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  • Commentaires illicites sur les sites d'information: un décret aux contours flous

    Un décret vient d'être publié, le 29 octobre dernier, signé notamment par le premier ministre et le ministre de la culture.

    Ce décret concerne les sites d'information sur Internet. Il contient dans son article 1, un point qui fait débat:

    "Sur les espaces de contribution personnelle des internautes, l'éditeur met en œuvre les dispositifs appropriés de lutte contre les contenus illicites. Ces dispositifs doivent permettre à toute personne de signaler la présence de tels contenus et à l'éditeur de les retirer promptement ou d'en rendre l'accès impossible."

    Certains s'interrogent sur le sens à donner à cet article. Quels "dispositifs" l'éditeur doit-il "mettre en oeuvre"? Et qu'est-ce qu'un contenu illicite?

    Notons, par exemple, que le site Numérama répond à PC Inpact, au sujet de l'interprétation à donner du texte.

    Personnellement, j'attends d'en savoir plus et je pense qu'on en reparlera. Si vous en savez plus, merci de commenter!

    Pour l'instant, vous pouvez lire ces trois articles:

    Sur l'article en question, le site PC inpact estime:la presse en ligne doit modérer tous les commentaires illicites:

    "Le décret ciblant la presse en ligne, les "espaces de contribution personnelle des internautes" sont donc les commentaires et les forums principalement. Et le décret spécifie que l'éditeur doit "retirer promptement" ou "rendre l'accès impossible" aux contenus illicites.

    Or la notion de contenu illicite est floue. Touchant au droit de la presse, cela concerne toutes les infractions commises dans ce secteur, avec en particulier la diffamation. Il est à rappeler que dans le statut relatif aux hébergeurs de contenus (LCEN), seuls les contenus manifestement illicites doivent être supprimés promptement. Or ici, le « manifestement illicite » de la LCEN a disparu, ce qui implique que l’éditeur de presse en ligne doit être juge et supprimer toutes les mentions diffamatoires présentes dans les commentaires. Cette petite nouveauté nous a été héritée de la loi Hadopi. Mais la question primordiale est surtout : comment savoir si les internautes font preuve de diffamation ou non ?

    Le site Numérama fait une interprétation contraire du texte: la presse en ligne ne doit pas modérer tous les contenus:

    "L'éditeur est par principe considéré non responsable des contenus publiés sous l'initiative de ses contributeurs. Il n'a donc pas d'obligation de modérer a priori les contenus, ce qui est un progrès considérable pour la presse et la liberté d'expression des utilisateurs. Mais ce régime favorable a une contrepartie logique, que l'on ne saurait reprocher au gouvernement.

    L'éditeur de presse n'est en effet pas responsable, sous réserve toutefois qu'il a agit promptement pour retirer les contenus illicites ou en rendre l'accès impossible dès lors qu'il en a eu connaissance. Le gouvernement oblige donc les sites de presse qu'il protège juridiquement à mettre en oeuvre des "dispositifs appropriés" pour permettre à chacun de lui signaler les contenus pouvant poser problème. L'éditeur qui ferait tout pour ne pas pouvoir être informé de la nature des contenus qu'il publie ne pourrait pas prétendre dans le même temps à une irresponsabilité totale. C'est une contrepartie on ne peut plus légitime".

    (merci à Fil de m'avoir transmis cette info)

  • Twitter listes: dis moi qui je suis

    Twitter list.jpg

     

    Twitter vient de lancer ses listes. Et chacun compose la ou les siennes. Des listes de personnes "classées" selon une thématique. Et ce qui est amusant, quand on consulte les listes où les gens nous ont classé, c'est qu'on découvre comment ils nous voient. Parfois, c'est déstabilisant.

    Par exemple, une personne s'étonnait: "Quoi, je suis belge?" ou une autre: "Je suis une blogueur dingue?". Plus sympa: "Tiens, on me classe parmi les influents".

     Bref, c'est une expérience amusante: le miroir social un peu grossissant, un peu déformant, que nous tendent les médias sociaux.

    Pour finir, une liste (forcément) de liens sur ce sujet:

    • Twitter list: est-ce que c'est vraiment bien pensé? Un billet qui pose une bonne question (Denis Balencourt)
    • Listes Twitter: pour suivre efficacement un sujet (Vincent Abry)
    • Twitter list rank _ c'est moi le meilleur coup (Emgenius)
    • La mort du follow friday? (Bargeo)
    • La mort du Twitter sonb? (Régis Vansnick)
  • L'homme n'est pas multitâche

    On croyait que l'homme était devenu multitâche, notamment grâce à l'ordinateur, qui permet de mener plusieurs actions à la fois. Une étude récente semble prouver le contraire.

