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  • Pourquoi et comment les adolescents publient sur le web

  • Fixer un but, c'est déjà l'atteindre

    J'ai été surpris et très intéressé par cette nouvelle: Obama a engagé la blogueuse Gina Trapani (Lifehacker) pour un groupe de réflexion qui devra définir des buts et des challenges pour les Etats-Unis au XXIe siècle. Rien que ça! Et s'il a pensé à Trapani, c'est que son blog est basé sur le développement personnel et qu'elle aide les gens à se fixer des buts et à les atteindre. Elle ne sera pas la seule dans ce think tank, bien sûr.

    C'est donc assez intéressant de voir que les processus utilisés pour les individus peuvent aussi être valable pour les Etats. On se fixe des buts, on fait un plan (récemment j'ai entendu quelqu'un chez Yves Calvi, qui avait travaillé au commissariat au Plan et qui regrettait cette époque: qu'est-ce qu'il avait pas dit là!)

    Et vous, est-ce que vous êtes familier de l'habitude de se fixer des buts, de façon réfléchie?

  • Le web sans site

    Certaines sociétés de médias ont décidé de publier des informations sans les héberger sur un site Internet. C'est le cas de l'agence Associated Press (AP). Elle dispose d'un compte Twitter qui renvoie vers des articles publiés sur une page Facebook. Bien sûr, l'AP a aussi un site Internet, mais le fait de publier sur Facebook permet de trouver de nouveaux lecteurs. (source: Steve Rubel)

    Certains accueillent avec enthousiasme cette nouvelle façon de publier sur le web sans site. Les lecteurs se réfèrent à un auteur ou un média, mais pas à un site. Publier hors du site permet de se disséminer et de toucher plus de lecteurs.

    Ainsi, par exemple Luc Mandret, facebooker averti, a pu entrer en contact avec Thierry Saussez, le responsable de la communication du gouvernement, par le biais des commentaires sur Facebook, alors que son blog n'aurait peut-être pas permis cet échange.

     

    Rassembler son activité en ligne

    D'autres sont plus sceptiques. Ils sont favorable à un site et un hébergement personnel, notamment pour les auteurs qui veulent protéger un tant si peu leurs production.

    C'est notamment ce qu'explique Hubert Guillaud:

    "Le site de l’auteur est le moyen de rassembler cette présence en ligne sur de multiples sites sociaux (twitter, facebook, shelfari, youtube…) et de lui assurer une pérennité qui ne soit pas dépendante de services 2.0 qui peuvent disparaître demain.

    Le rôle du site web de l’auteur doit d’être un hub de son activité en ligne, le point central de l’information pour les lecteurs, une ressource pour les médias, la clef pour construire la marque de l’auteur. Kirk Biglione insiste : ça commence par l’achat d’un nom de domaine. Seul moyen de construire sa présence et de maîtriser, un tant soit peu, ce sur quoi pointe les premiers résultats d’une requête sur votre nom."

  • Pour des "slow media"

    Un manifeste vient d'être publié pour promouvoir les slow media (voir sur Owni). Cette tendance nous rappelle le slow blogging, et le slow food.

    A une époque où tout s'accélère, on l'on ne parle que de web en temps réel (voir chez Véronique Rabuteau), certains ont besoin de se poser pour lire, réfléchir, approfondir et discuter. Ralentir, on peut le faire?

  • La mort du blog, encore?

    En lisant un article de Libé* annonçant le déclin de la blogosphère au profit de Facebook et Twitter, je suis resté sur ma faim et j'ai eu envie de trouver l'étude de l'institut Pew qui a servi à l'écrire.

    Elle est ici, à télécharger (en anglais). Et ça amène à nuancer le propos.

    On se demande si l'étude ne sert pas de prétexte à annoncer, une fois de plus, la mort des blogs.

    On peut aussi parler de fuite de la conversation hors de la blogosphère. Mais ça n'est pas nouveau.

    Les chiffres sont là, pourtant! Mais le problème c'est que certains se contredisent.

    De plus, il faut souligner que cette étude a été faite aux Etats-Unis, donc elle ne peut être plaquée sur la France.

