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Faut-il cesser de s'informer?

"On peut se demander si s’informer présente un quelconque intérêt. Par s’informer, j’entends lire la presse, écouter la radio ou suivre les journaux6430adf70e3668a4efdc6045c80e4481.jpg télévisés. En d’autres mots, la consommation de nouvelles, outre à nous divertir, nous sert-elle à quelque chose ? Ne risque-t-elle-même pas de nous desservir ?"(Thierry Crouzet surAgoravox)

Il donne l'exemple du penseur Nassim Nicholas Taleb. "Depuis qu’il ne s’informe plus, il a trouvé le temps lire des dizaines de livres supplémentaires chaque année. Renoncer à s’informer permet de mieux se cultiver."

Cette proposition ne doit pas être prise à la légère. En général, on ne remet pas en cause nos habitudes. Surtout si nous sommes des millions à faire la même chose. S'intéresser à l'actualité est devenu naturel, alors que ça ne l'était pas avant que la presse s'industrialise. Sommes-nous prisonnies d'une industrie?

Le goût pour l'actualité nous rend superficiels, incapables de creuser un sujet. On zappe. Pour autant, je n'irai pas jusqu'à dire qu'il faut arrêter de s'informer. D'ailleurs c'est impossible: on s'informe ne serait-ce qu'en discutant, même en marchant dans la rue.  Le tout est de trouver le bon dosage...

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(Photo: Fidel Castro lit la presse AP / Le Monde)

Commentaires

  • Intéressante question ... Avons nous un intérêt à savoir qu'un enfant s'est fait violer par un pédophile ou alors que Sarkozy est président ...

    Ce passer d'un grand nombre d'actu pourquoi pas. Ce passer de toutes les actus ... Plus difficile déjà. Non ?

  • question volontairement provocatrice...cesser de s'informer, c'est se mettre à la merci des beaux parleurs et des idéologues de tout poil.
    Je continuerai, toute ma vie, de m'informer. Et pour moi, la lecture de livres constitue également de l'information.
    à bientôt !

  • Je suis assez d'accord avec ce monsieur Nassim, bien que formellement opposé à son deuxième prénom.

    J'avoue que depuis le début de l'été, j'ai complètement décroché de l'actu et je ne vois absolument pas en quoi il me manque quelque chose ? (Dans un sens c'est normal, si je ne sais plus ce qui se passe, je ne vois pas comment cela pourrait me manquer. Pour que ça me manque, il faudrait que je sois au courant que ça existe ?)

    Si on appelle actu ce qui fait la une des journaux et des télés, on pourrait déjà remarquer que l'info est multipliée dans tous les coins et qu'on apprend la même chose une bonne dizaine de fois (sans les mains). En faisant le ménage dans ses lectures, on gagnerait beaucoup de temps. Pour s'informer.

  • Franssoit,
    Il abuse du h ?

  • Je suis bien d'accord avec Lomig, ne pas s'informer c'est se mettre à la merci de n'importe quel discours. La preuve, là où la liberté d'expression est bafouée, voire censurée, regarde au Vietnam, c'est là où les peuples ont le moins de recul sur l'information et ont le moins accès à la culture, mais la culture des populations ne suffit pas.

    Tu t'instruis, tu lis, tu surfes sur le net, tu rencontres des gens, tu vas au cinéma, tu participes au cafés philo, tu fais un sport (tout ceci a un coût), tu peux te donner les moyens de prendre du recul face aux infos qu'on essaye de te faire avaler par les médias traditionnels !

  • @Franssoit,

    "Si on appelle actu ce qui fait la une des journaux et des télés, on pourrait déjà remarquer que l'info est multipliée dans tous les coins et qu'on apprend la même chose une bonne dizaine de fois"

    Oui, c'est là le problème. On a de plus en plus l'impression d'un matraquage médiatique.
    (Et pendant l'été, c'est vrai, l'info est rare...)
    Les exemples que tu donnes sont nombreux: est-ce qu'il n'y a pas le risque de se disperser?



    @Fanette,

    La question est moins "de ne pas s'informer" que "comment s'informer". Tu cites l'exemple du Vietnam. Nous ne sommes pas dans une société du manque de l'information, mais du trop plein.

    @Lomig,

    Je te contredirais sur un point: "la lecture de livre est également de l'information".
    Non, justement. Ca dépend quels livres. La littérature n'est pas de l'information. Elle ne peut pas être réduite à ça. C'est justement un des problèmes de cette société de l'information, que de réduire tout message à de l'information. Quand il s'agit d'art, il y a une autre dimension que la dimension informative...

    @Valeuf,

    Oui, c'est une question de dosage, de posologie.

  • la question est la qualité des infos...sinon, on est des etres "sociaux"...on ne peut se couper de notre environnement.

