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Par ailleurs, Crise dans les médias grimpe à la 20ème place du classement wikio.
Il atteint même la 3ème place de ce classement qui évalue les 30 premiers de wikio en fonction de deux critères objectifs (temps d'indisponibilité des blogs et temps de chargement de la page). Vraiment, quelle chance vous avez! ;-)
"Ne dites pas que je travaille pour un site web, ma mère croit que je suis journaliste", écrivent Elyzabeth Lévy et Philippe Cohen (dans Notre métier a mal tourné).
Ainsi, le journaliste sur Internet découvre un nouveau métier, des contraintes nouvelles. Comme l'écrit Marie Bénilde (Monde diplomatique), l'écriture webest surtout quantitative, elle fait la part belle à la vidéo (gag) et abolit la hiérarchie de l'information:
"Les travers du journalisme en ligne apporteur d’audience se mesurent aussi à l’aune d’une dérégulation totale du métier. Noyé dans le flot incessant des nouvelles, le professionnel recruté pour son hyperréactivité sur la Toile joue au serpent qui se mord la queue : il fait savoir ce qui se sait, montre ce qui se voit, réagit à ce qui génère des réactions. Comme l’atteste le défilé ininterrompu de nouvelles plus ou moins anecdotiques et de vidéos sur le site Lepost.fr, édité par Le Monde,la hiérarchie de l’information n’a plus cours dans un cybermonde où prime la dernière livraison inédite. « Qu’est-ce qui importe dans ce flux mécanique ? » : telle est sans doute la dernière question que le journaliste de l’ère numérique est invité à se poser. Le discours patronal chante pourtant les vertus d’un métier régénéré par son aptitude à trier et à mettre des « contenus » divers sur les rails. Sans doute plus à la façon d’un chef de gare que d’un conducteur de locomotive. Le train de l’Internet n’attend pas, mais nul ne sait où il va."
La recherche de la rentabilité est ardue. La course à l'audience est effrénée.
"Les propriétaires misent en effet sur l’accumulation d’audience à travers des sites de médias gavés d’espaces vidéo qui se prévalent d’inventer une « nouvelle écriture journalistique ». En réalité, il s’agit surtout de satisfaire la demande en contenus multimédias d’ordinateurs reliés à des réseaux à haut débit obéissant à des logiques de télécommunications. Un tel paramétrage des sites, souvent conçu par des directions informatiques, détourne d’autant plus facilement du journalisme que l’économie de la presse incite à la réduction des coûts. Tel est le prix à payer tant que les recettes publicitaires sur le Net ne contrebalancent pas la chute des revenus du papier".
De acteurs, déjà anciens, s'affirment comme les mastodontes de l'information: les portails. Google et Yahoo, mais aussi orange ou voila.fr. Ils puisent directement à la source (L'AFP) et peuvent subir des changement de ligne éditoriale au gré des rachats (exemple: orange racheté par Dassault):
"Les portails de Yahoo, Orange ou Google comptent en effet parmi les sites d’information les plus consultés en France avec ceux du Monde ou du Figaro. Particularité de ces acteurs nés sur Internet ou venus des télécommunications : ils agrègent des contenus en provenance d’autres sites d’information et des dépêches d’agences de presse, là où les médias traditionnels mobilisent des rédactions dédiées à leur production en ligne. Comme tels, ces nouveaux supports n’ont donc pas à proprement parler de ligne éditoriale. Depuis début juin, le site Orange.fr, consulté par quinze millions six cent mille visiteurs chaque mois, s’en remet aux journalistes du Figaro, propriété du sénateur UMP Serge Dassault, pour animer une interview politique quotidienne, ou à Radio Classique, propriété de M. Bernard Arnault, pour alimenter son espace en entretiens avec des patrons ou des acteurs de l’économie. La page d’accueil du portail, qui fait miroiter des informations sur les services, les sports ou les loisirs, délègue à l’AFP sa partie « actualités », où les internautes sont invités à réagir à travers des forums".
Mercredi dernier, huit blogueurs (dont moi-même) ont rencontré Julien Dray, le député socialiste, candidat au poste de premier secrétaire de son parti. La rencontre se passait dans une annexe de l'Assemblée nationale.
Personnellement, je lui ai posé quelques questions sur les médias. Il nous a parlé du "monde médiatique", expression que je lui ai demandé de définir.
Je suis d'abord revenu sur leur rôle pendant l'élection présidentielle. Je suis reparti de la question "est-ce que les médias ont fait l'élection de 2007"? Puis j'ai interrogé Julien Dray sur la stratégie que le PS comptait mettre en place (si stratégie il y a).
Voici sa réponse (3' 16):
Julien Dray fait le constat d'une mainmise du chef de l'Etat sur les médias. Selon lui, il existe en France "une cohésion (collusion?) totale entre le pouvoir économique, la presse et le pouvoir en place".
La réponse qu'il oppose, c'est de dénoncer cet état de fait. Cette dénonciation, sera payante à terme, estime-t-il. "Aucun pouvoir ne peut tenir s'il croit qu'il a la mainmise totale sur l'information". Il souligne le rôle d'Internet, comme moyen de contestation.
