04 février 2010
Les journalistes et le "réel"
Imaginez la scène. Jean-Pierre Pernault ouvre son journal de 13 heures. "Bonjour, aujourd'hui nous allons parler de la faim dans le monde." Suit un long reportage sur la FAO (Food and Agriculture Organization).
Et puis, d'un air grave, Pernault annonce: "Le RSA, une réalité pour plus d'un million de Français. Notre envoyé spécial a interviewé Gilbert, ancier sabotier, aujourd'hui au chômage. Il ne trouve plus de travail. Il subsiste grâce au RSA."
Après ce sujet, le journaliste préféré de la France profonde enchaîne: "Maintenant, la réforme des collectivités territoriales. Pour illustrer ce sujet qui passionne les Français, nous avons interviewé Jean-Pierre Raffarin, Edouard Balladur et Michel Sapin."
Bien sûr, ce journal de 13 heure est fictif. Je me suis amusé à le composer en utilisant le sondage sur les médias, publié par La Croix, comme chaque année. (télécharger ici)

Ce sondage nous montre, notamment, les sujets dont les médias ont trop ou pas assez parlé, selon les Français. En regardant les sujets les moins traités, on peut imaginer ce que serait un journal plus proche de ce qui intéresse les gens.
Oubliés les problèmes de santé de Johnny, la grippe A, la mort de Michaël Jackson (les trois sujets dont les médias ont trop parlé, selon le sondage). Et si on se recentrait sur les "vrais" sujets?
A moins qu'il y ait une différence entre ce que les gens déclarent aux sondeurs et ce qu'ils font "en vrai"?

Commentaires
Néanmoins j'imagine que si cet effort était sur le long terme, on pourrait "éduquer" nos sensibilités à ce genre de sujet ?
Ah, on va regretter l'ORTF ;)
Écrit par : Laurent | 04 février 2010
Écrit par : Nicolas | 04 février 2010
On le sait, la logique de l'audimat ne produit pas que des bonnes choses ;-)
Écrit par : Eric | 04 février 2010
Écrit par : markhos | 04 février 2010
Bien à toi.
Écrit par : Pascal Gibert | 04 février 2010
Autre enseignement de ce type de sondage, le tri que font les usagers des médias. comme le montrait le livre de Florence Aubenas, la fabrication de l'information pour plaire à un public le plus large possible fait de la matière première un pur produit de consommation dont on se lasse. L'anodin qui devient extra-ordinaire retourne rapidement à l'anecdotique, cela explique sans doute le jugement sévère des sondés sur les derniers événements cités.
Écrit par : Ferocias | 04 février 2010
:-))
Écrit par : Monsieur Poireau | 04 février 2010
C'est une réalité qui a déjà été clamée au plus haut niveau de la télévision, et qui se heurte à une autre réalité, c'est que les foules aiment ça !
Et ce ne sont pas les sondages qui montrent régulièrement la méfiance de l'opinion publique envers les politiques et les médias qui y changent grand'chose, on en redemande !
On peut considérer ça comme une forme d'addiction.
René Jourdren
Écrit par : Jourdren | 05 février 2010
Écrit par : Didier | 05 février 2010
Écrit par : ndaref | 05 février 2010
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