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  • République des blogs: conviviale, militante et médiatique

    Ce que je retiens de la République des blogs, soirée initiée par Versac. Trois choses principalement :

     

    • La convivialité. L’événement est organisé sans qu’on s’aperçoive que ça l'est. On vient au Pavillon Baltard (Paris) prendre un verre et il y a une centaine de blogueurs, des journalistes, des caméras ainsi que Bayrou et Voynet en (rase) campagne. On discute sur un pied d’égalité avec (presque) tout le monde. On passe d’un groupe à l’autre comme sur internet : double clic, déplacer-glisser et on se retrouve au bar.

    • Le militantisme. Presque tous les blogueurs (sauf moi !) soutiennent un candidat, ont la carte d’un parti. Je n’ai pas fait un sondage, mais ça semblait la norme. Et ils sont venus aussi pour observer ce qui se dit et se fait dans l’autre camp.

    • La médiatisation. Les caméras étaient très (certains disent trop) présentes. Il y avait TF1, Canal+ et quelques petites chaînes ainsi que des vidéastes qui diffusent sur le net. J’ai dit tellement de bêtises pendant cette soirée que j’ai un peu peur qu’une caméra m’ait filmé. D’autres, qui craignent les objectifs, ne sont pas venus...

    En arrivant, j’ai discuté avec un blogueur sarkozyste et un blogueur ségoliste. L’un anime Sarkozy 2007 et l’autre Ségonordic. Deux blogs très pointus.

     

    « Sarkozy 2007 est un des premiers sites sur Nicolas Sarkozy. Je suis un militant UMP. Je veux participer à la campagne. J’ai décidé de me lancer dès 2005 pour être bien référencé », explique son animateur.

     
    Aujourd’hui il est dans les 100 premiers de bonvote.com. Il rassemble tous les discours de Nicolas Sarkozy. Il contient également des vidéos (Sarko TV). « Je reçois beaucoup de réactions par mail. L’activité sur le forum est bonne. » Il déplore que les blogs UMP soient pas assez actifs. « Les gens les ouvrent et ensuite ils les alimentent peu. » Il m'a annoncé qu'il allait interviewer Patrick Devedjian.

     

     

    Elkabbach est dans la place

    Ségonordic est consacré à Ségolène Royal et au modèle suédois et d'Europe du Nord. Le titre Segonordic ou Gonordisk a des allures de code secret. Ce site est très fréquenté. Il est dans les 15 premiers sites politiques d’over-blog, première plateforme française.

     

    Son animateur raconte: "J'interviens également sur désirs d'avenir, le forum participatif de Ségolène Royal.  Plusieurs de mes contributions  ont été  retenues  dans  la synthèse publiée sur le site.  C'est intéressant de participer à l'élaboration du projet."

     

    Ces deux blogueurs ont discuté longuement avec moi. A un moment, j’ai lancé le nom d’Elkabbach, pour rappeler une interview récente de Nicolas Sarkozy. Et Jean-Pierre Elkabbach est entré au Pavillon Baltard. Cette coïncidence nous a fait rire.

     

     

    Grébert, journaliste militant

    J’ai rencontré Christophe Grébert (Monputeaux). Le mec le plus sympa de la soirée. Il se définit comme un « journaliste local et militant ». Il est militant PS et journaliste radio. Il m'a dit qu'il a déjà consulté mon blog. Ce qui m'a surpris et amusé.

     

    « Mes sources d’informations, ce sont principalement les habitants. Ils m’informe de ce qui arrive à Puteaux.». L’autre source, c’est les informations officielles de la mairie. Grébert estime que les blogs locaux vont se développer. A Puteaux notamment, plusieurs blogs se sont ouverts. Mais méfiez-vous des contrefaçons!

     

    medium_voynet.JPGJ’ai discuté avec François Bayrou (voir billet précédent). Pas avec Dominique Voynet. J'ai le sentiment qu'elle était surtout là pour répondre aux grands médias. Bayrou, lui, visait les deux: médias et blogueurs.

     

     

    Loïc ?

    J’ai aussi vu deux blogueurs qui m’ont reconnu et appelé par mon prénom sans m'avoir jamais rencontré avant (ils ont vu la photo du blog) : Gilles Klein (Le Phare), un des gourous de l'internet français et Farid Taha. Ce dernier commente chez Guy Birenbaum. Précision importante. Et d'ailleurs c'était le première question à poser, ce soir-là: "chez qui tu commentes?" Moi, comme Farid, c'est chez Guy, mais aussi chez Daniel (Schneidermann), Nicolas (Partageons mon avis), Bertrand(Valparaiso blog) et Olivier (Plume de Presse)...

     

    Puis j’ai pu approcher deux participants du Monde Citoyen : Carlo Revelli (Agoravox) et Adam Kesher. Nous avons discuté avec Delphine, animatrice du site petitesphrases.com. J'ai aussi parlé avec un blogueur qui se fait appeler bougakof.

