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Crise dans les médias - Page 7

  • Plus d'information, moins de sens

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    Bon, pour l'instant je n'ai rien de plus à dire, de crainte de participer, moi aussi, joyeusement, innocemment, bêtement, machinalement, à la destruction du sens.
    Cette phrase de Jean Baudrillard est extraite de Simulacres et simulation, un livre publié en 1981, disponible sur Google books dans une traduction anglaise.
    Ca vous inspire quoi?

  • Parler français et être créatif!

    Juan relaie des recommandations du ministère de la culture* conseillant d'employer des mots français au lieu d'expressions anglaises:

    Ne dites plus « blog », mais « bloc-note »; « teaser » mais « aguichage »; « buzz » mais « bouche à oreilles »; « prime time » mais « heure de grande écoute ». Honnêtement, ces traductions font sourire. Les extrémistes de la francophonie ne savent plus où donner de la tête. Le Web est devenue la toile d’araignée mondiale.

    (via Rubin)

    Bien sûr, toutes ces recommandations seront peu suivies. En général c'est l'usage (et non les lettrés) qui fixent les règles de la langue. Quand un mot a été choisi par les gens, il est presque impossible de faire marche arrière.

    Mais il ne faut pas baisser les bras: on dit "ordinateur" et non "computer". On dit le web mais aussi la Toile. On dit peu "teaser", au fond, car le teasing doit rester de l'ordre de l'implicite...

    Aujourd'hui, c'est le jour du "follow friday" sur Twitter, mais je préfère appeler ça le "Suivez-le-Vendredi". L'expression est plus compliquée mais elle intrigue et fait réfléchir. Parler français, c'est être créatif!

    *Et plus précisément La délégation générale à la langue française et aux langues de France<

  • 'The Economist' truque une photo d'Obama

    The Economist a publié une photo d'Obama, tout contrit devant les dégâts de la marée noire. Le problème c'est que le magazine a supprimé deux personnes sur l'image.

    The Economist a dû se justifier sur cette retouche de l'image. "La présence d'une femme inconnue sur l'image aurait été incompréhensible pour les lecteurs", a expliqué Emma Duncan de The Ecnomist.

    source: Media decoder

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  • Christel, journaliste et auto entrepreneur

    A lire, cette interview de Christel Caulet, journaliste rédactrice (chez Isabelle Prigent). Elle cumule deux statuts, pigiste et auto entrepreneur. Un statut plutôt imposé par les employeurs.

    Pour quelle(s) raison(s) as-tu choisi d’être indépendant(e)/ de créer ton entreprise ?
    Je l’ai fait parce que la conjoncture économique m’y a obligée, grosso modo. Et comme je suis une battante, j’ai décidé de faire avec et de tenter l’aventure à fond. J’essaye de trouver des avantages à cette situation même si je la subis. De nombreuses rédactions demandent aujourd’hui le statut d’auto-entrepreneur, ce qui les arrange bien en termes de charges sociales… Je n’ai donc pas eu vraiment le choix.

     

  • Twitter et les sources qui parlent toutes seules

    Récemment, deux députés se sont laissés allés à tweeter des informations entendues lors de réunions à huis clos (@SI).

    Et cette liberté prise par des sources d'information irrite certains journalistes. Grâce à Twitter, les sources se passent d'intermédiaire.

    Pour Jean-Michel Aphatie, il importe de remettre en perspective ces "gazouillis". Et cela, seul le journaliste peut le faire.

    Ce travail s’inclut plus harmonieusement dans un ordre démocratique. Celui dont c’est le métier tente de raconter une scène, de la mettre en perspective, donc d’informer l’opinion. Quand un acteur de la scène publique se livre à ce travail, à chaud, dans l’immédiateté, il ne fait rien d’autre qu’occuper un champ qui n’est pas le sien pour effectuer une tâche qui n’est pas sienne. Attitude spectaculaire certes, mais peu recommandable.

    A lire aussi: Les pépiements de l'AFP (low blogging)

  • A quoi s'accrochent les blogueurs?