    Les jeunes bloguent moins

    Ce qui est vrai c'est que les jeunes bloguent moins.  "Le nombre de 12-17 ans actifs sur un blog s’est réduit de moitié en seulement trois ans : ils étaient 14% à bloguer l’année dernière, contre 28% en 2006. Aujourd’hui, les ados se jettent majoritairement sur Facebook, où la publication est immédiate, donc plus facile. Twitter, en revanche, n’emballe pas les jeunes : ils ne sont que 8% à l’utiliser."

    Une remarque: faut-il s'attrister que les jeunes délaissent les Skyblog pour Facebook? Non, puisque le principe est le même. D'autre part, il y a autant de différence entre un skyblog et un blog "sérieux" qu'entre un compte Facebook et le même blog "sérieux".

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    Les adultes bloguent un peu plus
    La pratique du blog progresse chez les plus de 30 ans. On notera qu'elle reste à un niveau assez marginal. Mais 11% d'une population, cela représente tout de même des millions de blogs.
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    Des commentateurs constants

    Ce qui est étonnant, c'est que, semble-t-il, selon l'étude de Pew, la pratique du commentaire reste stable. Elle baisse un peu chez les ados et progresse chez les adultes.
    Et si les réseaux sociaux, au lieu de tarir la conversation ne faisaient que la propager et l'enrichir?


  • Bernard Langlois jette l'éponge

    Un monsieur arrête son activité à 65 ans: est-ce que ça vaut le coup d'en parler? Bernard Langlois, un des fondateurs de Politis, a décidé d'arrêter sa chronique. Je me suis décidé d'en parler à cause des circonstances qui l'ont poussé à arrêter.

    Lire la suite

  • Chatroulette: Parler avec n'importe qui

    Chatroulette: le nom dit bien ce qu'il veut dire. C'est un chat et ça marche comme la roulette russe, c'est-à-dire au hasard. On discute avec webcam avec n'importe qui à travers le monde. Chacun se filme et découvre au hasard son interlocuteur du moment, et s'il veut changer, il appuie sur Next.

    Le résultat est souvent trash. Les personnes se filment dans toutes les positions ou avec un masque sur la tête. Bref, le jeu (interdit au moins de 16 ans) est mi exhibitionniste mi voyeuriste.

    J'ai essayé, comme tout le monde, et j'ai trouvé ça peu intéressant mais déconcertant.

    Le créateur de Chatroulette est Andrey Ternovskiy, un russe de 17 ans, selon le New York Times.

    Un petit frisson

    Un petit frisson de transgression parcourt la personne qui se connecte à ce service.

    Enfin, ce qui me parait intéressant (et effrayant) dans ce site, c'est que, pour la première fois, on nous propose de "parler avec n'importe qui". Et, soi-même, on est traité comme "n'importe qui" (ce qui rappelle le slogan de Rémi Gaillard).

    Amour liquide

    Parler avec n'importe qui, se connecter, se déconnecter, ne pas s'engager dans une relation: on reconnaît là la thèse de Zygmunt Baumann, dans la Vie liquide.

    La vie liquide, c'est une vie où tout change, où une habitude laisse place à une autre. Un produit est tout de suite remplacé par un autre. Et même les relations entre les personnes suivent ce rythme. Ces nouveaux rapports sociaux, comme les appelle Laurent  Enzo François, sont extrêmement précaires. Donc, liquides.

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    Anti Facebook

    Avec Chatroulette, il nous est donc permis d'expérimenter la liquidité absolue des rapports humain. Je prends, je teste, je jette. Un moraliste du XVIIe siècle trouverait cela effroyable!

    Facebook, en revanche, nous avait habitué à la notion de statut (et de statusphère). Sur Facebook, chacun a une statut, avec son vrai nom, sa photo et tous les éléments de son identité. Cela confère à ce site une apparence de solidité. D'ailleurs sur Facebook, on discute avec un cercle restreint d'amis. C'est plus rassurant.

    Cela dit, chatroulette n'a rien inventé. Vous connaissez sans doute des dizaines de services basés sur ce principe. Par son côté trash il rappelle des sites comme 4chan.org. Mais je ne pense pas que ça ira au-delà du buzz et de la curiosité. Qui a envie d'être pris pour n'importe qui?

