14 mai 2010

Jean-Pierre Pernaut et les apéros géants

Le reportage du journal de Jean-Pierre Pernaut sur les apéros géants est un modèle du genre. Une charge sans nuance où sont condensées toutes les critiques possibles et imaginables contre Internet. Un petit bijou de 2minutes 03 à revoir sur le site du Post.

Dès les premières secondes, l'angle du reportage est posé. Les mots de Pernaut pour introduire le sujet sont: « A propos d'Internet ». Le sujet portera sur Internet et non sur la boisson ou l'alcoolisme.

"Un phénomène bien inquiétant"

Et donc, nous dit Pernaut,c'est « un phénomène bien inquiétant ». La ton du reportage est défini: il sera négatif. Et même « bien » négatif.

Et si on écoute la conclusion, ce sont les mêmes mots qui reviennent: « Phénomène très inquiétant, tout cela sous le couvert de l'anonymat, y compris sur des blogs de sites beaucoup plus sérieux ». Tout y est: les adverbes et les adjectifs qui font peur, le jugement moral et la critique voilée (sous un anonymat que Pernaut réprouve pourtant) des concurrents de TF1.

"Dérapages sur les réseaux"

Il faut voir (et revoir) l'œil navré de Jean-Pierre Pernaut déplorant l' « anonymat » de ces facebookers qui n'ont même pas le courage de revendiquer leurs libations nocturnes.

Pernaut lance le reoirtage. Florilège de critiques, tir à vue contre les réseaux sociaux et Internet.

"Fausses rumeurs sur Internet"

Sont évoqués les « les dérapages sur les réseaux que l'on appelle sociaux » avec cette langue de bois qui fait que tout est « dérapage », car la mot veut tout et rien dire.

Bref, l'imprécision du vocabulaire se conjugue avec la partialité du commentaire. Le reportage à charge utilise les mots les plus usés et les arguments les plus éculés. Aucun respect du téléspectateur: il faut faire simple.

Tout y passe: « les fausses rumeur sur Internet », les discussions « sans aucun encadrement », « des réseaux qui mêlent informations plus ou moins fiables et mensonges éhontés », en somme, « vraie ou pas l'information va à toute allure » car « sans modérateur, la liberté de propos est totale et les dérives faciles ».

"Un gros n'importe quoi"

L'apéro géant c'est surtout des victimes hospitalisés: « une soixantaine de personnes hospitalisées » et plus loin « bilan: une centaine de personnes hospitalisées et une trentaine en garde à vue ». Soixante ou cent? Le télespectateur ne le saura pas. La précision, apparemment, n'est pas de mise.

Les personnes interviewées ont été bien choisies. Elles ont le même avis que Jean-Pierre Pernaut: ces apéros géants sont inquiétants. C'est « une grosse orgie, un gros n'importe quoi » relève une jeune fille.

"C'est très dangereux"

Un psychanalyste, « expert d'Internet », explique le phénomène: « on joue sur la modération entre pairs: c'est très dangereux » « ça peut aller jusqu'à la calomnie ou aux propos racistes ».

Bien sûr, il vaut mieux regarder TF1. Là, les propos sont beaucoup plus "modérés".

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09 juin 2008

L'action TF1 à son plus bas

Poivre d'Arvor va quitter le 20 heures. Autrement dit, TF1 veut lancer un signal fort: remplacer le journaliste symbole par Laurence Ferrari, c'est changer de génération. Pour relever la chaîne, il en faudra plus...

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14 mars 2008

Pierre Carles: "TF1, France2 et France3 disent tous la même chose"

Pierre Carles, le critique des médias, a répondu à une interview du journal suisse Le Courrier.

A propos de la critique des médias, il s'exprime sur le travail d'Acrimed et du journal Le Plan B:

Ce qu'ils font est salutaire mais c'est une goutte d'eau dans l'océan de la désinformation. Il faut aussi se méfier du business de la critique des médias, très à la mode. L'ancien animateur Daniel Schneidermann a lancé son blog de critique des médias. Mais sa critique reste anecdotique ou opportuniste. Son indignation est à géométrie variable. La vraie question à poser est celle de l'hégémonie d'un discours: TF1, France2 et France3 disent tous la même chose dans leurs journaux télévisés. Une démarche radicale consisterait à exiger la suppression de certains de ces médias. Pour supprimer TF1, il suffit de se référer au programme du Conseil national de la Résistance (adopté en mars 1944, très influencé par les communistes, il prônait l'indépendance de la presse à l'égard des puissances d'argent, ndlr).

Acrimed

Il évoque aussi ses films documentaires sur le travail. J'ai parlé ici de Volem rien foutre.

Lire intégralement l'interview de Pierre Carles.

D'autres infos sur Pierre Carles.

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09 janvier 2008

La presse française piégée par le "président de Facebook"

La presse française fait parler d'elle outre atlantique et ailleurs. Malheureusement, c'est pour une mauvaise raison. A cause de ce gars qui s'est fait passer pour le "président de Facebook". Une arnaque...