  • Effectivement il peut etre difficile de se sevrer d'informations. L'ere Internet a ouvert des syndromes d'addiction a l'information et des cures de desintoxication sont essentielles pour conserver son equilibre.

  • salut Eric,
    oui tu as raison : c'est une déformation personnelle parce que je ne prend plus trop le temps de lire des romans...je ne lis souvent que des essais sur des sujets bien précis, à caractère informatif...
    Et le caractère non informatif de l'art (musique également par exemple) est essentiel et indispensable.
    à bientôt !

  • En fait, on passe (en tout cas nous, internautes et blogueurs) d'une info reçue, [le grand deversoir catodique comme dit Bertrand Cantat] à une info choisie.
    Je le disais recemment dans un article : les journaux tele sont tellement lénifiants qu'il est difficile à présent de les relier au réel !
    D'autre part, les medias de masse ont un tel effet grossissant que s'en passer est une bonne thérapie. Par exemple, les faits divers et la peur qu'ils véhiculent. En réalité, on en croise vraiment peu des affaires sordides !
    :-)

  • @Filaplomb,

    "D'autre part, les medias de masse ont un tel effet grossissant que s'en passer est une bonne thérapie. Par exemple, les faits divers et la peur qu'ils véhiculent. En réalité, on en croise vraiment peu des affaires sordides !"

    Le fait divers a aussi sa noblesse, son intérêt. MAis pas comme ça, pas traité par TF1 et consorts, je suis d'accord avec toi.

    En fait, un journal télévisé contient très peu d'information... (ça ferait un bon sujet de billet, ça).

  • Tout à fait d'accord et totalement en désaccord !

    Oui, regarder le JT ou écouter France Info n'a aucun intérêt, sauf celui de se distraire avec ce que j'appellerais "du spectacle d'actualité". A condition d'aimer les chiens écrasés, le sensationnel à deux balles et les derniers sabotiers d'Ardèche. Bon, et puis ça permet d'avoir les derniers résultats du foot.

    Mais ça n'a rien à voir avec le fait de s'informer, qui me paraît indispensable pour jouer son rôle de citoyen. Simplement, pour s'informer, il faut prendre les bons outils : la presse de qualité (Nouvel Obs, Libé, Marianne, Courrier International...), les bons sites web (ce blog, rue 89, etc...), les essais des journalistes d'investigation dignes de ce nom, les quelques magazines télé proposant des sujets exigeants et creusés (Envoyé Spécial, Complément d'Enquête...).

    Il faut aussi oser sélectionner ce qui vaut la peine d'être lu et... prendre le temps de le lire.

  • @Fred,

    Oui, d'accord avec toi. Finalement, s'informer est une activité très exigeante...

  • Personnellement, je suis grand consommateur d'info.... sur le plus grand nombre de supports possibles... ne serait-ce que pour comparer comment une même info est traitée dans divers médias....

    s'informe-t-on trop ? je ne sais pas.... ce qui est clair est qu'on s'informe mal...

    voir en boucle les mêmes images d'un attentat, ça ne sert à rien mais prendre du temps pour expliquer qui a fait ça, pourquoi et les csq de cet attentat, ça peut être utile....

  • Débat riche et stimulant !

    Je rebondis en fait sur le titre du billet de mai 2006 que j'irai découvrir par la suite pour sans doute me sentir encore plus interpelée.

    Je m'informe très peu, dans le sens que si je compare aux pratiques de personnes autour de moi qui lisent la presse, écoutent les journaux télévisés ou radio, je serai proche du degré zéro de la personne informée. Or, je m'aperçois que je n'échappe pas du tout aux informations qui me sont utiles au quotidien.

    D'où j'en conclus que l'information vient à moi sans que j'aille la chercher, et c'est d'ailleurs ainsi que je me dis qu'elle remplit le rôle qu'elle doit remplir.

    Et effectivement, j'ai tendance à voir certaines personnes - je me réfère à des personnes précises que j'ai en tête quand j'écris cela - comme des "drogués" de l'information, sans qu'ils en fassent un usage autre que d'alimenter leur propre passion, le propre d'une drogue, qui n'a pas de résultat obligatoirement créatif (même si certains créateurs doivent leurs créations à leur consommation ce qui est aussi le cas sans doute, des drogués de l'information, qui peuvent devenir de très talentueux pourvoyeurs soit d'écrit, soit d'autre type de création à base d'info).

  • Je lis maintenant les commentaires à ce billet, qui sont très édifiants aussi !