    Un projet lancé pour le plaisir

    Le créateur du site n'avait pas d'idée précise au départ. Agé de 17 ans, il a codé lui-même le programme.

    "J’ai créé ce projet pour m’amuser. Au début, je n’avais pas d’objectif commercial. Je l’ai créé récemment. J’étais et je suis toujours moi-même un adolescent, c’est pour ça que je sentais ce que les autres adolescents voulaient voir sur Internet. J’aimais moi-même parler à des amis avec Skype en utilisant un micro et une webcam. Mais finalement on s’est lassé de se parler les uns les autres. J’ai donc décidé de créer un petit site pour moi et mes amis où nous pourrions nous connecter aléatoirement avec d’autres gens.

    Cela n’a pas été si facile pour moi de le créer, mais je code depuis l’âge de 11 ans (grâce à mon père qui m’a amené tôt sur le web - la plupart des mes connaissances viennent de là). (traduction Owni)

    photo: nymag

     

  • Où sont les infos?

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    Avant (c'est-à-dire il y a quelques années, quelques mois...) on savait où étaient les informations. On les trouvait en lisant un journal, en feuilletant quelques blogs, en consultant une newsletter, et si on en voulait plus, on tapotait sur un moteur de recherche et on lisait encore quelques blogs.

    Mais depuis qu'il y a Twitter, et d'autres nouveaux outils de ce genre, j'ai l'impression que l'info est partout. Elle déborde partout, elle se duplique, buzze et se déplace. Elle occupe tout l'espace. Certaines informations, notamment, prennent beaucoup de place.

    Ce n'est qu'un sentiment (qu'on pourrait confirmer par des mesures). Le sentiment d'être débordé par toute cette information. Trop d'info tue l'info, disait Axel Ganz, le propriétaire de médias (source: Arte). Et c'est grave, nous dit-il.

    Si trop d'info tue l'info _ c'est que, d'une certaine façon, l'info est morte, ou plutôt quelque chose est pourri au royaume de l'info.

     

    Sur le même sujet:

  • Le journaliste, la brute et le hacker

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    Internet est un champ de bataille. Et, sur ce champ de bataille, chacun utilise ses armes. Comme dans le film, il y a le bon, la brute et le truand.

    Le bon, c'est le journaliste: tel qu'il se présente lui-même.

    La brute, c'est Google: la force à qui rien ne résiste.

    Le truand, c'est le hacker, avec son habileté à contourner les interdits.

     

    1. Le journaliste

     

    Le journaliste, dans le contexte Internet, n'a de cesse de se présenter comme le bon.

    Il est professionnel: vous êtes amateur.

    Il a une déontologie: vous bricolez et vous piratez.

    Il a des contraintes: vous vous amusez.

    Il perd de l'argent: vous n'achetez pas son journal.

     

    Professionnalisme. Effectivement, le journaliste est un professionnel. Il établit des faits d'actualité. Il vérifie, il enquête.

    Déontologie. Le journalisme est régi par une charte déontologique, comme toutes les professions sérieuses. Le journaliste établit des faits, et il protège ses sources. Il n'est pas lié aux pouvoirs politique et financier. Il distingue clairement l'éditorial de la publicité.

    Pilier de la démocratie. Les journalistes sont supposés être un des piliers de la démocratie. Sans eux, la liberté d'expression n'a pas de sens.

     

    De nombreuses trahisons. Hélas, les médias ont souvent trahi leurs principes. Complaisance envers les puissants, connivence avec les politiques, futilité dans le choix des sujets, etc. Les entorses à la déontologie sont trop souvent constatées.

    Le beau rôle. Le journaliste se donne le beau rôle. Il s'identifie (et voudrait qu'on l'identifie) au standard le plus élevé du journalisme. Tout journaliste se prend pour un journaliste du New York Times (sans les compromissions lors de la guerre d'Irak). Dans les faits, c'est loin d'être le cas.

    Peu innovant. Les sites d'information sur Internet sont beaucoup moins innovants qu'ils ne le disent. Quant aux scoops et à l'information « différente », elle est rare. Le panurgisme est la règle. Le contenu dupliqué pullule.