Le problème, c'est qu'une partie de la presse française a repris l'information sans la mettre vérifier. Le Figaro, TF1, Le Point, LCI, L’Express, France Inter, Le Parisien et tous les médias dits sérieux ont plongé à pieds joints.

Heureusement, ZDnet a dénoncé la supercherie dès le 3 janvier.

Remarquons que les blogueurs ne se sont pas faits avoir. Vous avez sûrement entendu parler de cette élection et de son étonnant vainqueur: ça vous a sûrement laissé froid. Il était évident que ça n'avait aucun intérêt. Pour un blogueur...

Pour un journaliste, il en allait autrement: l'histoire était trop belle à raconter. Dommage pour la crédibilité de la presse française...

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10 septembre 2007

TF1 et les "glaneurs", des pauvres qui fouillent les poubelles

Les glaneurs. Un reportage au 20 heures de TF1, jeudi dernier.

Ces gens qui "font les poubelles". Filmé devant une supérette, il s'approchent de poubelles qu'on vient de sortir sur le trottoir. Selon un voisin, cette scène se passe chaque jour.

Voyez le reportage ici (ou en cliquant sur l'image ci après). Quel est votre sentiment?

Trois remarques sur la forme:

1. La place dans le journal

Le reportage est le 9ème sujet sur 14. Il dure 2 mn. Il n'a pas été annoncé dans les titres. Trois raisons pour qu'il passe inaperçu.

Ce jour là, le journal consacre 4 sujets au rugby et 4 à la communication du chef de l'Etat et du gouvernement.

2. Le découpage

Plan large puis plan rapproché sur les glaneurs. Ils prennent d'assaut les poubelles, puis s'en vont.

Interview d'un habitant du quartier.

Un vieil homme, arrivé après les autres. Interview où son visage n'est pas vu.

D'autres galneurs sur des marchés. Généralisation.

3. Les voix

Les pauvres sont des hommes sans voix; on le constate dans le sujet. Leur voix est couverte par celle du présentateur, du journaliste et d'un témoin.

  • PPDA lance le sujet. Langage "poétique": métaphore des glaneurs. Cela tend à couvrir le sujet d'un voile pudique. PPDA le dit lui-même "ceux qu'on appelle pudiquement les glaneurs". Le parallèle avec les glaneurs d'autrefois suggère que "ça s'est toujours passé comme ça".
  • Le journaliste. Lui aussi utilise un langage poétique (métaphore, et beaucoup d'hyperboles). Mais il le mixe avec un vocabulaire concret ("poubelle", "gants", "boîte de conserve", "racler le fond"...)
  • Interview d'un témoin, habitant du quartier. Langage popu. "C'est affolant, quoi! Tout les soirs y a des gens y z'attendent. Y sont assis là sur les bancs. Et y z'attendent que les poubelles sortent pour pouvoir prendre dedans."
  • Interview du vieux glaneur. Il parle peu. On ne voit pas son visage. Ses paroles se réduisent à énumérer ses revenus. La voix du journaliste se substitue à la sienne: "il dit qu'il ne fait rien de mal, qu'il n'a pas à se voiler la face, que c'est à la société à avoir honte, et surtout qu'il n'a pas d'autre choix".
A voir aussi:

Les glaneurs sur dailymotion

Les freegans; un groupe "alter" de récupérateurs de déchet (leur site).


 

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11 janvier 2007

TF1 et la déception

« Pour suivre ce qui se passe sur le plan politique avec le Front national, vous êtes obligés de regarder TF1. Vous n’avez pas le choix. Vous ne voulez pas regarder cette chaîne de télévision, mais vous devez cependant le faire. Je ne veux d’ailleurs pas dire que TF1 est la cause du Front national : c’est l’ensemble calendaire que constituent les industries de programmes, dont TF1 est en France le premier représentant, qui forme un nouveau dispositif d’organisation du nous dont le développement est déceptif _ et cette déceptivité est un élément essentiel et premier de ce vote. Même si ce n’est pas le seul, il conditionne tous les autres. Les audiences produites par les industries culturelles ne forment pas un nous qui produit de la philia, qui crée du désir. Ce « nous », s’il existe, aurait plutôt tendance à produire de la haine et du dégoût _ et d’abord du dégoût de soi. »

(Bernard Stiegler _ Aimer, s’aimer, nous aimer)

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20 octobre 2006

J'ai rencontré les décroissants (III)

Sur le même sujet sur ce blog:


TF1 était là et nous avons parlé de Gandhi… Pour comprendre la décroissance, j’ai voulu rencontrer des gens qui pratiquent de ce mode de vie. Les décroisseurs berrichons m’ont reçu chez eux. C’était pendant le Forum des organisations environnementales, à Bourges, du 5 au 8 octobre.


