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  • Faire la queue devant la BPI le dimanche

    pompidou.jpgUne des choses qu'il faut absoluement éviter le dimanche (si vous êtes dans la capitale, bien sûr) c'est de faire la queue devant la BPI (Bibliothèque publique d'information).

    Le mois dernier, je suis passé devant Beaubourg un dimanche. Et il y avait une queue pas possible devant la BPI. Temps d'attente estimé: 45 minutes. Il faisait un froid de canard. Donc, attendre là, en plein courant d'air, même si la BPI est la seule bibliothèque ouverte à Paris le dimanche, c'est stupide.

    Il m'est arrivé de faire la queue devant la BPI un dimanche. Au bout d'une demie heure, dans le froid, j'ai demandé "Pourquoi il y a tant de queue?" Et on m'a répondu: "On est en période de partiel. Les étudiants viennent bosser".

    Je suis passé devant cette foule et je me suis dirigé de l'autre côté du Centre Pompidou. C'est-à-dire vers l'entrée principale. Et, là, je suis entré sans faire la queue.

    Bon, attention, je ne suis pas en train de sous entendre qu'il faudrait faire entrer les visiteurs de la BPI par l'entrée du Centre Pompidou (comme ça se faisait avant, si je me souviens bien), pas plus que je ne suis en train de plaider pour le travail le dimanche. Non, laissons cela aux autres. La n'est pas la question.

    Je suis allé prendre un café à la cafétéria du Centre.

    Il n'y a jamais grand monde. Un serveur m'avait expliqué pourquoi, il y a 2 ans de cela: selon lui, les expos sont à chier depuis cinq ou six ans. Le public déserte! Il faut reconnaître qu'il a raison: depuis l'expo David Hockney, en 2000, on a surtout eu droit à des "prouesses de curateurs" plus ou moins avisés (des expos où on ne comprend rien).

    On ne va pas s'en plaindre. Ca permet de boire un café tranquille.

  • Les journalistes jugés peu indépendants du pouvoir

    Le traditionnel baromètre La Croix sur "la confiance dans les médias", est sorti hier (document Pdf).

    Il révèle que les Français (comme dit le Figaro) jugent les journalistes peu indépendant vis-à-vis du pouvoir et de l'argent. Ce sentiment s'accroît par rapport à 2008.

    61% des personnes interrogées estiment que les journalistes ne sont pas indépendants face aux "pressions des partis politiques et du pouvoir". Ce chiffre est en hausse de 4 points par rapport à la précédente vague du baromètre réalisée en janvier 2008.

    Les sondés sont 59% à juger que les journalistes ne sont pas indépendants face aux "pressions de l'argent", un chiffre en hausse de 5 points sur un an.

    Un autre point intéressant: les sujets dont les médias ont trop parlé ou pas assez.

    Les personnes interrogées estiment que les médias ont trop parlé de la grossesse de Rachida Dati, de Bienvenue chez les Ch'tis et de Ingrid Bettancourt.

    En revanche, les sujets dont ils n'ont pas assez parlé: le RSA (revenu de solidarité active), les sans abris et les SDF, et les émeutes de la faim dans les pays en voie de développement.

  • Après la télévision

    Dans son dernier livre, Après la démocratie, l'historien Emmanuel Todd évoque brièvement la télévision.

    Il retrace, sur le temps long, les progrès de l'alphabétisatisation, puis l'augmentation du nombre de diplômés, aux Etats-Unis, en France et dans différents pays. Il remarque une stagnation du niveau général, une sorte de blocage.

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  • Bush Bye Bye Party

    Le 19 janvier, George W. Bush quitte la maison blanche. Des fêtes s'organisent un peu partout dans le monde.

    Joseph Beuys disait: "la démocratie c'est drôle". Je me demande toujours ce qu'il a voulu dire.

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    Vu ici, via Cédric.
  • 10 conseils pour aider les médias à devenir numériques

    Passionnant, ce tour d'horizon des stratégies que pourraient (ou devraient) suivre les médias pour migrer vers le web _ lu chez Michelle Blanc.

