09 février 2007

La Chine, à l'avant-garde de la junkéconomie

Dans cette note, je poursuis la lecture du livre de Paul Ariès, le Mésusage.

Selon Paul Ariès, les produits commercialisés sont de plus en plus dégradés. C’est la conséquence de la dégradation des moyens de production dans ce qu'il appelle l'hypercapitalisme.

Il donne l’exemple de la Chine. Ce pays est le premier de la classe en terme de croissance et pourtant il produit des produits de mauvaise qualité dans de mauvaises conditions sociales et environnementales.

Paul Ariès nous propose de remplacer ce « pourtant » par un « parce que ».

Autrement dit, c’est parce que les produits chinois sont de mauvaise qualité, conçus dans de mauvaises conditions, que la Chine dégage une telle croissance.

« Persister à voir dans la Chine (société capitalo-communiste) une société en retard est erroné. On s’imagine qu’elle finira par rattraper le modèle occidental. Si au contraire elle était paradoxalement en avance ? Si l’hypercapitalisme était d’abord chinois ?

La Chine fait d’ailleurs des efforts pour les nations qui ne sont pas encore parvenues à ce stade… Elle conçoit des produits moins dégradés pour l’Occident car elle sait que l’Occident n’est pas suffisamment hypermoderne…

La production pour sa consommation locale est plus dégradée… Et pourtant cette junkéconomie fonctionne plutôt bien. Elle enregistre les plus forts taux de croissance, elle fait pâlir d’envie les spéculateurs occidentaux, les nouveaux riches prospèrent… »

Billets reliés à celui-ci:

 

Présentation du livre

La junkproduction

Commentaires

Eric : ah justement, je lisais hier un article sur la situation en Chine, d'un point de vue sociale. Pas gardé le lien, dommage.
En gros cela disait que c'est encore pire qu'ici : les classes laborieuses, celles qui ont quité la campagne pour les usines en ville, sont en train de s'appauvrir pendant que la classe possédante s'enrichit sur un rythme à deux chiffres !

J'avais donc raison, je pense (et j'aime bien avoir raison, faut bien le dire), en qualifiant l'ultralibéralisme actuel comme un hold-up mondial.

Comme le chantait Bashung : C'est comme qu'on freine ?

:-)

Ecrit par : filaplomb | 09 février 2007

@Fil,

"Travailler plus pour qu'ILS gagnent plus".

Ecrit par : Eric | 09 février 2007

"persister à voir dans la chine une société en retard..."

ça me fait bizarre de lire cette phrase
de quelle société parle-t-on ? de celle qui émerge le vent en poupe, celle qui s'enrichit de n'importe quelle façon ?
ou celle qui souffre , qui crève la misère ? celle là est tjs 'une 'société très en retard'

Ecrit par : lesyeux | 09 février 2007

Selon moi, ça n'est pas (seulement) l'hypercapitalisme qui fait que nous achetons des produits dont la durée de vie diminue.

A la source, il y l'individualisme ... qui conduit au zapping commercial.

Cet individualisme est l'enfant de l'union entre le capitalisme (plutôt de droite ;)) qui pousse à la consommation et du laxime (de gauche) qui rejète les valeurs (entre autre celle de la fidélité à une marque, à un produit).

De droite comme de gauche ! Unis contre les produits qui durent !

Ecrit par : olivier S | 09 février 2007

@Olivier,

Oui, tu as raison. Production et consommation sont liées. C'est parce que les consommateurs veulent consommer plus qu'on leur fournit plus de produits à consommer, et donc des produits de moins bonne qualité, moins chers.

@Les yeux,

Effectivement, il faudrait être cynique pour ne voir que le taux de croissance et pas le niveau de vie des gens.
On peut évoquer d'autres indices pour mesurer le développement, comme l'IDH (indice de développement humain):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Indicateur_de_d%C3%A9veloppement_humain

Ecrit par : Eric | 09 février 2007

j'ai vu sur une chaîne de télé (je ne sais plus laquelle, ni même si c'était un chaîne française ou italienne), un reportage très intéressant sur la présence chinoise en Afrique.

au Bénin et au Togo (et probablement ailleurs) les deux roues chinois ont complétement supplanté les mobylettes japonaises;
d'ailleurs j'avais rencontré un jeune chinois qui travaillait pour une entreprise chinoise au Togo, et il m'avait parlé de cet élan commercial qui est considérable.

les chinois construisent énormément, par exemple des bâtiments aministratifs pour les locaux, des ministères, bref ils investissent et le chinois est de plus en plus enseigné

est-ce un bien pour les africains?

nous les avons tellement exploités, puis délaissés.

les produits chinois sont répandus dans toute l'asie, en inde ils sont très peu coûteux et de mauvaise qualité

Ecrit par : céleste | 09 février 2007

@céleste,

"est-ce un bien pour les africains?"

Par-delà bien et mal, comme dit Nietzsche. C'est de l'économie, Céleste!

Ecrit par : Eric | 09 février 2007

désolée pour le repetita!

mais quand j'ai posté l'écran est devenu blanc.... (t'as un blog chinois?)

Ecrit par : céleste | 09 février 2007

@Céleste,

Ce commentaire là, je le laisse!

Oui, avis à tous: méfiez-vous! Parfois on croit que le commentaire n'est pas enregistré mais il l'est. Un coup de refresh et on le voit apparaître. En général.

:----))

Ecrit par : Eric | 09 février 2007

Eric : :----))
Ca c'est un long nez ! Et c'est comme ça que les chinois appellent les occidentaux. Enfin, en chinois et sans qu'on le compresse bien sûr !
Nous sommes «les longs nezs» !

[C'était la fin de notre reportage Géo, bonne soirée à tous…]

:-)

Ecrit par : filaplomb | 10 février 2007

Des amis africains me racontaient récemment les poêles made in China vendues sur les marchés et dont le manche se détache à la troisième utilisation, les couteaux qui se plient...
Si je suis le raisonnement de la fin de la note, l'Afrique serait donc hypermoderne ?

Ecrit par : secondflore | 10 février 2007

@secondflore,

Oui, c'est la thèse de Paul Ariès, qui peut être contestée bien sûr.
Le but étant moins de produire que de dégager des profits. Si on inonde le marché de produits chinois bas de gamme, on ne laisse plus la place à autre chose. C'est un vrai problème.

Ecrit par : Eric | 10 février 2007

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