'exècre seulement la manière outrancière dont vous avez argumenté pendant ce débat. Vouloir donner du poids à ses arguments est une chose, caricaturer (voire "diaboliser") l'adversaire en est une autre. »
Et Duhamel de répondre :
« Merci de la nuance.
Et j'en déduis que je n'aurais pas dû mêler passion et raison.
Pour l'abandon du politicien : je maintiens, plus de réunions avec le PS, et ce genre de chose, mais parler du politique, ce qui est différent et écrire vers d'autres horizons.
Une question par curiosité : vous souhaitez vraiment que je démissionne de France Culture ? »
Enfin, ma réponse :
« Que vous démissionniez de France Culture? Je n'ai jamais émis un tel souhait. Je respecte votre liberté d'expression. Je m'étonnais seulement du non respect de votre promesse... ou de ce que j'avais pris pour tel.
Par ailleurs, j'estime, et je ne suis pas le seul, que vous avez trop souvent forcé le trait. Quand 90% des élus d'une assemblée, soutenus par la majorité des médias, expriment sans nuance une "pensée unique", cela ne ressemble pas à un débat. »
Aujourd’hui, est-ce que la « pensée unique » a vraiment laissé place au débat dans les médias ?
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29 mars 2007
République des blogs échec et mat
Je ne me souviens plus comment le sujet a été lancé. Etrangement, j’ai beaucoup parlé d’échecs à la République des blogs.
Avec François Alex tout d’abord. Il m’a demandé si je jouais aux échecs sur Internet. Et il m’a conseillé un site américain.
Et ensuite nous avons échangé des idées d’ouvertures. Des gambits, car il semble apprécier le style romantique. Il m’a vanté le gambit danois et le gambit Boden. Je lui ai sorti le gambit Blackmar-Diemer (1. d4 d5 ; 2. e4) et le Gambit Pirc-Lissitsine-Wagner…
J’ai aussi discuté avec Ivann. Pas d’échecs, de choses et d’autres. Notamment d’un billet qu’il a dû retirer de son blog, à cause de pressions… Il a essayé de diffuser un tract en faveur de Kareem Amer, blogueur égyptien emprisonné. Il s'est fait rembarrer. Un blogueur lui a dit: "J'en ai parlé avec le ministre." Bref, Ivann n'a pas distribué ses tracts, plutôt déçu.
On a parlé avec Aba… (je masque son pseudo). Il est sous pression, à cause d’une maire (de…) qui veut lui intenter un procès en diffamation. Mais, semble-t-il, il va s’en échapper parce que les faits sont prescrits.
J’ai aussi serré la main de quelques blogueurs influents : versac, Frédéric LN, Farid Taha, Pierre Catalan, François Casabaldi.
Discussion intéressante avec les concepteurs du polimètre, Paul-Antoine Chevalier et Mael Mont-Menneu. Ils m’ont expliqué comment fonctionnait leur test (plus d’infos ici).
Et finalement nous avons encore parlé d’échecs. En effet, Bayrou est en couverture d’Europe Echecs. Je ne suis pas convaincu sur ce qu’il dit dans l’interview. Notamment quand il soutient que « les études qui ont démontré l’intérêt pédagogique du jeu d’échecs sont nombreuses et présente
nt des conclusions auxquelles je me rallie sans difficulté ». C’est une banalité et c’est discutable. C’est bien qu’un enfant joue aux échecs, à condition qu’il pratique aussi une activité sportive.
Sur la couv’ d’Europe Echecs, Bayrou tient un cavalier dans la main. Il peut arriver à l’Elysée à pas de cavalier. En espérant que les Français n’élisent pas un Fou. Ils préféreront peut-être une Reine, avec un nom prédestiné…
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28 mars 2007
Coluche candidat populiste
1981 est une date importante pour la France. La plus importante depuis trente ans. Depuis 1981 il ne s’est rien passé. Rien. Et je n’exagère pas.
Et pourtant, 1981 c'est l'histoire d'une déception. Replongeons-nous en cette période bénie...
1981, c’est l’arrivée de la gauche au pouvoir. Mitterrand. Mais c’est aussi la candidature de Coluche. Une farce. Mais une farce qui annonce tout ce qu’on vit aujourd’hui : Le Pen et ses sales blagues, Sarkozy et son ministère de l’Immigration et de la Peau blanche, Royal et ses jurys citoyens, Bayrou et son « tout l’monde il est d’gauche tout l’monde il est d’droite ». Bref, le Spectacle, selon Guy Debord.
