14 mars 2008

Municipales (Paris 5e): Le MoDem tire ses dernieres cartouches, place Monge

Ce matin, place Monge (Paris 5e), sur le marché. Un vendeur de vêtements s'énerve: "Regardez! Là il y a des étudiants, là le MoDem, et là des gens qui s'attroupent".

Les municipales mettent les nerfs à vif. "Pourquoi ils ne vont pas dans les supermarchés?" renchérit le commerçant.  L'homme politique fait fuir la clientèle et baisser le pouvoir d'achat, ma pauvre dame...

Ce matin, les gens du MoDem sont venus en force, avec leurs écharpes orange. Philippe Meyer, le candidat, 14% au premier tour, se maintient contre Jean Tibéri (38%) et Lyne Cohen Solal (34%).

Meyer arpente les allées, accompagné de Corinne Lepage. Autour d'eux, les militants aux écharpes orange. Et derrière eux, des élèves journalistes. Micros, caméras, les reporters en herbe traquent le moindre geste du candidat (journaliste éminent). Meyer, bouille et lunettes rondes, casquette de tintin sur le crâne, essaie d'engager la conversation avec les acheteurs de légumes. Ca ne prend pas fort...

Près de la bouche de métro, un sexagénaire tibériste distribue des tracts. Ce vieux grognard a l'air résigné, à moins que ce ne soit le froid qui le rende un peu crispé.

Un militant PS me tend un tract. Je lui demande ce qu'il pense du maintient au second tour de Philippe Meyer. "Il veut faire élire Tibéri!"

A un autre coin de la place, Lyne Cohen Solal discute avec un militant MoDem. Le ton monte rapidement. La candidate socialiste parle fort. Je suis trop loin, je n'entends pas. Finalement, elle dit: "Au revoir, j'ai mieux à faire ailleurs". Elle quitte la place, traversant la rue Monge.

Dans les allées, un élève du CFPJ (Centre de formation et de perfectionnement des journalistes) interviewe Corinne Lepage. "Au fond, ils nous en veulent parce qu'on est indépendants", plaide Mme Lepage.

Philippe Meyer est reparti. Où est Jean Tibéri?

19 juillet 2007

Le Modem : trois points de vue sur le mouvement de Bayrou

Le MoDem (mouvement démocrate) de François Bayrou. Trois chiffres le résument: 4 députés, 80 000 adhérents préinscrits, 7 millions de personnes ayant voté Bayrou à la présidentielle.

Ce mouvement est donc fort et faible à la fois. Contrasté. Voici trois points de vue pour essayer de rendre compte de ce qu'est le MoDem.

1. François Bayrou face à François Fillon

8e09c088a7bb1905974a40b48ea36f6d.jpgBayrou à l'Assemblée nationale, après le discours de politique générale François Fillon (trouvé chez Jérôme Charré).

Ce qui me frappe, ce sont les images. Elles sont pourries, il est vrai. Mais elles disent plusieurs choses.

Tout d'abord, Bayrou est l'homme seul. Il semble noyé au milieu de la "vague bleue" des sarkozystes. Ces images semblent surgies d'un passé soviétique, Bayrou étant l'accusé d'on ne sait quel procès. Bernard Accoyer, en fin de séquence, ne manque pas de lui rappeler que son temps de parole est écoulé. Voilà, c'est ça la démocratie.

Le deuxième élément, plutôt accessoire, c'est la tronche des députés. Je ne sais pas qui est le gars à la droite de Bayrou, et les autres en face. Ce sont des figurants. Carton pâte. Ils sont magré eux comiques.

Le troisième point est le plus important. C'est le visage de Fillon. J'ai cru y lire de la peur. La paupière est lourde. Il ajuste ses lunettes, les ôte puis les mordille et fixant l'orateur de biais. Mal à l'aise. Soudain, c'est lui l'accusé, et plus Bayrou.

