30 mai 2006
Le bloggeur est-il un journaliste?
L’auteur d’un blog a les mêmes droits qu’un journaliste. Autrement dit, il a le droit de protéger ses sources. C’est le verdict qu’a rendu la Cour d’appel de San Jose (Californie) le 26 mai 2006.
Le procès oppose plusieurs bloggeurs à Apple. Le fabriquant américain a été débouté dans sa demande d’obtenir le nom des sources des journalistes en ligne.
Fin 2004, plusieurs blogs, dont PowerPage.com et AppleInsider.com, ont publié des scoops sur des produits qui devaient être présentés deux mois plus tard. Apple a estimé que le secret industriel était violé. La firme a exigé d’obtenir l’adresse mail des employés responsables, selon elle, d’avoir diffusé des documents confidentiels. Verdict de la Cour : les sources doivent rester secrètes. Le secret journalistique l’emporte sur le secret industriel.
Après un premier jugement rendu le 20 avril dernier, la cour d'appel de Californie vient donc de rendre un avis contraire.
L’argument d’Apple étaient que les bloggeurs n'étaient pas de vrais journalistes et donc que la loi sur la protection des sources ne pouvait s'appliquer à eux. «Nous refusons de nous embarquer dans ces questions pour déterminer ce qui constitue du journalisme légitime», a martelé le président de la cour. Selon lui, les publications sur Internet doivent bénéficier des mêmes protections que celles accordées aux autres médias, conformément au Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis et à la Constitution californienne.
En conclusion: méfiez-vous d'un journaliste déguisé en bloggueur...
En savoir plus:
Un article qui fait la synthèse du débat en France.
Le journaliste selon la loi.
La charte des devoirs professionnels des journalistes français.
La déclaration des droits et devoirs des journalistes.
Publié dans Blogs | Lien permanent | Commentaires (8)


Commentaires
La charte t'intéresse. Je note un peu d'ironie de ta part. Normal.
Certaines clauses te laissent rêveur? Lesquelles. Celle qui dit qu'un journaliste ne doit pas faire de publicité, par exemple? C'est un sujet à creuser.
Je vais me plonger dans cette charte.
Mais, rappelons-le, toutes les professions ne possède pas de charte déontologique. Et toutes ne sont pas aussi encadrées que le journalisme...
Ecrit par : Eric | 31 mai 2006
Assez rigolo. Prendre la responsabilité de quelque chose d'anonyme ? La responsabilité devant qui ?
- ne reconnaît que la juridiction de ses pairs, souveraine en matière d’honneur professionnel ;
C'est joli, l'honneur professionnel. Ca mériterait d'être développé. Et défini.
- n’accepte que des missions compatibles avec la dignité professionnelle ;
Ca serait pas à géométrie variable, la dignité professionnelle ? Le genre de truc qu'on adapte aux situations pour coller à ce qu'on a fait ? Le tout en toute bonne foi, d'ailleurs, je ne vois pas le mal partout !
- s’interdit d’invoquer un titre ou une qualité imaginaires, d’user de moyens déloyaux pour obtenir une information ou surprendre la bonne foi de quiconque ;
Zut alors (oui, zut), tout mon imaginaire sur le journaliste se faisant passer pour quelqu'un d'autre pour obtenir se Informations qui s'écroule.
- ne touche pas d’argent dans un service public ou une entreprise privée où sa qualité de journaliste, ses influences, ses relations seraient susceptibles d’être exploitées ;
Alors là, il manquerait pas quelque chose ? Ou alors un journaliste s'interdit d'être professionnel ?
- ne signe pas de son nom des articles de réclame commerciale ou financière ;
C'était ça les écrits anonymes ? Y aura pas de nom d'auteur dans une grosse (très grosse) partie de la presse, alors...
- n’use pas de la liberté de la presse dans une intention intéressée ;
Pourtant gangner sa vie, c'est intéressé ?
- ne confond pas son rôle avec celui du policier.
Et pourtant un coup de Nikon F sur le crane à bout de sangle, ça peut faire aussi mal qu'une matraque.
Bon, je rigole, mais j'aimerais bien que ma profession fasse aussi l'objet d'une charte. Et soyons honnète, les articles les plus flous (dignité, honneur, ...) sont quand même les plus attirants.
Ecrit par : sarkoprout | 01 juin 2006
C'est même , ce qui vous, nous, rapproche de la poésie... La poésie est-elle vraie ? Oui, sans doute... non peut-être... Elle sert en tout cas et contrairement à ceux qui croient qu 'elle est inutile, à poser des questions qui peuvent être vitales...
Le blogueur est un journaliste ? oui c'est vrai , car il tient un journal. Le journaliste est-il un poète ? Il devrait être fier de l'être...
Ecrit par : PPle Moqueur | 03 juin 2006
Rapprochement intéressant.
Le bloggeur est un poète. Au sens premier du terme, de la poièsis, qui veut dire création. Le blog est un espace de création. Que crée le bloggeur? Avant tout cet espace. Et une voix, la sienne. Sur chaque blog on entend une voix différente.
Retenons le mot que vous énonciez en premier, même si sa définition est complexe (et Internet, domaine très contrôlé) la rend encore plus complexe) celui de liberté.
Ecrit par : Eric | 03 juin 2006
C'est bien là le problème des Chartes. De bonnes intentions dont l'application non obligatoire est soumise, en plus, à interprétation.
Rester suffisamment vague pour s'adapter à ce qui est socialement acceptable, selon la société dans laquelle on vit.
Petite rectification, le Charte du gouvernement sur les stages n'avait pas dans son titre "non contraignante"; "non contraignante", c'est ce que Génération Précaire a dit à son propos pour bien faire comprendre aux gens que cette Charte ne résoudrait pas le problème des stages abusifs. Car si l'on s'en était tenu aux propos du gouvernement, on aurait pu penser que les problèmes soulevés par Génération Précaire étaient réglés. Ce qui n'est évidemment pas le cas avec une Charte que les signataires se sont uniquement engagés à diffuser et promouvoir auprès de leurs membres. (quant à l'appliquer réellement, c'est une autre histoire...)
Ecrit par : L'intello du dessous | 08 juin 2006
Merci pour votre précision. L'expression "charte non contraignante" m'avait frappé. Je l'avais entendue sur une radio où il était dit que "Génération précaire" avait imaginé différentes "chartes non contraignantes" pour parodier la charte des stages en entreprise.
A propos des stages, je me pose une question. Un stage ça va, trois stages, bonjour les dégâts. Pourquoi les jeunes (qui bien souvent ont dépassé la trentaine) acceptent-ils ces stages, surtout quand ils sont bénévoles? Prestige des entreprises ("je suis en stage à Libé"... ça fait mieux que "je suis en stage au mamouth du coin")? Masochisme pur (semblable à celui des employés de fast-food, comme le montre un bouquin récent: ils aiment être traités durement, à ce qu'il paraît)? Désespoir? Désintéressement?
Ah! La concurrence libre et non faussée...
Ecrit par : Eric | 11 juin 2006
on nous dit : accepter un stage maintenant pour pouvoir ensuite avoir un emploi
Puis
accepter un emploi en dessous de votre éducation ca sera bien vu et vous monterez plus vite
et
Acceptez un salaire inférieur, c'est une manière de promotion et de vision à long terme
puis on est à la retraite
Ecrit par : Emmanuel | 13 juin 2006
Votre optimisme est rafraîchissant!
Ecrit par : Eric | 13 juin 2006
Les commentaires sont fermés.