     

    Discussion intéressante avec Laurent Guerby à propos des médias. Il ne lit plus la presse papier, n'a pas de télé. Il s'informe beaucoup sur le net. Il reste fidèle au Canard enchaîné. Il trouve que les médias ne parlent pas d'un sujet intéressant: la précarisation des journalistes. Comme tu as raison, Laurent!

     

    J’ai pris quelqu’un pour Loïc Le Meur. Je lui ai dit trois fois : « Vous êtes Loïc ? » Il l’a assez mal pris, non pas d’être pris pour Loïc Le Meur, mais de ne pas être reconnu. Je te prie de m’excuser(je tairai ton nom, pour éviter d'en rajouter), si par hasard tu lis ces lignes…

     

     

    (photo: Dominique Voynet interviewée pour Campanet, une émission de Canal+)

  • François Bayrou: "Il y a une crise dans les médias"

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    « Oui, il y a une crise dans les médias ». C’est ce que m’a confié François Bayrou lors de la République des blogs, cette soirée organisée par le blogueur Versac. Une centaine de blogueurs étaient présents.

     

    J’ai demandé à François Bayrou : « J’ai un blog qui s’appelle crise dans les médias. Est-ce que vous pensez qu’il y a une crise dans les médias ? »

     

    « Oui, il y a une crise dans les médias », a-t-il répondu. « Pour deux raisons. La première est financière. La deuxième est due à la concentration dans les grands groupes. Le pouvoir est concentré et verrouillé. » Après cette déclaration, Bayrou, qui partait, m’a serré la main. Je sens qu’on a frôlé la connivence !!

     

     

    Prendre le pouvoir

    Plus tôt dans la soirée, je me suis incrusté gentiment dans une conversation que Bayrou avait avec une journaliste de France Info, micro en main, et avec Thierry Crouzet, blogueur influent (voir photo).

     

    François (à la République des blogs on s’appelle par son prénom !) parlait de son amour d’Internet. Et il répétait « Il faut que les gens prennent le pouvoir »… « Les gens veulent prendre le pouvoir »… Et je pensais : « moi aussi je prendrais bien le pouvoir, c’est-à-dire la parole ».

     

    Tout en l’écoutant, je me torturais pour trouver une question, si possible pas trop con. Et Bayrou disait : « c’est passionnant les wiki, les blogs, la participation des gens sur les forums ». La journaliste de France Info lui a demandé quel blogueur il lisait. Il a répondu : « Versac et d’autres bien sûr… »

     

    Et c’est là que j’ai saisi la balle au bond en lui lançant une question que je croyais vacharde mais qui ne l’était pas : « Et est-ce que vous pensez utiliser la logique du wiki pour élaborer votre programme ? » Ca ne l’a pas du tout déstabilisé : « Si cela consiste à dire aux gens : « dites-moi ce que vous voulez et je le ferai », ce n’est pas une bonne façon de faire. En revanche, j’utilise les blogs et internet pour tester des idées. »

     

    François Bayrou est allé volontiers à la rencontre des blogueurs. Bref, on pourrait dire qu’il a conquis son public. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. En effet, la plupart des gens étaient des militants. Blogueur UMP, PS ou UDF, ils ont fait leur choix.

     

    Dominique Voynet était également présente. Je parlerai plus amplement de cette soirée dans mon prochain billet. La soirée avait lieu au Pavillon Baltard, à Paris.

  • Chirac m'écrit

    Chirac m’écrit. Un mail arrivé hier après-midi. Il répond à une question posée il y a un mois sur le site de l’Elysée : « Quel livre lisez-vous actuellement et quels sont vos auteurs préférés ? ».

     

    Voici la réponse, signée de Gérard Marchand, Chef adjoint de Cabinet de Chirac :

     

    Cher Monsieur,

    Le Président de la République a bien reçu le message que vous avez souhaité lui faire parvenir sur le site Internet de l'Elysée. Monsieur Jacques CHIRAC, très touché de l'intérêt que vous lui témoignez, m'a confié le soin de vous en remercier chaleureusement. Je puis vous préciser que le Chef de l'Etat apprécie les auteurs français dont la qualité et l'originalité d'écriture contribuent à la renommée de notre littérature dans le monde entier.

     

    Bien cordialement.

     

    Le Chef adjoint de Cabinet

    Gérard MARCHAND

     

     

    J’ai décidé d’écrire à Jacques Chirac après un débat lancé sur RTL.

    « Impossible d’interviewer le chef de l’Etat si on ne s’appelle pas PPDA ou Pujadas », remarquait un journaliste. « On peut lui envoyer un mail » avait répondu Philippe Val, patron de Charlie Hebdo.