2. Farid Taha, un militant en colère
 

a51ac4a13c28c9434b113a5353a39123.jpgFarid Taha, militant du MoDem et ami, dit son désarroi après la façon dont s'est organisé le bureau politique:

"Le UDF MoDem a réuni son bureau politique le Jeudi 12 Juillet. [...] Mais ce mouvement "en principe" démocratique né d’un élan populaire n’a en fait pas encore son propre bureau politique. C’est donc une réunion de l’ancien Bureau politique de l'UDF qui s’est déroulée cette semaine, rue de l’Université …

 Le MoDem n’a effectivement pas de bureau politique, pas plus qu'il n'a de cadres politiques ou de dirigents "officiels" puisque les instances de ce mouvement ne sont "en principe" pas encore connues. En principe, seulement et juste pour le grand public, puisque pour les personnes bien informées, les choses sont tout autres…
En effet les 80 000 citoyens qui ont manifesté leur intention d'adhérer à ce mouvement sont, comme moi, loin de se douter que ce qui se joue dans les coulisses de l’UDF n’a rien de démocratique !"

La suite à lire sur son blog...

 
3. Frédéric L.N., pour une charte du MoDem

29a9ea14185e155f8440401c1a1c71a3.gifFrédéric L.N. publie sa proposition de charte pour le mouvement démocrate.

Ce texte est superbe. Très bien écrit, bien construit. Frédéric L.N. était conseiller de Bayrou lors de la présidentielle. Son texte se présente en six point. Voici le premier:

"La source de la démocratie, c'est la reconnaissance de l'égale valeur de chaque personne, de chaque citoyenne et citoyen. Le premier devoir de la collectivité est de permettre à chaque personne d'exercer sa liberté, aujourd'hui et demain.

Le Mouvement Démocrate, parti libre, rassemble des citoyennes et citoyens libres. Chacune et chacun est appelé à s'exprimer librement. Nul ne peut exprimer l'opinion de l'ensemble du Mouvement."

06 juillet 2007

L'"ouverture": un mensonge de Sarkozy validé par les médias

Combien de fois avez-vous entendu le mot « ouverture » depuis le 6 mai 2007 ? Des centaines de fois...

C’est le bourrage de crâne habituel. On répète un mot (ou une séquence filmée diffusée en boucle). Au bout d’un moment, ça fini par rentrer dans les crânes.

L’ouverture donc. Gros mensonge. On ne peut en vouloir à Nicolas Sarkozy de mentir : c’est son métier. En revanche, les médias ne sont pas dans leur rôle: ils devraient décrypter le discours du président de la République et non le reproduire sans recul.

Pourquoi l’ouverture est-elle un mensonge ?

1) Main mise sur le pouvoir

La soi disant ouverture vise à cacher la main mise totale de l’UMP sur tous les leviers du pouvoir : présidence de la République, gouvernement, Assemblée nationale, Sénat. Sans oublier, dans la société, des amitiés nombreuses parmi le patronat (du MEDEF à la CGPME), les médias et certains lobbys.

Bref, ce qui menace la France, c’est un étouffement progressif. L’UMP (seulement 31% au premier tour de la présidentielle) accapare tous les pouvoirs.

2) Démocratie du strapontin

Même si on est bien disposé à l’égard de Nicolas Sarkozy, on est obligé de noter que l’ouverture qu’il propose n’en est pas une.

Ainsi, il a offert une « place » à Fadela Amara. Mais c’est un strapontin. Elle est sous la tutelle de Christine Bouttin, dont tout le monde connaît l’ouverture d’esprit. Avec elle, Fadela aura-t-elle le droit de l'ouvrir?

Bernard Kouchner (photo) a un ministère entier, direz-vous ! Mais les Affaires étrangères sont le domaine réservé du chef de l’Etat. Ré-ser-vé! Ca veut dire pas touche. Donc, Kou-kouch’ panier.

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Jouyet, n’en parlons pas. Puisqu’il dépend de Kou-kouch’ qui dépend du chef de l’Etat, vous avez compris quel sera son degré d'action!