    Eric "En fait, un journal télévisé contient très peu d'information... (ça ferait un bon sujet de billet, ça)." Je pensais exactement à cela ! Et à la question, en lisant les diverses réactions des commentateurs ici : "Mais de quelle "informations" parle-t-on ?" Je crois vraiment qu'on ne parle pas tous de la même chose. L'information des journaux télévisés est ultra-minime, vous ne saurez pas en regardant votre JT que par exemple, il y a eu un tremblement de terre là où je suis, parce que ce n'est pas une information pertinente, et je ne saurais pas nécessairement cette information si je ne regarde pas "mon" JT, et pourtant je l'apprends, d'une autre manière, etc...

    Les informations que j'ai besoin de connaître seront-elles nécessairement dans la presse qui est à l'étal du kiosque de ma ville, etc ? Ai-je effectivement besoin de savoir l'information qui concerne le village malien ou la rue marseillaise ? Qu'est-ce qui ME concerne, et qu'est-ce qui concerne ma vie ? Et en fin de compte dernière question et je retourne à mon travail, comment est-ce que je laisse l'information m'atteindre (ou pas) ? (par exemple, je n'ai pas de téléphone cellulaire, ce qui a provoqué souvent autour de moi des réactions horrifiées : "mais comment sauras-tu si il y a une urgence et que tu n'es pas chez toi ?").

    Grand grand débat que tu as lancé je pense Eric !

  • Si la question est: faut-il arrêter de regarde le JT de TF1 ou de France 2, la réponse pour moi est: mais bien sûr!!
    J'ajouterais même France Info et Europe 1 le matin pour l'overdose de pubs.
    Après, arrêter de s'informer, je pense que c'est quasi impossible vu "la société de surinformation dans laquelle on patauge" (ouais, je sais, je me cite moi même mais il se trouve que je me suis dit il y a pas longtemps que c'était surement ce mot là qui t'avait amené sur mon blog... je m'en pose des questions!)
    Et puis, les réponses ici vont forcément être biaisée, y a que des accros aux blogs qui passent leur temps à disséquer l'actualité :)

  • Taleb, c'est bien le type qui écrit le plus mal dans AgoraVox ? Un fatras rédigé dans un charabia incompréhensible et une syntaxe plus que lamentable ? C'est cela la référence ? C'est du propre...

  • salut
    @ Fred : Les trois premiers que tu cites comme représentant de la presse de "qualité" (Nouvel Obs, Libé, Marianne) sont des journaux notoirement anti-américains. C'est leur droit (chacun peut avoir son opinion) ; mais je ne dirais pas qu'on y trouve une information dénuée de toute distorsion, loin de là.
    à bientôt !

  • Tiens c'est marrant, c'est une décision que j'ai pris depuis le 1er septembre. Je ne m'informe quasiment plus..ni à la radio ni a la télé.
    raz le bol des infos, des raccourcis..Tout est trop superficiel et traité à l'emporte-pièce.

    Lire des romans qui traitent en profondeur des malaises et des atouts de nos sociétés est autrement plus enrichissant. là, je conseille 'Cendrillon' de Eric Reinhardt.

    Oui, Fred ne manque pas de culot !! il considère comme étant de la presse 'de qualité' des journaux très orientés politiquement. Je pense quand à moi qu'il faut acheter un peu de tout afin de diversifier ses sources. Libé de temps en temps, Le Figaro, l'huma..
    Mais là, pour l'instant pour moi, c'est terminé.
    En plus, le rugby, beurk...-)))

  • Dans une société où le suffrage universel est de mise, oui, chacun devrait s'informer, et s'intéresser à la politique.
    Je pense qu'il faut s'informer tout simplement pour savoir ce qu'il se passe en dehors de notre ville ; toute absence d'information est propice à l'installation de préjugés et de mythes infondés. Même si l'info vient à nous quand bien même on ne la suivrait pas, (c'est ce que tu dis) elle vient souvent déformée, par bribes, incompréhensible, et elle est encore une fois source de préjugés. Ne pas avoir ces préjugés nécessite donc, selon moi, de s'informer. Au bon vieux temps des journaux du soir et du matin et du Ministère de l'Information, les gens qui ne s'informaient pas n'avaient aucun esprit critique et aucun moyen de l'exercer. D'ailleurs, l'esprit critique s'apprenant avec l'éducation, il faudrait peut-être se demander pourquoi c'étaient les gens cultivés qui s'informaient.
    Cependant, l'information qui vient jusqu'à nos oreilles aujourd'hui est souvent accusée d'être partiale ou simplement incomplète : c'est pourquoi l'esprit critique est toujours très important pour comprendre l'info. Si on a les moyens de la comprendre, je ne vois pas pourquoi il faudrait arrêter de s'informer. Après, le prémâché dénué de toute analyse m'horripile, et encore plus l'info qui fait passer des prises de position pour des commentaires avisés. Mais ça, c'est une question de sélection de l'information, c'est pourquoi je ne m'informe plus à la télé. La vraie question est encore une fois : où s'informer ?
    Je m'informe personnellement sur les sites des grands journaux français, plus Rue89, El Pais (Espagne) et Le Soir (Belgique). Mais surtout pas à la télé.