    En fait, on réussi à se persuader qu'on est plus efficace quand on fait plusieurs choses à la fois, mais ce n'est qu'une illusion. Etre concentré sur ce qu'on fait permet d'être plus productif.

    Comme l'explique le journal suisse Largeur:

    "Il apparaît que les plus assidus multitaskers performent très mal dans toute une variété de tâches. Ils ne se concentrent pas aussi bien que les monotâches. Ils sont plus distraits et parviennent moins bien à passer d’une tâche à l’autre.

    Alors que les scientifiques essayaient de repérer chez les multitaskers des fonctions cognitives inhabituelles qui rendraient plus performant, plus créatif, ils attendent toujours de les trouver…"

  • Astérix et Obélix en plein débat sur l'identité nationale

    asterix09.jpg
    En ce moment, en Gaule, se déroule un débat d'une importance cruciale. Ce débat porte sur l'identité nationale. Il est organisé à l'instigation du sous chef de tribu Bessonix.
    Le petit village gaulois d'Astérix et Obélix est épargné par ces querelles, pensez-vous? Pas du tout. Les deux guerriers s'interrogent sur leur identité nationale:
    _ Astérix, c'est quoi l'identité nationale?
    _ Obélix, mon ami, l'identité nationale, ça consiste à donner des claques aux Romains, à chasser le sanglier et à boire de la cervoise avec les copains.
    _ Chic, ça me fait penser que j'ai un petit creux. Je mangerai bien un ou deux sangliers.
    C'est alors qu'apparaissent Ordralphabétix, le poissonnier, et Cetautomatix, le forgeron du village. Ordralphabetix interpelle Astérix:
    _ Alors, comme ça, en plein débat sur l'identité nationale, ton gros copain ne trouve pas mieux à faire que de bâfrer?
    Obélix tourne la tête:
    _ Qui est gros?
    Cétautomatix répond au vendeur de poisson:
    _ Et toi, tu es bien placé pour parler de l'identité nationale, sachant que ton beau frère est romain par alliance.
    _ Tu sais ce qu'ils te disent les Romains par alliance?
    _ Ils disent que ton poisson n'est pas frais.
    _ Pas frais mon poisson?
    _ Non, pas frais.
    Ordralphabétix décoche alors un coup de poing au visage de Cétautomatix, qui répond aussitôt. Une bagarre se déclare. Tous les habitants du village se joignent à la bagarre.
    Astérix et Obélix s'éloignent de la mêlée. Ils croisent Panoramix, le druide. Un petit Gaulois vient à la rencontre des trois hommes. Il leur dit:
    _ Bonjour, je suis un fonctionnaire sous les ordres de Bessonix. Je viens pour constater que le chef de village a bien organisé le débat sur l'identité nationale.
    Panoramix lui répond:
    _ Regardez, le débat fait rage. Nous l'avons organisé dans les règles. En revanche, est-ce que vous pourriez faire quelque chose pour notre pouvoir d'achat?

  • 互联网的未来将是中国

    chine.jpgVous avez besoin de la traduction?

    L'avenir d'Internet sera chinois ou ne sera pas! C'est Eric Schmidt qui le dit: "Dans cinq ans, Internet sera dominé par le contenu en langue chinoise".

    Déjà, l'an dernier, on annonçait que le nombre d'internautes chinois dépassait celui des américains (source: Transnet).

    (PS: Il semblerait que le français soit une des 10 langues les plus utilisées sur Internet)

  • Youcef

    youcef.gifCe matin, j'ai croisé Youcef dans un café, et, encore une fois, il m'a raconté son histoire. Toujours de la même façon. Toujours avec ces mots: c'est du français mais la syntaxe, non.

    Si vous voyez ce que je veux dire: cette sorte de créole rocailleux des hommes de l'Europe centrale. Le français, pour eux, c'est comme une trame, sur laquelle ils plaquent des mots, leur vie même.

    Ils sont arrivés en France du fait de catastrophes historiques multiples. Mes grands-parents aussi, les vôtres peut-être, et tous ceux qui avaient perdu une partie de leur patronyme.

    Je voudrais parler de Youcef, mais sans qu'on puisse le reconnaître*. Pour lui, c'est important qu'on ne sache pas son nom. Et, d'ailleurs, son nom, son prénom, je m'y perds: longtemps j'ai cru que son prénom c'était son nom.