Jean-Marie Bockel dépend aussi de Kou-kouch’. Dites donc, le quai d’Orsay, c’est un nid à d’anciens socialistes ! Sarko veut les avoir à l’œil on dirait.

Voilà. Concrètement, l’ouverture c’est ça. Kouchner aura le droit d’être sur la photo à côté de Sarkozy quand ce dernier ira faire le beau devant Condolizza Rice.

Pour résumer, Sarkozy propose une démocratie du strapontin. Si tu te soumets à lui, tu as droit à un strapontin. Un joli siège éjectable. C'est très facile d'agir en citoyen libre quand on est assis sur un siège éjectable...

3) Dissoudre l'opposition

L'ouverture est un procédé bien peu démocratique.

La démocratie suppose qu'il y ait débat. Ce débat est censé se dérouler à l'Assemblée nationale.

En débauchant des membres de l'opposition, Nicolas Sarkozy sous-entend que l'opposition ne sert à rien. En effet, s'ils acceptent de travailler avec lui, c'est qu'ils sont d'accord sur l'essentiel. Et c'est que le PS est creux et vide, sans idées.

Le rêve de Nicolas Sarkozy est donc de dissoudre l'opposition. Rien à voir avec une quelconque ouverture.

4) Petits marchandages entre amis

Sarkozy a appelé Védrine. Védrine a refusé les Affaires étrangères, dis-t-on. Il a appelé Kouchner. Ce dernier a accepté.

Chacun sait qu’il y a un monde entre les idées de Védrine et celles de Kouchner, notamment sur le Moyen-Orient. Peu importe : ce qu’il fallait c’était un scalp de socialiste. Et comme le quai d’Orsay, ça ne se refuse pas, le scalp est tombé dans l'escarcelle de Sarko l'ouverture.

La carotte : voilà un des secret du sarkozysme (le deuxième étant bien sûr le bâton). Proposer un ministère, un secrétariat d’Etat, un poste dans un cabinet, un emploi, un stage rémunéré, une décoration… Sarkozy sait que tout homme est achetable. Surtout les vaniteux, qui estiment qu’on ne les reconnaît pas à leur juste valeur.

Avec les UDF ça a été du gâteau. Un UDF c’est volatile. Limite faux cul. Ça vire à gauche, à droite. Selon le vent (qui fait tourner les girouette, disait Edgar Faure). Un UDF c’est craintif. Ca craint le vent, justement. André Santini avait peur de ne pas être réélu député. Il tremblait de peur, Dédé. Donc, Dédé la tremblotte a lâché Bayrou le Don quichotte des beaux quartiers. Résultat : non seulement le Dédé  a été réélu les doigts dans le pif, mais il est ministre. Il a tout compris à l'ouverture. Malin le Dédé!

5) Au dessus des partis et des principes

Pour parler d’ouverture, il aurait fallu que Nicolas Sarkozy annonce sa volonté d’ouvrir, comme l’a fait Bayrou.

Il aurait fallu que les accords qu’il a passés avec des personnes se fassent avec l’aval de leurs partis respectifs (ou tout du moins pas en total désaccord avec eux).

Là, rien de tout cela. Ce sont des débauchages. Le Parti socialiste est cocufié en beauté. Tant pis pour lui, direz-vous ! Tant mieux, même. Ca l'obligera à bouger...

(photo: source

28 juin 2007

Politique quelques liens

Cinq liens, extraits de mon twitter, qui compte maintenant 7 "followers":

1. L'Etat rachète 4,5 fois plus cher un immeuble qu'il avait vendu en 2003. Scandaleux! Au fait, qui est ministre de l'Economie? (source)

2. Le microblog de Ségolène Royal, sous Frazr.

3. Sarkozy prend de la hauteur (photo humoristique)

4. Une Lang chez Bayrou. Valéry, fille de Jack, adhère au MoDem. (source)

5. Fabius balance quelques scuds sur Royal. La routine. (source)

19 juin 2007

Respecter la vie privée de Ségolène Royal

Ségolène Royal et François Hollande se séparent. Très officiellement. Mme Royal a décidé de l'annoncer à la presse. L'histoire s'arrête là. Et il faut qu'elle s'arrête là.