     

    Que pensez-vous de la réponse de Gérard Marchand ?

    medium_Chirac_m_ecrit.JPG

     

  • Portrait d'un décroissant

    Hercule V. est dans sa salle de bain. Il passe un savon d’Alep sous l’eau pour le faire mousser. Il étale la mousse sur ses joues et se rase. Une fois rasé, il passe dans la cuisine où sa femme et ses deux enfants sont déjà installés. Il est 7 h 30. Un bol de chicorée, des tartines et il attrape sa sacoche. Au revoir à la famille. Direction la gare. Temps clément : la journée commence bien pour ce professeur de mathématique adepte de la décroissance.


    Comment reconnaître un décroissant ? A de petits détails. Remplacer la bombe de mousse à raser par du savon d’Alep, le café par de la chicorée, la voiture par le train. Autant de gestes qui ont pour but de préserver l’environnement.

    Consommer moins

    La décroissance, c’est aussi et avant tout consommer moins. « Nous n’utilisons la voiture qu’une fois par semaine depuis que nous vivons dans le centre ville de Bourges (Cher). Personnellement, je n’ai pas de téléphone portable. J’achète très peu de choses, à part des livres. »

    Des livres traitant de décroissance, mais pas seulement. Des revues alternatives : La décroissance, CQFD, L’écologiste, Le Monde diplomatique, Silence, Sortir du nucléaire, L’age de faire, Plan B, Offensive libertaire… Il consulte aussi des sites Internet : décroissance.org et décroissance.info.

    C’est en lisant ces revues qu’il a commencé à s’intéresser au sujet, il y a trois ans. Depuis, son mode de vie a changé. « Bien sûr, on est toujours obligés de faire des compromis. On vit dans l'instant présent. On s’adapte en changeant de petites choses. »

    S’il choisit la chicorée, c’est qu’elle est produite en France. Elle nécessite de moins longs transports que le café de Colombie ou d’Ethiopie. Pour les légumes aussi, il favorise les producteurs locaux. Moins d’énergie consommée en transport, cela réduit d’autant l’impact sur l’environnement.

    D’autres achats décroissants : le savon de Marseille au lieu de gel douche. En place de lessive, des noix de lavages. Il avait une chaîne hifi. Tombée en panne, il l’a remplacée par un vieux poste de radio.

    Rencontrer des militants

    Hercule est militant. « Je suis convaincu de la nécessité de la décroissance. Si l’on continue ainsi, notamment avec l’émergence de pays comme la Chine, il n’y aura bientôt plus de ressources pour tous le monde. Je suis très inquiet pour l’avenir de mes enfants. »

    Il était à Saint-Nolff (Morbihan) du 7 au 9 juillet dernier. Ces journées de réflexion ont réuni 400 personnes venues de France et de Belgique. Tous se disent « objecteurs de croissance » ou adeptes de la décroissance. « Grâce à ces rencontres, je me suis aperçu que je n’étais pas le seul à avoir ces idées. »

    Hercule anime un blog depuis octobre 2005 avec des amis. Ensemble, ils s’appellent le groupe de décroisseurs berrichons. Un petit groupe, en fait, dont les membres se comptent sur les doigts d’une main. Mais un groupe actif. Ils communiquent grâce à leur blog et en participant à des manifestations.

    Décroissance / développement durable

    La différence entre développement durable et décroissance ? Voici ce qu’en dit le site décroissance.info : « Ces deux notions peuvent paraître proches mais elles sont radicalement opposées... En quelques mots on peut dire que le ’développement durable’ cherche à concilier croissance économique et respect de l’environnement alors que la ’décroissance’ considère que la croissance économique est un des principaux facteurs de la destruction de notre environnement. »

    Parler de la décroissance à ses élèves ? Hercule ne l’envisage pas pour l’instant. « En tant que prof de math, ce n’est pas mon rôle. Organiser une animation avec un collègue de science, peut-être, à l’avenir. » Pour lui et sa famille, la décroissance est un engagement personnel. Une façon de préparer l’avenir.

     

    Le concept de décroissance est utilisé pour contester l'idée selon laquelle la croissance économique initiée à la révolution industrielle pourrait être durable, en raison notamment de la raréfaction des ressources naturelles et des dommages sur l'environnement, le climat et les écosystèmes qu'elle engendre.

    L'origine de ce concept et des théories qui l'accompagnent repose sur le constat que les indicateurs économiques tels que le PIB n'évaluent pas le coût environnemental de l'exploitation des ressources naturelles, et ne prennent pas en compte la finitude des quantités de ressources non-renouvelables (pétrole, minerais). Ce concept a acquis une certaine notoriété dans le cadre de la crise pétrolière ou du réchauffement climatique du début du XXIe siècle. Sont concernés des chercheurs (notamment ceux qui étudient les question pétrolières) qui soutiennent l'idée d'une décroissance de la consommation énergétique.

     

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    Je publie également sur Instant présent.