Populistes et philosophes
La candidature de Coluche, au fond, était une belle saloperie. Pas drôle du tout. Des relents de poujadisme. D’ailleurs, il reçut le soutien du poujadiste Gérard Nicoud, à côté de ceux, plus prestigieux, du philosophe Gilles Deleuze et du sociologue Pierre Bourdieu.
Bref, il y a quelque chose qui puait dans cette candidature. Après tout, Coluche aurait pu, comme tant d’autres aujourd’hui, se ranger sagement parmi un groupe d’artistes soutenant François Mitterrand. Mais ce ne fut pas le cas. Coluche, homme de gauche, n’a pas soutenu l’homme du 10 mai 81.
Mais peut-être qu’il y avait aussi quelque chose qui puait chez Mitterrand. Lui, qui recevra René Bousquet à l’Elysée ne représentait certainement pas la même gauche que Coluche.
Restaus du coeur et chacun pour soi
Pour Coluche, la gauche c’est : « il y a des pauvres, faut les aider ». Et il a créé les Restaus du Cœur.
Quand on regarde les images de Coluche, venu soutenir des étudiants grévistes (vers 1985), on reste interloqué.
Coluche « déçu par la gauche », ne croit plus en la politique. Le journaliste lui suggère : « il ne reste plus que l’argent, le chacun pour soi ». Il acquiesce. C’est terrible. C’est con.
Il termine en lançant aux étudiants : « Les gens qui gouvernent, ils ne sont pas cons au point de ne pas demander leur avis aux gens que ça concerne. C’est ce qu’ils font ? Ils ne vous demandent pas votre avis ou vous n’avez pas d’avis ? Qui c’est qu’a un avis sur ce qu’il faudrait faire ? »
Coluche était un comique génial mais aussi un populiste nauséabond pernicieux.
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27 mars 2007
Pierre Carles
"Attention, Danger, Travail" (partie 1 et partie 2) est une préparation à Volem rien foutre. C’est un reportage dans le monde du travail précaire.
"Pas vu pas pris" (partie 1 et partie 2) est une critique des médias. Mougeotte et le ministre de la Défense de l’époque (Léotard) échangent des paroles qui n’auraient pas dû être filmées. C’est le début d’une enquête sur la connivence entre les journalistes et le pouvoir.
"Enfin pris". C’est la suite de Pas vu pas pris (PArtie 1 et partie 2).
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26 mars 2007
"Ti amo laure manaudou"
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Proche de marie-george
Mise à jour: merci à Olivier, j'ai corrigé la fôte d'orthographe. Marie-George sans "s". Histoire de faire oublier qu'elle était très proche de GeorgeS Marchais?
J’ai fait le nouveau test politique, le polimètre RTL 2007.
Selon ce test, le candidat dont je suis le plus proche est Marie-George Buffet.
Je me doutais que j’étais de gauche, mais là j’ai peut-être répondu avec un peu trop de virulence ! Pourquoi pas, après tout. Un de mes grands-pères était communiste, comme on pouvait l'être à une certaine époque. Et mon opposition au libéralisme est profonde. Elle repose sur une observation précise des ravages humains que cause le libéralisme. Ca risque d’être pire que le communisme, cette idéologie…
Donc, va pour Marie-George. Elle est courageuse. Mais elle n’aura pas mon vote. En revanche, je me sens prêt à voter pour une femme de gauche… à moins que ce ne soit pour un centriste révolutionnaire. Pour l'instant je reste indécis.
Bravo à Paul-Antoine Chevalier qui a réalisé ce test avec ses collègues (contact obtenu via Pierre Catalan).
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20 mars 2007
Baudrillard
Jean Baudrillard est mort (le 6 mars dernier). A part Libération, les médias en ont très peu parlé. Rien d’étonnant à cela : Baudrillard était un des plus grands intellectuels de ce temps et non pas joueur au football. Ceci explique cela.
Ces dernières années, le pensée de Baudrillard a tournée autour de l’idée de « disparition du réel ». Le réel devient tellement présent qu’il disparaît. L’exemple, c’est la Guerre du Golfe. On voit les images à la télé. On est abreuvé d’images. Et en fait « la guerre du Golfe n’a pas eu lieu », selon l’expression de Baudrillard.