Malheureusement, les curiosités malsaines ne se contenteront pas de ça. Des scoops se préparent. La crado-blogosphère bruit déjà de ces pseudos révélations étayées sur aucune source sérieuse.

Il est important que le privé reste privé. La personnalisation de la politique a déjà fait trop de dégats. Sans ce phénomène, nous n'aurions peut-être pas eu à subir Nicolas Sarkozy au pouvoir pendant cinq ans. Nicolas Sarkozy a imposé son image grâce aux médias. L'homme qui pose en Une de Paris Match, Gala et Le Point est "sympa". Plus que le premier flic de France. Le "peuple" aime ça. Les cons adorent.

Personnaliser la politique participe de la dépolitisation. On s'intéresse aux personnalités politiques. On psychologise le débat. Cela permet de masquer la réalité politico économique, qui est beaucoup moins sexy que Ségolène Royal en bikini à la Une de Voici. Et moins "sympa" que François Fillon courant comme un caniche à côté du président de la République...

Respecter la vie privée des hommes politiques, c'est se cantonner dans le domaine froid et sérieux de la raison. Un domaine intéressant, si on s'en donne la peine. Pour ceux qui ne le peuvent pas, il reste toujours les seins de Paris Hilton...

Lire aussi

  • le blog d'une cloporte montre comment la presse a utilisé la séparation Royal-Hollande pour occulter le couac de l'UMP aux législatives.

11 juin 2007

La droite ne s'abstient pas d'être de droite

Le site "manif de droite" a prévu quelques slogans pour cet après midi, 16 h, place Saint-André-des-Arts:

Beau! grand! notre président!
Etre riche, c'est inné, pas acquis
Ecologie, démagogie
Il est interdit d'interdire d'interdire
Le bouclier fiscal, c'est vraiment pas mal
Liberation, piège à cons
Moins de solidarité, plus d'écrans à coins carrés
Nous sommes tous des américains
SDF, rentrez chez vous !

  • Ca se présente bien pour Jean Tibéri dans la 2ème circonscription. Jean Tibéri (UMP) 43,30% contre Lyne Cohen-Solal (PS) 27,70%

  • Résultats des candidats du Parti pour la décroissance:

Bruno Clémentin 2ème circonscription de la Loire 0,48 % 126 voix
Yves Scaviner 1ère circonscription de la Loire  0,26 % 96 voix
Serge Sonnino 4ème circonscription du Haut-Rhin 0,24 % 93 voix
Abdelhak-Salih Branki 14ème circonscription de Paris  ?
Jean-Luc Coudray 1ère circonscription de la Gironde 0,72 % 365 voix
Boris Coquard 2ème circonscription de la Dordogne 0,48 % 248 voix
Julien Gonzalez 2ème circonscription de la Nièvre 0,54 % 198 voix
Stéphane Madelaine 7ème circonscription de Seine-Maritime 0,51 % 170 voix
Jean-Pierre Frick 2ème circonscription du Haut-Rhin 2,71 % 1 141 voix (un véritable carton !)

Le meilleur candidat de la décroissance s'appelle Frick...

10 juin 2007

Bravo François Fillon et au revoir

8f26871469ab324cb6d134b2a96a55b3.jpgFrançois Fillon a été réélu député. Croyez-vous qu'il va siéger à l'Assemblée? Non: son suppléant occupera son fauteuil. Et dans ce cas, pourquoi les sarthois ont voté pour lui?

08 juin 2007

Nicolas Sarkozy et les médias: je te tiens, tu me tiens...