    Tour d'ivoire. Le journaliste sur Internet a parfois du mal à accepter l'horizontalité du dialogue, donc l'égalité entre lui et le lecteur. La démocratisation de l'accès à l'information le prive d'une de ses prérogatives. Il en souffre.

     

    2. La brute

     

    Sur le champ de bataille, un combattant hors norme est apparu. Il a l'âge d'un enfant, à peine plus que l'âge de raison. Il est cruel et sans pitié avec sa devise ironique: « Ne fait pas de mal!». C'est Google!

    Le calcul, force brute. D'où vient la brutalité de Google? De la force du calcul. Le calcul est une force sans limite. A l'origine, ses fondateurs sont des mathématiciens. Depuis, ils se sont alliés avec des financiers. Pour faire du chiffre.

    Utile. La force de Google tient au fait qu'il n'est pas un site mais un outil. On change de site des dizaines de fois mais on change plus difficilement d'outil.

    Transgression. L'autre caractéristique de Google c'est qu'il estime que tout est permis sauf ce qui est interdit. Pour les autres, c'est plutôt le contraire: la présence d'interdits structure l'environnement. Pour Google, il faut qu'on lui dise « stop » pour qu'il arrête.

    Les problèmes posés par Google sont nouveaux. Par exemple, Google News achemine gratuitement des visiteurs vers les sites d'information. Et, au lieu de remercier Google, les propriétaires de médias veulent le faire payer. Il est vrai qu'au passage Google agrémente son site Google News de quelques pages de publicité. Le problème ne s'est jamais posé: les médias n'avaient pas prévu que les agrégateurs de nouvelles auraient une place aussi stratégique dans l'écosystème médiatique.

    Utopie. Il faut se souvenir qu'à l'origine, le projet de Google était de permettre l'accès à tous de tout le savoir. Le savoir et pas seulement l'information. Depuis, cette utopie s'est transformée en business qui roule. Les premiers résultats d'une recherche ne sont pas des sites universitaires mais des sites commerciaux. Est-ce que ça pose problème.

     

    3. Le hacker



    Dans le contexte du réseau, le hacker est finalement le personnage central, quoique apparemment marginal.

    Le mot « hacker » est connoté péjorativement. Le hacker est un pirate, un briseur de code, un tricheur, un truand.

    Mais «l'éthique hacker » (titre d'un livre de Pekka Himanen _ 2001) a pénétré les consciences et les pratiques. Le monde du logiciel libre en est l'illustration la plus courante. Les réseaux sociaux en sont une autre forme: les utilisateurs y mettent en partage des données qui les concernent.

     

    Passion. Le hacker a une attitude passionnée à l'égard du travail. Il travaille alors qu'ils n'y est pas obligés. Cette passion le pousse à partager ce qu'il sait avec les autres sur Internet.

    Non lucratif. Le hacker travaille librement, avec les autres, et de façon collaborative, à élaborer quelque chose de socialement utile. Ce qui le motive n'est pas l'argent.

    Coopération. La production est élaborée grâce à la coopération de nombreux utilisateurs. Aucun n'est propriétaire de l'ensemble, tous peuvent y avoir accès.

    Reconnaissance par les pairs. Ce qui motive le hacker, outre la passion, c'est la reconnaissance de son travail par ses pairs. Comme l'écrit Himanen: « Pour les hackers, le facteur organisationnel de base dans la vie n'est ni le travail ni l'argent, mais la passion et le désir de créer avec d'autres quelque chose de socialement valorisant. »

     

    Conclusion

    Le champ de bataille est très ouvert pour l'instant. L'issue du combat n'est pas prévisible.

    Pourtant, l'enjeu est important: permettre l'accès le plus large à l'information est vital pour le plus grand nombre. Au contraire, restreindre l'accès intéresse les nouveaux aristocrates (les netocrates) du capitalisme mondialisé. Ils s'organisent pour créer des barrages et autres obstacles législatifs. Qui l'emportera?

  • Billet de blog: court ou long?

    Faut-il écrire long ou court? Le débat a toujours agité les blogueurs. Mais la montée en puissance de Twitter ou Facebook, a changé la donne.

