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  • Mes trois premiers billets

    Nicolas me transmet cette chaîne de blog: parler des trois premiers billets de son blog.

    C'était en octobre 2005. Mon premier billet concerne la décroissance, c'est une critique d'un article du Monde. Un billet très long, à l'époque j'écrivais un article par semaine et je prenais pas mal de temps pour l'écrire. Et finalement ce n'est pas du temps perdu, parce que c'est un des articles qui a attiré le plus de visiteurs pendant toutes ces années.

    Le deuxième billetest une petite composition à partir d'une interview de Peter Sloterdijk.

    Le troisième billet porte sur les stagiaires dans le journalisme. Ce qui est amusant, c'est que ce billet a été commenté par la journaliste auteure de l'article du Monde qui j'avais critiqué dans mon premier billet. Il se trouve que c'était une stagiaire. C'est avec ce billet que je me suis aperçu que le blog pouvait avoir une capacité étonnante à être lu par la bonne personne.

    Je passe le relais à Hervé, Gael, Achille, Poireau et Donatien.

  • Quelques outils pour 'bidouiller' le web

    couteau-suisse.jpgC'est à lire chez cet "apprenti geek", qui répond longuement à un de mes commentaires. Un article un peu ardu, mais roboratif.

    C'est un élément à ajouter dans la case "convivialité". La convivialité, au sens d'Ivan Illich est une réflexion sur les outils dont nous nous servons:

    "L'outil convivial est maîtrisé par l'homme et lui permet de façonner le monde au gré de son intention, de son imagination et de sa créativité. C'est un outil qui rend autonome et qui rend "capable de se charger de sens en chargeant le monde de signes". C'est donc un outil avec lequel travailler et non un outil qui travaille à la place de l'homme. A l'inverse l'outil non-convivial le domine et le façonne".

    A relire: Quand la technique devient contre productive

  • Le monde sans explication ou la vexation du journaliste

    globe_terrestre.jpgAvec l'avènement des médias sociaux, la fonction de médiation des journalistes est remise en cause. Ils fournissaient une explication du monde, mais leur position est menacée. Ils subissent une vexation existencielle: et si on n'avait plus besoin d'eux?

    Sur Internet, il est impossible de tout voir, de tout connaître. Là où je suis, je ne peux pas avoir une carte complète du web. J'habite dans tel lieu, je possède tels codes sociaux, je connais telles personnes: au-delà c'est l'inconnu.

    En lisant le journal Le Monde (et d'autres), nous avons, au contraire, l'illusionde tenir le monde entre nos mains. Le monde décrypté, expliqué, « désensauvagé ». L'expertise des journalistes, la confiance que nous avons en eux, suffisent à créer cette illusion _ qui est plus qu'une illusion.

    Aujourd'hui, avec l'avènement des médias en relation directe avec le public, c'est cette vision du monde qui vole en éclats.

    Médias directs

    Avec Twitter, par exemple, une institution, une célébrité ou un média s'adresse directement à moi. Je sélectionne des sources, des flux, des lieux de rencontre virtuels. Et c'est cela, finalement, qui compose ma vision du monde _ mais impossible de la tenir entre mes mains, comme un journal.

    Au point où nous en sommes, il est difficile de dire si le modèle classique du journal va disparaître au profit de plateformes accueillant la multiplicité des voix, comme c'est le cas sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, etc.)

    Ce qui est certain, c'est qu'Internet a bouleversé le paysage. Les intermédiaires, que sont les journalistes, sont déstabilisés.

     La vexation du journaliste

    Les journalistes avaient pour fonction de nous expliquer le monde. Aujourd'hui, il subissent une vexation, un peu semblable aux trois vexations dont parle Freud,  la vexation cosmologique de Copernic, qui a laissé rouler la Terre hors du centre de l’univers ; la vexation de l’évolutionnisme biologique de Darwin, qui fit des hommes des cousins et des cousines des primates ; et la vexation psychanalytique de Freud lui-même, qui ôta aux sujets bourgeois l’illusion que leur Moi serait maître chez lui. (source: Multitudes)

    De fait, la hiérarchie de l'information est modifiée: ce ne sont plus les journalistes qui la définissent, c'est le public.

