11 mai 2008
Quand Claude Askolovitch "s'aère la tête" sur Internet
Vendredi soir, Claude Askolovitch a réagi sur ce blog. Pas content, il a qualifié un de mes billets de "crétinerie". Le journaliste du Nouvel Obs s'en est aussi pris durement à un commentateur. Les réactions des autres ont été plutôt fraîches.
D'une certaine façon, cet échange illustre les relations compliquées entre les "grands médias" et le "peuple des blogueurs"...
Dans un des commentaires, M. Askolovitch confie: "je surfe sur internet, ça aère la tête". Aérer, je ne sais pas, mais se la prendre, oui.
Donc, vendredi soir, à 18 h 02 (selon mon compteur de visites), Claude Askolovitch est devant son ordinateur. Il cherche à savoir ce qu'on raconte sur le net à propos de son reportage sur Olivier Besancenot, publié dans le Nouvel Observateur.
Il tape les mots "Besancenot Askolovitch" sur un moteur de recherche.
Le premier résultat l'amène sur ce blog. Et là, on imagine son agacement. "Quoi, encore un blogueur qui croit faire de la critique des médias?"
Très furax, Asko prend quand même le temps de consulter ma page "à propos". Puis il lâche un commentaire rageur: "ce post, c'est un des plus beaux exemples de la crétinerie qui prétend s'appeler "critique des media"... lisez les réponses -qui sont le corps de mon article- et vous verrez si besancenot est injustement traité!".
Petite méprise: je ne soutiens pas Besancenot.
18 h 11, il quitte mon blog, à peine soulagé...
Il lâchera un autre commentaire à 19 h 15. Histoire d'enfoncer le clou et d'envoyer dans les cordes le pauvre Dagrouik.
Les blogueurs lui répondent. Maxime publie un billet sur son blog, confirmant l'impression générale: critiquer Askolovitch ne signifie pas qu'on défende Besancenot.
Quelques remarques:
1. Echange peu cordial
Le moins qu'on puisse dire est que l'échange a été froid. Je n'ai pas fait le décompte des mots doux qui se sont échangés, mais ça a volé. Et encore, certains se sont retenus...
2. Qui connait Monsieur Askolovitch?
Claude Askolovitch est journaliste au Nouvel Obs.
Il appartient, grosso modo, à la gauche.Il n'est pas "centriste" (contrairement à ce que je croyais), comme il me l'a confirmé par mail.
Il a critiqué avec virulence Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle. Il a co écrit avec Eric Besson le pamphlet Qui connaît Madame Royal?
Il s'est mué, récemment, en porte plume des socialistes qui "virent à droite": Besson, je le disais, puis Valls. Il a aussi co écrit le livre de Rachida Dati.
Peut-on le qualifier de "sarkozyste de gauche"? Si on veut, mais, personnellement, je le considère uniquement comme un journaliste.
Il est à l'origine journaliste sportif. Il officie sur RTL, dans "On refait le match!". Et il a coécrit la biographie de Basile Boli, en 1994, à l'époque où ce dernier n'était pas encore un sarkozyste convaincu.
Enfin, c'est un ex blogueur.
3. Le MéprisCritiquer les blogueurs est devenu quasiment un rituel pour les journalistes. Depuis la parution du Culte de l'Amateur, ouvrage qui critique Internet, tous les médias s'y sont mis. Taper sur le blogueur, ça rassure?
Dans un de ses commentaires, Claude Askolocitch a cette remarque: "Je redoute le jour où un "dagrouik" pourra officier dans la réalité (avec étron, t'as oublié vipère lubrique et hyène dactylographe, ma pomme!)"
Passons sur les insultes rituelles*.
Ce qui est intéressant, c'est qu'il imagine Dagrouik comme un individu "hors de la réalité". Il n'existe pas. Les blogs, ça n'existe pas.
Socialement, qu'est-ce qu'un blog? Qu'est-ce que la réalité? Je vous laisse répondre à ces questions qui n'ont rien de métaphysique et qui laisse transparaître beaucoup de mépris...
4. Les racourcis du blogueur
Un peu d'auto critique. ;-)
J'aime être critiqué. Les commentaires m'ont été utiles.
Oui, mon article est un peu rapide, un peu abrupt. Mais nous sommes pressés par le temps, nous aussi. Et personne ne nous rémunère pour l'ouvrir!
*Si j'en crois cette page:
Vipère lubrique Insulte très à la mode chez les intellos du PCF dans les années 50 pour dénoncer les (social-)traîtres. Ils le regrettent parfois aujourd'hui: Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, un débat agita le Parti : la morale de la liberté absolue prônée par l'existentialisme sartrien est-elle compatible avec le marxisme ? On peut déplorer la réponse négative, et que Sartre fut traité de ''vipère lubrique'' ou de ''hyène dactylographe'' - ce qui, pour être complètement crétin, dénote tout de même une certaine imagination dans l'invective. (L'Humanité, 29/11/2002)10:16 Publié dans Journalisme | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note
Parce qu'on le vaut bien
Juan m'a confié cette chaïne, je ne sais pas trop pourquoi. J'y réponds:
Mon fond de teint : néant
Un mascara : idem
Une crème de jour : pas besoin
Une marque de produits : à faire soi-même
Ma marque fétiche de maquillage : pas fétichiste
Un produit must : le vent
Mon magazine fétiche : Vogue
Tu pars sur une île déserte et tu emportes quoi (trois produits max, sans protection solaire ni rasoir) : un couteau suisse, ça suffira
La femme que tu admires pour sa beauté : Scarlett Johansson
La femme dont tu envies le look : envier n'est pas le mot
Je me damnerais pour : rien au monde
Que signifie pour toi la féminité : la possibilité d'une île
Un dernier mot : encore
Ton adresse blog fashion/beauté préférée :...