    Il faut se méfier des visons en noir et blanc. C'est ce qu'on se dit en lisant cet extrait de citation donnée par Rubin:

    "Le journalisme est en train de mourir à cause (a) de la concurrence de la blogosphère et (b) de l'inexplicable et chaque jour plus grande lâcheté des médias de masse face au pouvoir établi."

    Les mots font mal. Mais on peut quand même les interroger pour savoir si ils font vraiment mal.

    1. La concurrence de la blogosphère. Les blogs sont-ils réellement une concurrence pour les sites d'information?

    2. La lâcheté des médias de masse. "Les reporters s'accrochent à leurs relations privilégiées avec les sources parce que c'est tout ce qu'ils ont.", nous dit Andrew Sullivan, l'auteur cité par Rubin.

    Les journalistes peuvent-ils se permettre de mécontenter leurs sources d'information? Les journalistes peuvent-ils se permettre de mécontenter leurs lecteurs? Bien sûr, dans ce triangle le lecteur devrait être le plus important.

    Face à des journalistes présentés comme révérents envers le pouvoir, Sullivan nous décrit des blogueurs qui "s'accrochent". Mais à quoi s'accrochent-ils?

  • Le journalisme entame sa 'Réforme'

    Très intéressant cet article d'Alexander Howard, publié sur le Huffington Post. Il tisse une métaphore religieuse pour montrer quelle évolution subit le journalisme.

    Et il pose une question: est-ce que les vieux médias sont aux nouveaux médias ce que le catholicisme est au protestantisme?

    Même si cette métaphore peut sembler tirée par les cheveux, elle rend compte de ce qui est en train de se produire sous nos yeux.

    Démocratisation de la publication

    Ce qui se produit, avec l'avènement des médias sociaux, c'est une démocratisation de la publication. Chacun peut publier gratuitement, instantanément, en direction du monde entier. Chacun peut aussi organiser le web à sa façon, comme un conservateur de musée accroche les tableaux d'une d'une exposition.

    La métaphore religieuse nous traduit le fait que les lecteurs consomment les informations de façon plus sociale. Les protestants ont inauguré une nouvelle relation avec la divinité, moins dépendante du rôle des prêtres. Les catholique, traditionnellement, s'en remettaient aux prêtres. Eux seuls connaissaient le latin et ils lisaient la Bible pour leurs ouailles.

    Les grands prêtres du journalisme

    De la même façon, les grands prêtres du journalisme contrôlait quelles informations on devait couvrir et ce qui devait être publié. En France, les éditorialistes politiques, du haut de leur chaire médiatique, perpétuent cette tradition. En tout état de cause, les journalistes ont subi une sorte de 'vexation' et ils sont en passe de perdre le rôle central qu'ils occupaient dans la circulation de l'information.

    Jusqu'où peut-on pousser la métaphore? Et jusqu'à quel point peut se poursuivre la tendance à la 'Réforme" journalistique?

  • "Le Monde", symbole devenu odieux

    En ce moment, il est question du rachat du Monde. Et il semblerait que les langues se délient au sujet de cette institution au prestige écorné. Le Monde est un symbole devenu odieux à certaines personnes, et pas seulement aux nostalgiques du quotidien d'Hubert Beuve-Méry.

    Luc Rosenzweig est un ancien rédacteur en chef du Monde. Le Monde n'est plus qu'une marque, écrit-il dans Causeur :

    Ce Monde là n’est plus, et celui qui va être mis en vente vendredi porte, certes, le même nom que celui évoqué plus haut, mais n’a plus rien à voir avec ce qu’il fut jadis. Ce n’est plus un journal, c’est une “marque” dont des cadors de la presse et de la finance se disputent l’acquisition, pour la mettre au service de leur stratégie politico-économique, ou peut-être même, qui sait, pour la revendre avec une confortable plus-value après l’avoir “downsizée” grave.

    Rosenzweig critique aussi le rôle de la société des rédacteurs du Monde.