    Intéressant notamment le deuxième conseil, qui concerne le journalisme de liens:

    "Si vous ne pouvez compétitionner avec ce qui se fait de mieux sur le Web, hyperliez-les. Les médias doivent se voir comme participant à une chaîne de contenus au lieu d’une destination finale. Les journalistes deviendront des filtres qui ont de l’influence et ajoute de la profondeur aux contenus. Le futur du journalisme est de vendre de l’expertise pas du contenu".

  • Frédéric Lefèvre bourdinisé

    En langage technique, ça s'appelle se faire bourdiniser. C'est très désagréable.

  • Deux journalistes refusent la légion d'honneur

    Françoise Fressoz (Le Monde) et Marie-Eve Malouines (France Info) figuraient sur une liste établie par Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat auprès du Premier ministre. Elles ont été surprises d'apprendre qu'elles allaient recevoir la légion d'honneur. Et elles l'ont refusée.

    Françoise Fressoz, chef du service politique du Monde: "Contrairement à l'usage, je n'ai été informée de rien avant la publication de cette liste, rien, dans mon parcours professionnel, ne justifie pareille distinction. Je pense en outre que, pour exercer librement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l'écart des honneurs. Pour ces raisons, je me vois dans l'obligation de refuser cette distinction".
    Marie-Eve Malouines, chef du service politique de France Info, fait elle aussi, dans un communiqué à l'AFP, part de son "grand étonnement" de trouver son nom parmi les promues.

    Comme disait Groucho Marx: "Je démissionerais d'un club qui m'accepterait comme membre.

    (Obs)

  • Crise de l'attention

    «J'ai depuis quelques années le sentiment inconfortable que quelqu'un ou quelque chose joue avec mon cerveau, redessinant la carte de mes circuits neuronaux, reprogrammant ma mémoire. Je ne perds pas la tête, pour autant que je puisse m'en rendre compte, mais elle change. Je le remarque surtout quand je lis. M'immerger dans un livre ou un long article m'était auparavant facile. Mon attention était accrochée par la narration ou la tournure d'un argument. Je passais des heures à me promener dans de grandes étendues de prose. Ce n'est plus le cas. Maintenant ma concentration s'effiloche au bout de deux ou trois pages. Je ne suis plus à mon affaire. Je perds le fil et pense à d'autres choses à faire. La lecture profonde qui m'était si naturelle est devenue une épreuve... Mon esprit attend maintenant de saisir l'information comme Internet la distribue: dans un courant rapide de particules. J'étais dans le passé un plongeur dans un océan de mots. Je glisse aujourd'hui à la surface comme un type sur un jet-ski.»

    Cette technologie-là, poursuit Nicholas Carr, affecte nos modes de cognition, encourageant à la lecture fragmentée, à la pensée dispersée, aux contenus accessibles dans l'instant, aux grandes étendues de connaissances, hélas plates comme des crêpes. Nous n'avons plus la patience de lire plus de trois paragraphes ou trois pages à la suite sans que notre attention soit distraite par un lien hypertexte, l'arrivée d'un e-mail, un bip ou un clic. L'esprit se déplace horizontalement à la surface du savoir et de l'information, perdant la verticalité de la lecture lente, celle de l'épaisseur culturelle, des associations d'idées, des intuitions, de l'interprétation et non du simple décodage d'informations instantanées.

    Un moteur de recherche comme Google, conclut Nicholas Carr, n'encourage pas à la lecture lente et concentrée. Au contraire: plus nous naviguons vite parmi les mille milliards de pages que compte désormais le Web, plus un moteur comme Google peut en savoir plus sur nos habitudes en matière d'information, nos comportements, nos goûts. Il est dans son intérêt, à lui qui mesure tout, de nous encourager à la distraction, à l'attention flottante, à la lecture courte. Et plus Google se rapproche de son but ultime, s'imposer comme une vraie intelligence artificielle, plus la nôtre s'aplatit et s'appauvrit.

    (source: Le Temps)