Maintenant je passe le relais aux filles: Céleste, Ellie, Fanette, Fiso, Irène, Mip, Otir, Séverine et Stéphanie.
08:44 Publié dans Blogs | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
10 mai 2008
Les blogueurs révolutionnent-ils le journalisme?
C'est un très bon billet de Benoït Raphaël, rédacteur en chef du Post, et blogueur.
Il détaille en 10 points ce que les blogueurs ont apporté, par leur pratique, au journalisme. Critiquons quelques points:
1. La conversation
Allez, par exemple, sur le site du Figaro (ou de l'Obs) et vous verrez si la "conversation" est intéressante
2. L'info perfectible
Les journalistes ont encore trop de mal à admettre leurs erreurs; si on les critique il peut arriver qu'ils vous traitent de "crétin"
5. Le référencement
Je pense que ce sont plutôt les blogueurs qui ont copié les journalistes. A l'origine, les blogueurs titraient: "Je suis en colère!" Et puis, en observant les médias, ils se sont mis à titrer: "Carla Bruni nue: toutes les photos". Puis ils ont découvert les classements...
10. Un ton nouveau
C'est possible! Mais on n'a pas l'impression que ce ton nouveau ait beaucoup influencer, par exemple, Alain Duhamel.
photo: Sarkofrance Lire son billet "Le blogueur politique a-t-il remplacé l'éditorialsite?"
13:34 Publié dans Blogs | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
Pour la liberté de la presse
09:10 Publié dans Journalisme | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09 mai 2008
McSolaar - Rabbi Muffin
22:43 Publié dans Art, littérature | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Doit-on commenter les propos de Nicolas Sarkozy sur la presse?
Y a -t-il quelque chose de nouveau à dire sur les propos tenus par le chef de l'Etat hier, concernant les médias?
Il ne fait que répéter ce qu'il a déjà dit ailleurs. Toute la presse est de gauche? Il l'avait déjà dit. Cela veut donc dire que Le figaro, Le Point, Paris Match, ce n'est pas de la presse!
"Dans un pays où il n’y a plus d’opposition, la presse s’attribue la fonction d’opposition". Il a osé le dire! Il faudrait lui rappeler qu'aux dernières municipales, les Français ont majoritarement voté pour l'opposition. L'oppisition a donc toujours une fonction...
Il a aussi accusé les médias de ne pas avoir assez relayé la condamnation de Ségolène Royal en conflit aux prud’hommes avec deux ex-collaboratrices. A cela, le patron du Parisien a répondu par un articulet, justifiant le traitement de l'information par son journal. L'UMP a aussi tenté de faire pression sur l'Agence France Presse. Là encore, sans succès. Jean-Pierre Raffarin, croyant bien faire, s'est laissé aller à des déclaration, jugées diffamatoires Ségolène Royal. Elle a décidé de porter plainte contre lancien Premier Ministre.
Doit-on commenter les propos de Nicolas Sarkozy sur la presse, sachant leur caractère outrancier?
09:28 Publié dans Journalisme, Politique | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
08 mai 2008
Besancenot vu par l'Obs: l'art de poser les bonnes questions
Claude Askolovitch tire le portrait d'Olivier Besancenot, avant le passage de ce dernier chez Drucker. Vous imaginez que c'est pour en dire du bien!
Claude Askolovitch n'est pas un gauchiste inflitré au Nouvel Obs (d'ailleurs, il n'y en a pas, sauf erreur de ma part!). Aussi, quand il passe au crible le boss poupin de la LCR, il ne le rate pas. Ce que j'aime, surtout, c'est les questions qu'il pose. Plus orienté, y a pas...
1. Peut-on être révolutionnaire et aller chez Drucker ?
La réponse va de soi...
2. Au service du peuple ou de sa propre gloire ?
A votre avis?
3. Son nouveau parti est-il un bluff ?
J'aime ce genre de question: même si vous répondez non, c'est toujours le mot "bluff" qui surnage.
4. Le héros des prolos est-il un petit-bourgeois ?
Là encore, les mots qui blessent. Pourquoi "petit"?
5. Est-ce un vrai facteur ?
Parce qu'il y a des faux facteurs qui portent du faux courrier? L'habit fait le facteur. Claude Askolovitch passe trop de temps sur Second Life.
6. Son programme économique est-il bidon ?
Encore une fois, un mot blessant, outrageant. "Programme économique", c'est choquant.
7. Est-ce un démagogue ?
La méthode d'Asko est maintenant connue. Poser les bonnes question est un art. Il n'y a pas que les sondeurs qui le maîtrisent à fond.
8. Nouvelle gauche ou vieux trotskisme ?
Ne l'oublions pas: M. Askolovitch est journaliste politique. Là, il entre dans le méandre des concepts. Les lecteurs du Nouvel Obs qui ne sont pas encore passé à la page suivante concluent: "vieux trotskisme".
9. Est-ce un vrai sectaire ?
L'estocade! Vrai sectaire ou faux facteur? A vous de choisir.
Ce qui est certain, c'est que Claude Askolovitch s'est surpassé. Sa rhétorique est digne de la haute époque du stalinisme. Elle réussit presque à nous rendre Olivier Besancenot sympathique. C'était peut-être le but recherché...
21:15 Publié dans Journalisme, Politique | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note