"Le monde médiatique se croit très fort, alors qu'il est très faible. Il est très faible si on alimente la contestation", estime Julien Dray.
Le député de l'Essonne a fait un petit rappel historique. A une époque, les dirigeants du parti socialiste ont fait "la course à TF1". Partant de l'idée qu'il était impossible de "changer cet univers", il fallait s'en faire apprécier.
Julien Dray a alors rappelé que, lui, n'était pas rentré dans ce jeu. Il avait, au contraire, guerroyé contre TF1, qualifiée par lui de "TFN", en 2002. Il dénonçait, notamment, le traitement de l'insécurité par TF1.
A cette époque, quasiment aucun de ses petits camarades du PS ne l'ont soutenu. "Tu fais une grosse connerie", lui disait-on. Aujourd'hui, Julien Dray estime avoir obtenu une victoire, puisque TF1, qui a annoncé vouloir le poursuivre en justice, y a renoncé.
Enfin, j'ai interrogé Julien Dray sur l'expression "le monde médiatique", qu'il a employée au début de sa déclaration. "Ce que j'appelle le monde médiatique, c'est cet univers de journalistes, de patrons de presse qui domine et a vocation à faitre l'opinion. Il y a les éditorialistes, les intervieweurs. Je parle d'un monde parce que ce sont des gens qui se connaissent bien, qui vivent ensemble."
Là, quelqu'un lui a demandé de préciser:
"Vous pensez que les politiques ne sont pas dans le jeu?"
Et Dray a répondu:
"Si, j'ai dit 'qui vivent ensemble'".
Quelques réflexions sur ce que nous dit Julien Dray:
1. On peut ou non être d'accord avec son constat d'une mainmise du chef de l'Etat sur les médias. C'est un point à discuter et, surtout, à nuancer. Notamment parce que parler "des médias" c'est vague (TF1 et Politis, ça n'a rien à voir).
2. On peut s'interroger sur les moyens qu'il compte utiliser dans une stratégie vis-à-vis des médias. La contestation peut-être porter ses fruits?
3. Quel rôle le PS peut-il jouer sur le net?
Sur ce sujet, il a parlé d'Internet comme d'une alternative, une "fenêtre" pour contester la manmise des grands médias.
Il a aussi parlé (hors de l'enregistrement que je donne ici) d'un parti socialiste qui alimenterait le net en informations.
4. Sur quelques sujets, comme le rôle des blogs de militants, il m'a semblé plutôt évasif. Mais, il nous l'a dit, le net n'est pas son sujet de prédiclection.
Julien Dray et TFN
J'avais complètement oublié cet épisode. En mai 2002, après la ré-élection de Jacques Chirac, Julien Dray avait qualifié de TFN la chaîne télé n°1.
"Il a même repris à son compte l'un des slogans de la rue: «TFN», entendez, au choix, «Télévision Front national» ou «TF-haine», la deuxième version étant celle que privilégie le député socialiste de l'Essonne, devenu le «Monsieur Sécurité» de son parti." (Marianne)
"Sur le coup, la plupart de ses amis lui ont dit qu'il n'aurait peut-être pas dû. Que l'on n'attaque pas ainsi la première chaîne de télé sans risquer de devenir tricard sur les plateaux. Mais julien Dray, interdit d'antenne sur TFl et LCI, assume." (Marianne)
Acrimed relève les faits et précise: "Troublant : L’article (du Monde) sur Julien Dray et TF1 parait sur... le site commun TF1/Le Monde…
Parfois, un commentaire anonyme vous laisse pantois...
C'est le cas de celui laissé au bas de ce billet: "facepalm.jpg"
Au premier abord, on a envie d'effacer le commentaire et de retourner à la vie réelle. Et puis on se dit: mais qu'est-ce que ça veut dire?
Alors, on tape le mot dans un moteur de recherche. Et on constate qu'il y a bien une connexion entre le sujet du billet et le commentaire. Le billet parlait du site 4chan, qui est un gigantesque fourre tout où les adolescents (principalement) postent des photos retouchées. Ce site sert de point de départ à de nombreuses chaînes de blogs.
Et, parmi ces photos, des facepalm.jpg. C'est-à-dire des personnages qui se tapent la paume de la main sur le front en signe de dépit. Du genre: "mais quel tache celui-là!"
Un dictionnaire "urbain" nous explique qu'il s'agit d'une expression courante chez les jeunes "américains"...
Donc, si je comprends bien, ce commentaire exprime des réserves à l'égard de mon billet...
Le commentaire est parfaitement anonyme: le mail était bidon.
Et en prenant connaissance du commentaire précédent, lui aussi anonyme, je m'aperçois qu'on goûte fort peu ma prose dans les milieux "facepalmés". Voilà ce qu'écrivait cet autre anonyme: "Euh, est ce que qui que ce soit ici connait le sujet abordé ? Ni les commentateurs ni l'auteur, apparemment."