    Didier Lestrades (qui est, notamment, auteur de chroniques dans Libération) le dit tout net: "Je déteste Le Monde".

    "Nous sommes face à la plus grande crise économique depuis des décennies, les gens sont en train de hurler aux quatre coins du monde, BP inonde les océans de pétrole, Gaza est toujours sous le siège, Jérusalem est découpé en zoning, l’Europe se déchire, c’est la Gay Pride dans quelques jours (eeeeek) et que se passe-t-il en France ? On nous emmerde avec le « sauvetage » du Monde. Vous croyez vraiment que Le Monde va aider à la résolution de ces problèmes ? Si vous le croyez, vous êtes encore plus stupides que moi et vous méritez d’être transporté sur le champ dans un ashram cauchemardesque dont l’emploi du temps serait mis au point par Carla Bruni, Arielle Dombasle et une autre starlette de ce genre."

    Philippe Kieffer se demande, dans Rue89, "pourquoi cette rage à vouloir s'offrir un Monde finissant?"

    Grandiloquent à souhait, teinté du regret d'un prospère passé qui ne reviendra jamais, le microcosme ressasse jusqu'à l'auto-intoxication ses fantasmes favoris. Ainsi, peut-on lire et entendre un peu partout, de blogs en déclarations, d'éditos en tribunes, il en irait avec le cas du Monde de « l'avenir la démocratie » et d'une presse écrite décrétée « indispensable à son bon fonctionnement »… Raisonnement et clichés d'un autre siècle, qui furent vrais mais ne le sont plus que de moins en moins.

    Selon lui, le rachat du Monde est un non sens économique, qui s'explique par une arrière-pensée: l'élection présidentielle de 2012.

    L'acquisition du Monde, à ce tarif-là, est davantage qu'une folie passagère. C'est un non-sens durable, qui ne sauvera rien, hormis les immédiates apparences de continuité d'une entreprise qui se sait en fin de vie. Car comme tous les quotidiens nationaux de France, le Monde serait -est déjà, virtuellement- mort sans la morphine vitaminée des aides et subventions que perfuse l'Etat à une presse française sous haute dépendance économique.

    Acheter le groupe Monde dans son entier, en l'état, c'est délibérément acheter une affaire où, à rebours de ce que psalmodient des conseilleurs qui ne seront jamais les payeurs, il n'y a à gagner que des pertes. C'est se bercer de l'extatique illusion qu'en possédant le Monde on « fera » le prochain président de la République. Faut-il être à ce point déconnecté des réalités du pays, et des modalités nouvelles d'information et de formation des opinions, pour croire qu'un quotidien, demain modifiera d'un iota les intentions de vote des français…

  • L'Equipe sur Anelka: une bonne Une?

    Le journal L'Equipe devait-il reproduire les insultes d'Anelka? Question de déontologie...

    Etait-ce une bonne Une? Question de goût...

    Beaucoup déplorent le procédé utilisé par le journal. "Non, il a fallu rapporter les mots tels quels, pour choquer, faire causer, doubler les ventes, attirer le blaireau (dont je suis), remuer la merde." (Rue89)

    "Le journal le plus lu en France n'a pas à tomber dans la plus horrible des vulgarités. Pense au nombre de mômes qui liront cette une." (PMA)

    De son côté, l'Equipe s'explique, par la voix d'un de ses journalistes (video).

    Sur le plan purement de l'efficacité, le résultat a été foudroyant. Les journaux se sont écoulés comme des petits pains (selon ce que j'ai observé et lu, mais les chiffres de vente n'ont pas encore été publiés).

    Il n'y a que le résultat qui compte

    Reste à savoir si, à long terme, l'Equipe ne paiera pas son bon coup.

    Pendant une époque, ce journal critiquait l'équipe de France. Depuis 98, il a plutôt joué le jeu, se montrant "supporter" de l'équipe de France. D'un certain sens, cette Une sur Anelka renoue avec un regard critique.