Nicolas Sarkozy tient-il les médias? Ou est-ce le contraire? Je te tiens, tu me tiens... La chanson est connue. Acrimed nous explique que les grands médias avaient tout intérêt à soutenir le programme libéral de Nicolas Sarkozy...

Acrimed revient sur les rapport entre Nicolas Sarkozy et les médias. Un énième chapitre d'une longue histoire, pleine de yachts, de poignées de mains affables et de bottes scrupuleusement léchées...

Le thème est abondamment traité, souligne le site de critique des médias. Le Monde diplomatique , le premier, sonné la charge en septembre dernier avec "M. Sarkozy déjà courroné par les oligarques des médias".

Le Monde faux cul

Depuis, d'autres titres ont suivi. Le Monde a publié un éditorial, le 4 mai, appelant à voter pour Ségolène Royal. Un édito que j'ai trouvé particulièrement faux cul, dans la mesure où, pendant des mois, Le Monde a fait campagne pour Nicolas Sarkozy. Cela n'a pas empêché Jean-Marie Colombani d'écrire: "la qualité de la relation que Nicolas Sarkozy entretient avec Martin Bouygues, Arnaud Lagardère ou Serge Dassault est la marque d’une puissance potentielle dans les médias qui appelle une vigilance de tous les instants. "

L'Express hypocrite

La semaine dernière, c'était L'Express qui posait hypocritement la question: Sarkozy tient-il les médias? La réponse ne fait pas de doute de la part d'un hebdo qui a régulièrement mis Nicolas Sarkozy en Une, et jamais pour en dire du mal!

Je rejoins totalement Acrimed lorsqu'il écrit qu'il ne faut pas se laisser abuser par le caractère personnel des relations de Nicolas Sarkozy avec les patrons de presse. Ce qui importe, ce ne sont pas les hommes, mais le système qu'ils soutiennent.

Porte parole de leurs intérêts

Ainsi, Grégory Rzepski écrit: Les entreprises de médias "sont en effet, des propagandistes de la financiarisation et de la mondialisation capitalistes dont elles bénéficient ou dont elles cherchent à tirer les bénéfices. Pour elles, le programme libéral de Nicolas Sarkozy en fait l’homme de la situation. Il est le porte-parole de leurs intérêts. Elles sont le relais de ses projets. Rappelons qu’à la fin de l’année 2000, la capitalisation cumulée en bourse de TF1, Canal + et M6 était supérieure à celle des groupes automobiles français".

Plutôt que de dire "Nicolas Sarkozy tient les médias" ou "les médias tiennent Nicolas Sarkozy", disons plutôt: "je te tiens, tu me tiens par la barbichette".

Est-ce pour cela que le patron de Libération, Laurent Joffrin, dont les éditos favorables à Nicolas Sarkozy font oublier que son journal est de gauche, est un sympathique barbichu?

31 mai 2007

Hortefeux watch

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Brice Hortefeux est "notre" ministre de l'Immigration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement  (selon le décret du 18 mai 2007). Des association sont très vigilantes, voire inquiètes, vis-à-vis de ce nouveau ministère. Les blogueurs ont placé un "Hortefeux watch" sur cet homme aux fonctions étendues.

Ce ministère est inédit. Il n'a pas encore de site Internet dédié, contrairement aux autres ministères. Il y a fort à parier qu'il n'en aura pas avant les législatives. Donc, peu d'infos...

Ce ministère est important: M. Hortefeux est le n°6 du gouvernement.

Explorons le "blog" de Brice Hortefeux. C'est un site qui ne nous apprends rien. Le CV n'est pas mis à jour. Sera-t-il encore ministre après les législatives? Qui vivra verra...

Dans les médias, le ministre se fait discret. "Le Monde", journal de "référence", l'a quasiment zappé. On le voit "pragmatique", sur le site de cette chaîne de TV proche du pouvoir.

Mais ce ministre pas comme les autres est très observé. Les ONG, des chercheurs et les pays étrangers sont concernés. Voire inquiets.