  • S'informer n'est pas consommer de l'info à mon sens.
    Ce terme de consommation lié à l'info semble bien avouer ce qu'elle est devenue : un produit à faire vendre et non pas à nous rendre plus clairvoyant.
    Tout ce qui est sur le marché de 'l'information' n'est pas consommable, à moins de se faire gaver et d'avaler n'importe quoi
    "l'info" est devenue plutot produit d'émotion de tête de gondole.
    S'informer pour réfléchir, avec des infos... réfléchies suffirait..

  • Avant de ne rien faire, il faut faire qqchose. Nous ne sommes pas des légumes !!! (désolé, les légumes sensibles). Réagir c normal !

    Participons sur le plan de l'information au Grenelle de l'environnement sur ce blog :
    http://fne-grenelle.blogspot.com/

  • @zigzag,

    "Ce terme de consommation lié à l'info semble bien avouer ce qu'elle est devenue : un produit à faire vendre et non pas à nous rendre plus clairvoyant."

    D'accord.

    @Killcow,

    "Cependant, l'information qui vient jusqu'à nos oreilles aujourd'hui est souvent accusée d'être partiale ou simplement incomplète : c'est pourquoi l'esprit critique est toujours très important pour comprendre l'info. Si on a les moyens de la comprendre, je ne vois pas pourquoi il faudrait arrêter de s'informer."

    Oui, d'accord avec toi; l'esprit critique est indispensable. Et c'est en s'informant qu'on le cultive. Je posais la question "faut-il cesser de s'informer?" mais je n'ai pas vraiment de réponse.

  • @Otir,

    "Et effectivement, j'ai tendance à voir certaines personnes - je me réfère à des personnes précises que j'ai en tête quand j'écris cela - comme des "drogués" de l'information, sans qu'ils en fassent un usage autre que d'alimenter leur propre passion, le propre d'une drogue, qui n'a pas de résultat obligatoirement créatif"

    Oui, et il faut savoir que la passion de l'information a pour origine les peurs. (ex: passion de l'information médicale est liée à la crainte de la maladie)

  • Une chose élémentaire, c'est que "les informations" sont de plus en plsu compactées, suivent de plus en plus de contraintes, sont le produit de journalistes qui ont désappris à penser, pour rentrer dans les "formats" journalistiques", en restant de plus en plus dans le spectacle, et l'image, et quand rflexion il y a, c'est sur du très court-terme, pour en plus, traiter de la forme et non du fond!

    Autant lire de la sociologie!

  • S'informer, ça ne sert pas avant tout à agir ?

  • A partir du moment où l'on a fait le constat que "s'informer", avec les fameux "grands médias", ceux des réseaux globaux, contrôlés par des magnats ou par les pouvoirs politiques et étatiques, ce n'est pas s'informer, mais lire, voir et entendre les mêmes "informations", partielles, partiales, tronquées, manipulées et manipulantes, servant à former et formater les esprits, que nous vivons ainsi dans des sociétés de la contradiction et du paradoxe, des démocraties dictatoriales, il faut, effectivement, faire des choix, et chercher ce que sont les moyens actuels pour s'informer, tout en continuant de se cultiver et de lire et penser par soi-même. A mon sens, il ne faut pas l'un sans l'autre, sans compter qu'il y a besoin de préparer un interventionnisme novateur, créateur, sur l'espace public, réel ou Internet, pour contrer la propagande et le bourrage de crâne étatiques; il y a besoin de créer cette nouvelle culture, avec des livres, des activités d'expression, le théâtre, le one-man-show, le film, pour ne pas laisser la place à des "artistes" coulés dans le système et financés par lui. Reste que les principaux acteurs des propagandes et des mensonges d'Etat devraient faire l'objet d'actions civiques spécifiques. TF1, France 2, RTL et consorts méritent d'être stigmatisés publiquement, et pas seulement par des critiques sur Internet, mais par des manifestations publiques, car ils sont devenus l'ennemi public civique. Ils nous obligent à un choix radical : être avec eux, ou contre eux. Il y a très longtemps que mon choix est fait...

  • @gretelly,

    Ces réflexions sont en cours. Et j'en parlerait sans doute bientôt. Notamment sur la question du pluralisme de la presse en France.
    D'accord avec toi.

  • Eric, c'est Grellety, et non pas, mais cela n'a pas grande importance, par contre, j'attends de connaître les développements de ces réflexions en cours.

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