    C'est ce qu'explique Fred Cavazza, cité dans l'ouvrage Blogs territoriaux, réseaux sociaux et nouveaux enjeus du web 2.0 pour les collectivités:

    « Le blog n'est plus le support de prédilection pour de l'information chaude, il a été supplanté par le microblog. Illustration la semaine dernière avec le lancement de Chrome OS: je me suis dépêché d'écrire un billet sur le sujet à peine quelques heures après l'annonce, résultat: rien (très peu de commentaires et quasiment aucun lien). J'ai, quelques jours plus tard, pris le temps de rédiger un article plus complet avec une réflexion mieux argumentée et le résultat est plus satisfaisant (des commentaires plus riches, plein de liens entrants). L'enseignement que je peux en tirer est le suivant: j'arrête définitivement de faire la course à l'info chaude, moins de billets mais des articles plus réfléchis. Finalement, c'est Jakob Nielsen qui avait raison avant l'heure en préconisant de rédiger des articles et non des billets (Write Articles, Not Blog Posting). »

    Mais l'avis contraire est aussi possible:

    « L'écriture sur un blog doit être synthétique, explique Dominique Paulin. Plus l'article est long, moins le lecteur va le lire. Il faut jouer efficacement entre les images et les textes. […] Le lecteur de blogs va toujours à l'essentiel car il ne lit jamais un ou deux blogs, mais il en parcours des dizaines chaque jour. Donc, l'info doit être immédiatement lisible. » (même source)

    Bien sûr, vous allez me dire: « Faut alterner! Court et long! » Personnellement, j'ai toujours préféré les notes courtes. Et vous?

  • Les journalistes et le "réel"

    Imaginez la scène. Jean-Pierre Pernault ouvre son journal de 13 heures. "Bonjour, aujourd'hui nous allons parler de la faim dans le monde." Suit un long reportage sur la FAO (Food and Agriculture Organization).

    Et puis, d'un air grave, Pernault annonce: "Le RSA, une réalité pour plus d'un million de Français. Notre envoyé spécial a interviewé Gilbert, ancier sabotier, aujourd'hui au chômage. Il ne trouve plus de travail. Il subsiste grâce au RSA."

    Après ce sujet, le journaliste préféré de la France profonde enchaîne: "Maintenant, la réforme des collectivités territoriales. Pour illustrer ce sujet qui passionne les Français, nous avons interviewé Jean-Pierre Raffarin, Edouard Balladur et Michel Sapin."

    Bien sûr, ce journal de 13 heure est fictif. Je me suis amusé à le composer en utilisant le sondage sur les médias, publié par La Croix, comme chaque année. (télécharger ici)

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    Ce sondage nous montre, notamment, les sujets dont les médias ont trop ou pas assez parlé, selon les Français. En regardant les sujets les moins traités, on peut imaginer ce que serait un journal plus proche de ce qui intéresse les gens.

    Oubliés les problèmes de santé de Johnny, la grippe A, la mort de Michaël Jackson (les trois sujets dont les médias ont trop parlé, selon le sondage). Et si on se recentrait sur les "vrais" sujets?

    A moins qu'il y ait une différence entre ce que les gens déclarent aux sondeurs et ce qu'ils font "en vrai"?

  • Désintermédiation et perte de pouvoir des journalistes

    Avec Internet, on s'habitue à accéder à l'information de façon directe, sans l'aide d'intermédiaires. Le rôle de médiation des journalistes est remis en cause. Ce rôle ne disparait pas: il se modifie. Dans le même temps, d'autres médiateurs apparaissent. Cette désintermédiation est apparue très visible lors de l'émission « Parole de Français », où le président de la République répondait à 11 Français (plus 2 journalistes de TF1).

    Avant de se rendre à Davos, le locataire de l'Elysée a participé à l'émission « Paroles de Français ».

    Cette émission, on peut la voir de deux façon:

    1) c'est juste un trompe l'œil, une émission de télé réalité politique, un pseudo échange entre un homme politique et des citoyens triés sur le volet; l'essentiel se passe ailleurs, par exemple au sommet Davos, qui réunit les super riches.