Je n'ai pas précisé que Serge Lepeltier, maire UMP de Bourges, a été ministre de l'écologie du gouvernement Raffarin. Ce qui explique qu'il organise des manifestations écolos dans sa ville. Belle ville, d'ailleurs.

 

Yannick Bedin, est conseiller municipal à Bourges. Il appartient au Parti coommuniste français. Voici ce qu'il dit du festival:

 

"Simple posture électoraliste ou engagement sincère, la vocation écolo du Maire de Bourges ne dépasse pas le cadre de la simple défense de l'environnement, sans aucune remise en cause des règles de l'économie libérale et du chaos social planétaire qu'elle entraîne, du pillage des pays du Sud, des multinationales qui spéculent et épuisent les ressources naturelles. Le filon écolo a tout de même ses limites qu'un homme de droite ne saurait franchir."

 

Sponsors en tous genres

 

Quant à moi, j'ai assisté à une partie du Festival du film écologique. Nous sommes allés à une soirée, Magali, Hercule, Florent, les décroisseurs et moi.

 

Nous avons été surpris de voir plusieurs petits films réalisés par TF1. Le logo était bien visible. Les films, deux minutes chacun, traitaient de produits écologiques. Ils ressemblaient à de la pub déguisée.

 

De plus, TF1 était très bien représenté dans le jury du festival. J’ai assisté à un débat. Il était animé par un journaliste de TF1. Un des intervenants était réalisateur d’Ushuaïa. Et dans la salle il y avait Jacques Pradel. Il n’est plus à TF1 mais j’ai été très content de revoir. On l'avait « perdu de vue »...

 

Mais il n’y avait pas que TF1. Entre deux films, les logos d’une vingtaine de sponsors s’affichaient sur l’écran. Pendant le forum, réparti entre neuf bâtiments (hall, salle de conférence, médiathèque, musée…), les partenaires avaient droit à deux bâtiments. Il y avait un marché couvert vendant les produits de deux grandes surfaces. Un bâtiment réunissait une banque, un fournisseur d’eau, trois groupes de grande distribution et un constructeur automobile. Et tous ces sponsors ont joué à fond la carte de l’ « exigence écologique » et du « développement durable »…

Simplicité, spiritualité

Avec Olivier, un autre décroissant, nous avons discuté de l’aspect spirituel de la décroissance. C’est ce que certains nomment « simplicité volontaire ». Elle consiste à adopter un mode de vie moins dépendant de l'argent qui vise à satisfaire ses vrais besoins.

 

Plus généralement, Olivier parle d’une « attitude générale dans la vie ». Il m’a cité l’exemple de Gandhi. Il a évoqué la communauté de l’Arche comme un exemple assez marquant.

 

Il est de formation scientifique. Je lui ai demandé pourquoi les hommes politiques semblent si peu se soucier de l’écologie. « C’est en raison de leur formation. Ils ne sont pas formés à ça. Par exemple, un Chirac, n’a découvert l’écologie que sur le tard. Et c’est contraire à ses schémas de pensée. »

Selon lui « les grandes écoles forment quelques personnalités originales, pas beaucoup. Le message écologique a du mal à passer, également au niveau des médias. Par exemple, Jean-Marc Jancovici a répondu à une interview sur une grande chaîne de télé. On lui a demandé ce qu’il fallait faire pour réduire les émissions de gaz. Il a répondu qu’il fallait acheter des voitures plus petites. Levée de bouclier immédiate. La journaliste lui a fait comprendre que les trois principaux annonceurs de la chaîne étaient des constructeurs automobiles. »

 

Pas de théorie du complot

 

Voilà, les choses sont assez simples. Certains parlent même de complot. Mais Olivier est hostile aux théories du complot. « Je lis beaucoup de choses sur Internet, liées à des théories du complot. Et j’en retirer toujours une impression désagréable. Mon sentiment est que ceux qui écrivent ces textes ne font que s’auto-intoxiquer, même s’ils le font pour lutter contre ce qu’ils estiment être des adversaires. Au fond, ces critiques sont très néfastes. On finit par tourner en rond. Je préfère lire des textes plus clairs, des textes qui apportent de la joie. C’est aussi cela la décroissance : cela ne concerne pas seulement ce que l’on mange, la façon dont on s’habille et se déplace, mais aussi les nourritures intellectuelles. »

 

Le Forum des organisations intergouvernementales réunissait des dizaines d’associations, dont les Faucheurs volontaires, la Confédération paysanne et Greenpeace. José Bové était programmé. Las, l’homme à la pipe s’est envolé en dernière minute pour le Mali…

 

J’ai rencontré un représentant de l’association Kokopelli. Ainsi qu’une une association de coopération avec une école du Bangladesh. Intéressant aussi, l'initiative Freecycle...

 

Articles liés:

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Le Monde rétrécit les décroissants

Portait d’un décroissant

J'ai rencontré les décroissants (II)

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