    Bref, Youcef parle très mal français. C'est pourquoi, après avoir discuté des dizaines de fois avec lui, avoir entendu son histoire, je ne suis toujours pas certain de l'avoir comprise.

    En gros, il s'agit d'une histoire liée à son patronyme, justement.

    Youcef a près de 70 ans. Il vient d'un pays qui a récemment explosé. Youcef l'a quitté depuis des années, pour l'Allemagne, puis la France.

    Et, récemment, il a vu son passé resurgir. Si je comprends bien, c'est une histoire de fichier sur lequel son nom s'est retrouvé. « Mais c'est pas moi, c'est comme mon nom, mais c'est pas moi. » Et, insiste-t-il, je n'ai pas tué, violé personne, heureusement.

    Bref, chaque fois que Youcef me raconte son histoire, c'est-à-dire chaque fois que je le croise, il revient sur ce moment où la justice de son pays d'origine a failli le rattraper. Enfin, pas lui, un autre.

    Il m'explique que rien de tout cela ne serait arrivé sans Internet. C'est à cause d'Internet qu'on est tous fichés, me dit-il. Avant les années 90, on ne savait rien de tout ça.

    Quand son nom s'est retrouvé sur les fichiers des services secrets de son pays, il a craint pour sa sécurité. Aujourd'hui encore, même après avoir discuté avec lui, je ne suis pas sûr de savoir ce qu'il voulait dire. Il ne peut pas s'empêcher d'en parler.

    Youcef appartient à une ethnie très minoritaire dans son pays. Et ce point à aussi son importance. Youcef a débuté une recherche généalogique au début des années 90, justement. Avec ou sans Internet, je ne sais pas. Et c'est à la suite de cette recherche qu'il a compris qui il était, qu'il appartenait à cette ethnie.

    Il a alors voulu voyager, à la rencontre de ses racines. C'est alors que, raconte-t-il, son nom s'est trouvé sur ces fiches. Il a alors immédiatement renoncé à ses idées de voyage.

    Aujourd'hui, Youcef vit dans un petit appartement HLM. Chaque fois qu'il me croise, chaque fois qu'il croise quelqu'un qu'il connaît, il raconte cette histoire.

    Cette histoire que je ne suis pas sûr de comprendre. Et que lui ne comprendra jamais.

     

     

    *j'ai modifié son prénom: il ne s'appelle pas Youcef.

  • L'utilisation de Twitter pour un quotidien régional

    Une journaliste du site du Berry républicain explique l'usage qu'elle fait de Twitter. Twitter permet notamment de repérer les lecteurs dans son voisinage (géolocalisation avec la fonction “nearby” sur l’Iphone). Une façon d'entrer en contact personnalisé avec une cinquantaine de lecteurs (pour le monent):

    "Pour avoir la possibilité de rendre plus vivant l’outil, il faut déjà remplir la cage aux oiseaux, à notre modeste échelle berrichonne. Certains internautes viennent d’eux-mêmes, d’autres sont attrapés d’un coup de filet magique appelé “follow”. Neuf fois sur dix, le following devient follower. Il y a aussi la classique tactique qui consiste à voir ceux qui suivent les followers de @leberry_fr, ce sont des clients potentiels.
    Autre stratégie, la fonction “nearby” sur l’Iphone, qui fonctionne par géolocalisation. Il faut juste éliminer les Allemands et les Hollandais de passage à Bourges et qui ont tweeté sur les charmes de la cathédrale. Ils se repèrent à leur langue étrange.
    A l’heure actuelle, une cinquantaine de personnes nous suivent, des particuliers, des entreprises".

  • Pas de forums de discussion sans modération

    Animer un site Internet, modérer un forum de discussion, c'est un travail à part entière. Rob Marcus dirige, Chat moderator, une société qui assure la modération de plusieurs sites important.

    "Il gagne sa vie en surveillant les espaces de discussion des sites Internet, pour une clientèle qui va du magazine people Heat au club de football de Liverpool, en passant par le géant pharmaceutique GlaxoSmithKline. “Pour donner à mes clients un exemple issu du monde réel, je leur explique que nous sommes des sortes de videurs. Lorsque nous voyons quelqu’un qui crée des problèmes, nous le mettons à la porte, mais ce n’est pas notre travail de le poursuivre, ni de le faire coffrer”, dit-il. "

    La suite est à lire sur Courrier International.

    (Ce billet est rédigé en partenariat avec "Courrier international").