La mondialisation, d’une certaine façon, réalise tous les rêves (faustiens) de l’homme. Grâce à la technique tout est possible. On peut tout faire (à condition d’avoir de l’argent, c’est entendu). Et c’est justement parce que le système est parfait que ça devient l’enfer. La mondialisation c’est l’absence d’adversaire. Et, brusquement, ça explose le 11 septembre 2001. Baudrillard a d’ailleurs écrit un texte sur ce sujet, "l’esprit du terrorisme ». Ceux qui n'y ont rien compris l'ont accusé de complaisance à l'égard des terroristes. Gros scandale.
« On a tué la réalité ». Série de deux émissions, présentées par Elisabeth Lévy.
L’émission « Là-bas si j’y suis ».
France Culture rediffuse quelques émissions.
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"Crise dans les médias" en Lettonie
Très bonne idée de Christophe Druaux (Ouinon). Il a regroupé "les principaux blogs francophones" (c'est lui qui le dit) sur une planisphère. Chaque continent réuni les blogs d'un même thème.
"Crise dans les médias" se retrouve en Lettonie. Etre sur cette carte, c'est formidable. Merci Ouinon!
Pour fêter ça, je sens que je vais arrêter de bloguer pendant quinze jours. Non, je plaisante...
;-)
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19 mars 2007
Iségoria: le pouvoir local du citoyen
Demain soir, je participerai à la deuxième édition d'Iségoria.
Iségoria, c'est un débat, organisé par Hugo Bréant. Hugo est un blogueur du réseau freemen. Il est étudiant en Histoire et Sciences Politiques. "Tous les mardis soir, autour d’un repas biologique, je vais réunir autour d’une thématique, un témoin lié au sujet qui viendra faire partager son expérience et sa connaissance et six citoyens qui viendront apprendre et échanger en posant des questions au témoin et débattre en exprimant librement leurs points de vue" explique Hugo.
Ce mardi le débat portera sur le pouvoir local du citoyen. Christophe Grébert, blogueur bien connu, (Monputeaux.com) sera le témoin, la personne qui nous fera partager son expérience. Un débat intéressant en perspective, quand beaucoup de blogueurs se demandent comment donner une véritable portée à leur travail de journaliste citoyen.
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Pourquoi cette coupure
Après ces deux semaines loin du blog, quelques explications.
Mais avant tout, voici ce que j’en conclus :
- Je ne suis pas très accro au blog. Ces 15 jours n’ont pas été pénibles. C’est donc que le blog n’occupe pas une place trop importante.
- Un blog peut se passer de blogueur: la preuve, pendant 15 jours les commentateurs qui l'ont fait exister.
- En 15 jours, le nombre de visites et le classement (bon vote, alianzo, etc.) a baissé, ce qui m’a laissé froid. En revanche, ce qui m’a manqué c’est de répondre aux commentaires. Cet aspect conversationnel du blog est important. C’est là que gît la source de l’addiction…
- Bravo à Don! Il a pris le contre-pied de mon attitude en publiant un billet par jour pendant 15 jours...
J’ai arrêté de bloguer pour trois raisons:
1. Raison profonde
Ce blog porte un regard critique sur les médias. Y compris le blog qui est un mini média, un « ego-média ».
Le blogueur est un consommateur d’infos, avant d’être quelqu’un qui écrit. Il est sans cesse menacé de tomber dans l’addiction.
J’ai voulu expérimenter sur moi-même ce qui se passe quand on arrête de surconsommer de l’info.
Et que se passe-t-il ? On est plus relax. Et on se rend compte que 90% des infos qu’on ingurgite habituellement ne nous servent à rien.
2. Raison circonstancielle
Je saturais : cette campagne électorale me gonflait.
Globalement, les blogueurs, nous légitimons ce qui se passe. Or, ce qui se passe, c’est l’absence de débat sur des sujets essentiels. Au lieu de ce débat, on s’intéresse aux sondages, aux petites phrases, aux manœuvres. Moi le premier. C’est pourquoi j’ai décidé de lever le pied pour réfléchir un peu. Si c’est possible…
3. L’occasion
Comme je l’ai dit, Bertrand m’a tendu une perche en me proposant de choisir deux semaines au hasard pour arrêter de bloguer. J’ai contourné sa règle, puisque j’ai choisi deux semaines, mais pas au hasard. Je le remercie pour son idée, très bonne.
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