    La question qu'on se pose, c'est: « a-t-on besoin d'une explication globale du monde, comme nous la proposaient les journaux, et si on perd cela quel est le risque ou plutôt quelles sont les perspectives nouvelles qui s'offrent à nous? »

    photo: source

  • Commentaires et modération sur les sites d'information

    Il y a quelques jours, nous parlions de la modération des commentaires sur les sites d'information. Et on relevait que le récent décret était un peu flou.

    Plusieurs articles sont parus sur le sujet. Or, il semblerait que ce soit un peu plus clair. Les éditeurs de site d'information sont tenus de modérer a posteriori, si un contenu illicite est signalé. Selon Libération, "l’éditeur de presse en ligne devra « permettre à toute personne de signaler la présence de contenus illicites et à l’éditeur de les retirer promptement ou d’en rendre l’accès impossible ». Une mesure déjà observée, a minima, par les sites susceptibles de demander le statut d’éditeur de presse en ligne".

    A lire ailleurs:

    Tout d'abord, une réflexion juridique sur les conditions de publication de décret:

    Le régime de la presse en ligne n'est pas affaire de décret (Sfadj)

    Et ce qui constitue le point important du décret: la création d'un statut pour les sites de presse en ligne

    Le statut d'éditeur de presse en ligne est créé (Rue89)

    La presse en ligne a (enfin) un statut (Mediapart)

  • Presse en crise: quelques liens

  • Le personal branding et la construction de l'employabilité

    On parle beaucoup de personal branding ces derniers temps dans les médias. On se souvient notamment de l'article de M. Arrington (techcrunch) disant que les journalistes sont devenu des marques.

    Le personal branding est lié à l'employabilité, autre notion un peu barbare, qui désigne la capacité d'un individu à être employable. Il est individuel. Enfin, c'est une construction: chacun doit construire son image...

    Quelques réflexions que vous pourrez poursuivre en regardant les liens dans cette perle  personal branding :

    1. Réputation. Le personal branding est une question de réputation et de e-réputation. Comment votre nom apparait-il? A quoi est-il associé? Quelle réputation est-elle associée à cette marque personnelle?

    2. Marque, produit, clients, marché. C'est l'évidence: le personal branding appartient au vocabulaire du marketing. A chacun d'en tirer des conclusions. Notamment, si vous souhaitez élaborer un argumentaire, vous devez le faire pour une cible précise.

    3. Individualisme. Le personal branding est personnel, comme son nom l'indique. Il implique une société individualiste, où chacun doit vendre sa force de travail, son talent, son temps et surtout où chacun doit mobiliser son capital humain. Le capital humain c'est l'ensemble de nos connaissances, mais aussi l'ensemble de nos capacités à agir (le savoir être). Ce capital est un potentiel à exploiter.

    4. Employabilité. Personal branding et employabilité sont liés, me semble-t-il. Il est cantonné au domaine professionnel. Houellebecq, et son extension du domaine de la lutte, nous dirait peut-être que cela va bien au-delà de ce domaine...

    5. Totalité, cohérence. La marque personnelle est un ensemble de signes, une totalité. Chaque action que je mène, chaque signe que je rends visible sur la scène du théâtre social, compose la marque personnelle. Le résultat est cette totalité complexe. Complexe, mais cohérente.

    6. Mise à distance. Enfin, je pense qu'il est nécessaire de mettre à distance la notion de marque personnelle. La marque n'est pas moi. Tout comme les philosophies orientales nous disent que l'ego n'existe pas en définitive, la marque n'est rien de tangible. C'est juste une construction.

    PS: merci à Fadhila Brahimi, du blog du personal branding, pour sa relecture attentive de ce billet et ses remarques aimables. Elle estime notamment, concernant le point n°3, qu'il y a aussi le phénomène de construction d'un réseau qui intervient. Cela tempère sérieusement l'individualisme de la démarche.