    2) cette émission atteste de la montée en puissance de la « parole » des citoyens, de l'opinion qui s'exprime de façon directe, avec un rôle restreint des journalistes

    Désintermédiation

    L'émission de TF1 n'est pas la première du genre. Elle met en scène la désintermédiation entre les gens qui parlent et ceux qui écoutent. Les Français parlent aux Français! Entre eux, il n'y a plus rien. Enfin, presque rien: Jean-Pierre Pernault. De même, le président de la République s'est adressé à ses « amis » sur Facebook, de façon totalement désintermédiée.

    Cette désintermédiation est de plus en plus souvent à l'œuvre. Elle consiste en la suppression, ou la réduction, du rôle de médiateur tenu par les journalistes.

    Les citoyens s'expriment directement. Le médias n'a plus pour rôle que de recueillir ces « paroles de Français ».

    On peut toutefois se demander quelle est la valeur de ce genre d'émission: écran de fumée ou réelle expression citoyenne?

    Médias sociaux et parole citoyenne

    Ces derniers mois, on a connu d'autres exemples de désintermédiation. Dans l'affaire Jean Sarkozy à l'Epad, les citoyens ont fait « remonter » une information. Les médias sociaux ont joué leur rôle à fond. Sans eux, les médias classiques n'auraient peut-être pas donné tant de place à cette affaire. Même chose pour l'affaire Proglio.

    Autre fait: les partis politiques ont lancé ces dernières semaines des réseaux sociaux. Chaque parti a maintenant son « Facebook » où les militants peuvent proposer des idées et organiser des événements. Reste à voir ce que tout cela va donner. Dans un parti structuré de façon pyramidale, comment la base peut-elle se faire entendre?

    Le Facebook des partis politiques

    Autre exemple, des blogueurs interviewent des hommes politiques de leur propre initiative. C'est une façon de cour-circuiter totalement les journalistes professionnels et de poser les questions qui les intéressent réellement. Ainsi, ce mois-ci, des blogueurs ont invité le président de la région Ile-de-France dans un bistrot pour l'interroger.

    Récemment, j'ai discuté avec un journaliste de la télévision publique. Il m'a expliqué qu'il avait essayé d'introduire des « paroles de Français » dans des reportages lors de la présidentielle. En gros, il voulait intégrer des interviews de Français de l'étranger réalisées par webcam. Et la direction lui a expliqué que ce n'était pas possible, comme ça, de diffuser des documents bruts. Autrement dit, la désintermédiation, ça n'est pas accepté par certains journalistes, et plus précisément par ceux qui dirigent les rédactions.

    Journalistes désavoués

    Pour les journalistes, la désintermédiation est une forme de désaveu. Cela démasque une réalité maintenant bien visible: les journalistes stars (ne parlons pas du gros bataillon des journalistes, plus ou moins touchés par la précarité) sont coupés de leur public. Ils font partie de l' « élite ».

    La récente étude de La Croix montre que les Français croient de moins en moins à l'indépendance des journalistes vis-à vis des pouvoir politique et financier.

    Le salaire de Laurence Ferrari

    Ainsi, quand Laurence Ferrari interroge le locataire de l'Elysée sur le salaire des patrons, celui-ci a beau jeu de la renvoyer à son propre salaire à elle.

    Et quelles relations certains hommes politiques entretiennent ou ont entretenues avec certaines journalistes? Une relation beaucoup trop intime.

    On est arrivé à un tel point de connivence entre les journalistes et le pouvoir politique que ça ne peut plus ne pas se voir.

    C'est pourquoi le service de communication de l'Elysée est obligé d'organiser des émissions face aux Français s'il ne veut pas assister à ces gênantes séances de pseudo-questions qui tiennent lieu de journalisme quand Guy Lagache, Alain Duhamel et Laurence Ferrari (encore elle!) interviewent le chef de l'Etat.

    Jean-Pierre Pernault fait les présentations

    On en arrive donc à ce genre de pis aller: une émission ou il ne reste plus entre l'homme politique et les Français que Jean-Pierre Pernault. Jean-Pierre Pernault, magnifique et patelin, se contente de faire les présentations. D'ailleurs, est-ce qu'on lui en demande plus?