Je sens bien que les lecteurs vont se diviser en deux catégories: ceux qui ne vont rien comprendre et ceux qui vont se frapper le front en se disant que je n'y connais rien...
Parfois, on retrouve le goût de s'émerveiller. Cet après-midi, au métro Villiers, j'ai épprouvé une vraie émotion. Alors que les distributeurs de journaux gratuits charriaient des tonnes de papier au contenu éditorial douteux, j'ai flairé la bonne affaire en saisissant un numéro de deliciouspaper.
Rien qu'en touchant la douceur du beau papier recyclé, j'ai compris que j'avais affaire à un produit étonnant. Les couleurs grisées et bleutés m'indiquaient qu'il s'agissait d'une revue culturelle.
Et en l'ouvrant je ne fus pas déçu. Deliciouspaper, pour son premier numéro s'est offert huit signatures de choix. Noyamment trois auteurs que je connais un peu et qui me semblent très estimables. C'est le cas de Jean Zin, dont j'ai déjà parlé. Mais également Nicholas Nassim Taleb, l'auteur du Cygne noir, dont tout le monde parle. Il y a aussi Bruce Bégout, un philosophe spécialiste de la vie quotidienne.
Bref, des textes consistants, une jolie maquette et un projet un peu fou. Un petit miracle dans une presse gratuite tellement formatée et qu'on se demande pourquoi les annonceurs y investissent leur argent...
A découvrir aussi: Toogezer, un mensuel gratuit sur le développement durable.
"On ne m’a pas donc vu sur Arte dans l’émission consacrée à la chute de Lehman Brothers, en vue de laquelle on m’avait interrogé pendant 90 minutes."
Il tente d'expliquer pourquoi. Discours trop alarmiste?
"Ce que j’ai déclaré vous est connu : c’est du même ordre que ce que vous me voyez écrire tous les jours. Il y a peut–être une indication dans le sentiment que j’ai eu, en parlant aux réalisateurs, que notre évaluation respective de la gravité de la crise actuelle n’était pas du même ordre de magnitude. Quand j’ai dit par exemple que la situation actuelle faisait peur, et qu’ils m’ont demandé de préciser, j’ai dit « J’ai peur d’avoir des enfants qui crèvent de faim ! » Ce que j’ai lu dans leurs yeux, ce n’était pas de l’incrédulité mais plutôt de l’inquiétude, et cette inquiétude ne portait pas sur l’économie ou sur la planète, mais sur moi personnellement."
Enfin, Paul Jorion laisse entendre que son interview pourrait être diffusée après l'élection américaine.
Récemment, j'ai eu une discussion intéressante avec Etienne, un blogueur qui se fait appeler zoupic. J'en donneici trois enregistrements (en fin d'article).
Pour le présenter rapidement, il est passionné par la finance internationale. Il est étudiant dans une école de commerce. Mais ce n'est pas ce que vous croyez: il a horreur de l'économie telle qu'elle fonctionne aujourd'hui. Il voudrait changer les choses à son niveau. Et il a déjà commencé à changer beaucoup de choses dans sa façon de penser et d'agir: un mode de vie plus conscient de son impact sur l'environnement, plus réfléchi, moins matérialiste.
Concrètement, sa réflexion s'est bâtie grâce à deux voyages à l'étranger, au Mexique et en Argentine. Il est allé au contatc des gens, mais il a aussi travaillé sur des théories économiques.
Une de ses références est 1984, de George Orwell. Sur le net, il lit des économistes très pointus comme Paul Jorion ou Loïc Abadie. Il consulte des sources d'informations diverses, uniquement sur Internet. Il lit José Ferré ou Laurent Guerby. Il cite aussi Attac ou André Jacques Houellebecq.
The places we live est une série de reportages photo de Jonas Bendiksen.
Ce sont des habitants de Bombay (Inde), Nairobi (Kenya), Jakarta (Indonésie) et Caracas (Venezuela).
Ces photos sont saisies dans des bidonvilles, des habitats sommaires. Mais le photographe se défend d'avoir voulu dépeindre la pauvreté extrême. Au contraire, il a voulu montrer la dignité des personnes qu'il a rencontrées.
"The Places We Live was not a search for finding the absolute extremes of urban poverty—I wasn't looking for the dirties spot, the poorest hovels or the most crime-ridden street corner. My task was to find how people normalize these dire situations. How they build dignity and daily lives in the midst of very challenging living conditions."
Pour trouver des financements, les médias se tournent vers la pub. Problème, en France cela paie moins que chez nos voisins anglo-saxons:
"Je relève la remarque particulière sur le prix de la pub en ligne en France et de la chaîne "alimentaire" qui ponctionne les revenus publicitaire en amont des éditeurs. Remarque qui peut sembler anodine à qui ne sait pas que le prix moyen de la publicité en France est 3 à 4 fois inférieur à celui de la Grande-Bretagne ou des USA. Une particularité déjà relevée ici et qui conduit à compromettre le modèle économique de la presse en ligne française." (Mediachroniques)