    Les lecteurs de l'Equipe veulent-ils un journal critique? Les lecteurs sont des cadres qui adhèrent à l'esprit de compétition, dans le sport et ailleurs. La devise c'est: il n'y a que le résultat qui compte. Plus largement, ce sont des passionnés de sport qui cherchent juste se divertir. Cette Une pourra-t-elle leur déplaire?

    Un journal acteur de l'événement

    Et on voit qu'aujourd'hui l'Equipe a ajouté une nouvelle Une sensationnelle: "Surréaliste". Une volonté de feuilletonner la déroute des bleus de façon sensationnelle, mais aussi de placer le quotidien au centre des regards, un journal qui n'est pas seulement un média, mais aussi un acteur des événements. En effet, sans la Une, Anelka n'aurait pas été débarqué.

    Aujourd'hui le titre de l'Equipe semble indiquer que le journal veut continuer à être "acteur de l'événement". Peu importe les moyens: seul compte le résultat et les chiffres de vente.

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  • Ceux qui dupliquent les billets de nos blogs

    Eric Dupin se plaint de blogueurs qui dupliquent certains de ses articles. Il a réagi en modifiant son flux RSS.

    Il rappelle les règles de base pour citer un blog (ces règles sont une convention plus ou moins tacite):

    Quand on souhaite reprendre le contenu d’un blog, je conseille pour ma part de respecter ces 3 règles :

    • ne reprendre texto qu’un court extrait de l’article cité, moins de 100 mots ou un paragraphe de 5 lignes
    • citer nommément la source
    • faire un lien direct vers l’article source

    Le problème rencontré par Eric Dupin se double du fait que les "voleurs de contenu" utilisent sa bande passante.

    J'ai discuté de ce phénomène avec une blogueuse (qui se reconnaîtra) qui était elle aussi plagiée par un site qui, apparemment, revendiquait le piratage de contenu. Elle s'est arrangée pour faire désactiver le blog fautif.

    Certains auteurs ne sont pas hostile au piratage de leurs textes. Paolo Coehlo, par exemple, encourage les gens à partager ses textes sur le net.

    Et vous, qu'en pensez-vous?

  • La fin du "Chauffeur de buzz"

    chauff buzz.jpgLe Chauffeur de buzz a fermé. Ce site français a prospéré pendant des mois en surfant sur tous les buzz possibles. Des millions de pages vues à la clé.

    Et, aujourd'hui que ce site a cessé d'émettre (pas de larmes: son propriétaire, Romain Casolari gère des dizaines de sites). Ca n'a pas empêché certains de se réjouir, expliquant que le site Chauffeurdebuzz aurait été victime de Google, qui l'aurait déclassé.

    Romain Casolari, avance une autre explication sur son Twitter: "j'arrête cdb, trop chronophage. 4 ans que je blogue dessus toutes les nuits de minuit à 4h..."

  • Le problème du "Monde", ce sont ses journalistes, selon The Economist

    lemonde.jpgDifficile d'être d'accord avec l'avis de The Economist, qui estime que les problèmes financiers découlent de la position de force des journalistes. Les journalistes auraient fait blocage pour empêcher les évolutions (qui sont toujours nécessaires et inévitables, selon l'orthodoxie libérale prônée par The Economist).

    The Economist s'appuie notamment sur un témoignage de Philippe Micouleau, ex patron de La Tribune, qui affirme que le management du Monde n'a pas pu mettre en place de plans de restructurations à cause de "résistances internes". On oublie de préciser que le journal a supprimé 130 emplois l'an dernier (source: Acrimed)

    C'est bizarre qu'un journal aussi éminent que The Economist n'évoque pas le nom d'Alain Minc (ni celui du chef de l'Etat, accusé d'ingérence "discrète" dans le dossier _ CF Les Echos), l'ancien président du conseil de surveillance. Pourtant c'est lui a conçu l'architecture financière du groupe Le Monde, qui compte, outre le quotidien, plusieurs magazines et sites Internet.