1. Huit universitaires ont démissionné de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI). "Il n'est pas dans le rôle d'un Etat démocratique de définir l'identité. Associer 'immigration' et 'identité nationale' dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République", explique un de ces universitaires. Le gouvernement a tenté d'empêcher ces démissions.

2. Selon Jean Baubérot "l'identité nationale ne doit pas être liée à l'immigration". Ce docteur en Histoire réfléchit aux question de laïcité.

3. Six journalistes africains réagissent:

  • « Vu d’Afrique, c’est une création qui fait peur... »;
  • « Une nouvelle façon de diviser la France en deux »;
  • « Une trouvaille contre les Africains »;
  • « C’est tout à fait normal de la part d’un opportuniste comme lui »;
  • « Ce sont deux concepts qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre »;
  • « C’est quoi cette identité nationale ? »

4. En Algérie, on s'oppose à la proposition d'aide au retour faite par Brice Hortefeux. "Gardez vos 6 000 euros, M. Hortefeux", titre le journal "Liberté", repris par "Courrier international". Ca rappelle les mesures prises par Giscard dans les années 70. Bonjour la rupture!

5. Enfin, dix associations ont adressé une lettre ouverte à Brice Hortefeux. Parmi elles, AMNESTY International, CIMADE,  La Ligue des Droits de l'Homme, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la Magistrature et le MRAP. L'objet de cette lettre: "la France condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme parce qu’elle ne respecte pas ses obligations en matière de droit à des recours suspensifs". "la France continue de violer de façon délibérée et répétée la Convention européenne, en s’empressant de renvoyer les demandeurs d’asile d’où ils viennent avant qu’ils ne passent devant le juge -parfois avant même leur placement en zone d’attente (à la suite de contrôles dits « passerelles »)-, en éloignant des étrangers malades ou ceux invoquant des menaces, avant toute décision juridictionnelle.", inquident les signataires de la lettre.

La nomination de Brice Hortefeux a aussi été signalée sur Internet. Un buzz inédit pour celui qui est surnommé "le porte-flingue de Nicolas Sarkozy" (voir le diagramme ci dessous). La vigilance s'impose: d'ores et déjà beaucoup ont mis en place un "Hortefeux watch"...

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(Crédit Photo : TF1/LCI/Christophe Chevalin)

 

23 mai 2007

Lenteur

02f17496574256fff553934b7e4ed9d6.jpg"Slow is beautifull" titre Newsweek. Un numéro spécial voyage qui conseille de prendre son temps. En effet, de plus en plus de gens voyagent autrement: plus lentement, sans programme établi, en débranchant les téléphones portables.
Alors que les Américains découvrent les joies de la lenteur, les Français votent pour "travailler plus pour gagner plus". Etrange inversion des valeurs...

Nicolas Sarkozy voyage en coup de vent. Falcon + yacht: trois jours et les vacances sont pliées. Retour en France: jogging avec Fillon. Puis aller retour pour saluer Angela Merkel. Bref, l'agitation permanente. Pour quels résultats?

Bouger, ça ne fait pas une politique. Tout mouvement n'est pas utile.

Il faut distinguer entre une "juste mobilité" et une "fausse mobilisation", écrit Peter Sloterdijk dans la Mobilisation infinie. Il a observé, comme d'autres, que nos société vivent dans l'urgence, le zapping. Pour Nicolas Sarkozy, ce zapping est une façon de faire adhérer les citoyens à sa politique. Une façon de mimer l'action, au lieu d'agir vraiment. Et de dissimuler l'essentiel.

Sortir du rythme fou de l'actu

Le journal L'Humanité a choisi de ne pas "s'embraquer dans le train fou de cette propagande." Ainsi, hier il publiait un dossier sur "l'économie de l'immatériel", qui étudie la stratégie du gouvernement en matière d'économie numérique, culture, etc. (télécharger le rapport sur "l'économie de l'immatériel" en Pdf).

Et si la lenteur était l'arme fatale contre "Sarko speed"?

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