« Attention ! Vous êtes en train de vous faire bouffer par l’outil Internet. Le blog, c’est bien, mais faites gaffe à ce que l’outil ne vous piège pas. Quand je vous entends parler, je trouve que vous vous donnez beaucoup d’importance… Je trouve que c’est très parisien votre truc et ça ne représente pas grand-chose. Mais, surtout, faites attention de ne pas vous faire rattraper par l’outil lui-même… »
Celui qui parle ainsi est un homme, rencontré à la République des blogs, événement bien connu. C’est un militant écologiste auvergnat. Il a connu mai 68. Et je suis d’accord avec sa critique des blogs.
République des blogs ? Essaie d’adresser la parole à un blogueur influent et vient m’en parler après. Ici, c’est partout comme ailleurs en France. Une société d’inclus et d’exclus. Et, évidemment, personne ne vous dira qui exclut qui. Car, en réalité, personne n’exclut personne. Ça se passe, c’est tout…
Lors de cette soirée, j’étais prêt à toutes les remises en cause, ayant un regard sur ce qui se passe, mais aucun SDF ne nous a dérangés.
J’ai tout de même rencontré une blogueuse, coiffée comme Ségolène (donc, très bien), avec des idées ultra gauche. Elle enquête sur l’extrême droite pendant la quatrième république (thèse de socio). A côté d’elle, discrète, une jeune femme s’inquiète du sort des clochards. Et si la république était sauvée in extremis par des personnes comme elles ? Un étudiant, en face d’elle, me parle de la servitude volontaire, selon La Boétie. Servitude volontaire ? Merde, où est passé mon portable ? Enfin, un zapatiste, agent de blogueur influent, rêve de placer l’écologie au centre de la campagne présidentielle. Et ils en parlent sur leurs blogs.
Et tout ça se passe en France, sous Chirac II, dans la république où les blogs fleurissent sur le purin d’ortie.