09 novembre 2009
Recopier les communiqués de presse
C'est un article intéressant de Cédric Motte, qui essaie de comprendre où un journaliste de Libération a bien pu dénicher le chiffre de 74 millions de visiteurs uniques par mois, correspondant à l'audience des sites d'information des quotidiens américains. Et si c'était dans un communiqué de presse, recopié presque tel quel?
NB: vous avez le droit d'ironiser sur le blogueur qui ironise sur un journaliste qui s'est contenté de répéter une information, et qui (le blogueur, c'est-à-dire moi) se contente de citer un confrère. Mais si je cite Cédric, c'est que je sais que je peux lui faire pleinement confiance: son questionnement a le mérite de nous questionner, à notre tour.
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06 novembre 2009
Mes trois premiers billets
Nicolas me transmet cette chaîne de blog: parler des trois premiers billets de son blog.
C'était en octobre 2005. Mon premier billet concerne la décroissance, c'est une critique d'un article du Monde. Un billet très long, à l'époque j'écrivais un article par semaine et je prenais pas mal de temps pour l'écrire. Et finalement ce n'est pas du temps perdu, parce que c'est un des articles qui a attiré le plus de visiteurs pendant toutes ces années.
Le deuxième billetest une petite composition à partir d'une interview de Peter Sloterdijk.
Le troisième billet porte sur les stagiaires dans le journalisme. Ce qui est amusant, c'est que ce billet a été commenté par la journaliste auteure de l'article du Monde qui j'avais critiqué dans mon premier billet. Il se trouve que c'était une stagiaire. C'est avec ce billet que je me suis aperçu que le blog pouvait avoir une capacité étonnante à être lu par la bonne personne.
Je passe le relais à Hervé, Gael, Achille, Poireau et Donatien.
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Quelques outils pour 'bidouiller' le web
C'est à lire chez cet "apprenti geek", qui répond longuement à un de mes commentaires. Un article un peu ardu, mais roboratif.
C'est un élément à ajouter dans la case "convivialité". La convivialité, au sens d'Ivan Illich est une réflexion sur les outils dont nous nous servons:
"L'outil convivial est maîtrisé par l'homme et lui permet de façonner le monde au gré de son intention, de son imagination et de sa créativité. C'est un outil qui rend autonome et qui rend "capable de se charger de sens en chargeant le monde de signes". C'est donc un outil avec lequel travailler et non un outil qui travaille à la place de l'homme. A l'inverse l'outil non-convivial le domine et le façonne".
A relire: Quand la technique devient contre productive.
04 novembre 2009
Le monde sans explication ou la vexation du journaliste
Avec l'avènement des médias sociaux, la fonction de médiation des journalistes est remise en cause. Ils fournissaient une explication du monde, mais leur position est menacée. Ils subissent une vexation existencielle: et si on n'avait plus besoin d'eux?
Sur Internet, il est impossible de tout voir, de tout connaître. Là où je suis, je ne peux pas avoir une carte complète du web. J'habite dans tel lieu, je possède tels codes sociaux, je connais telles personnes: au-delà c'est l'inconnu.
En lisant le journal Le Monde (et d'autres), nous avons, au contraire, l'illusionde tenir le monde entre nos mains. Le monde décrypté, expliqué, « désensauvagé ». L'expertise des journalistes, la confiance que nous avons en eux, suffisent à créer cette illusion _ qui est plus qu'une illusion.
Aujourd'hui, avec l'avènement des médias en relation directe avec le public, c'est cette vision du monde qui vole en éclats.
Médias directs
Avec Twitter, par exemple, une institution, une célébrité ou un média s'adresse directement à moi. Je sélectionne des sources, des flux, des lieux de rencontre virtuels. Et c'est cela, finalement, qui compose ma vision du monde _ mais impossible de la tenir entre mes mains, comme un journal.
Au point où nous en sommes, il est difficile de dire si le modèle classique du journal va disparaître au profit de plateformes accueillant la multiplicité des voix, comme c'est le cas sur les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, etc.)
Ce qui est certain, c'est qu'Internet a bouleversé le paysage. Les intermédiaires, que sont les journalistes, sont déstabilisés.
La vexation du journaliste
Les journalistes avaient pour fonction de nous expliquer le monde. Aujourd'hui, il subissent une vexation, un peu semblable aux trois vexations dont parle Freud, la vexation cosmologique de Copernic, qui a laissé rouler la Terre hors du centre de l’univers ; la vexation de l’évolutionnisme biologique de Darwin, qui fit des hommes des cousins et des cousines des primates ; et la vexation psychanalytique de Freud lui-même, qui ôta aux sujets bourgeois l’illusion que leur Moi serait maître chez lui. (source: Multitudes)
De fait, la hiérarchie de l'information est modifiée: ce ne sont plus les journalistes qui la définissent, c'est le public.
La question qu'on se pose, c'est: « a-t-on besoin d'une explication globale du monde, comme nous la proposaient les journaux, et si on perd cela quel est le risque ou plutôt quelles sont les perspectives nouvelles qui s'offrent à nous? »
photo: source
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Commentaires et modération sur les sites d'information
Il y a quelques jours, nous parlions de la modération des commentaires sur les sites d'information. Et on relevait que le récent décret était un peu flou.
Plusieurs articles sont parus sur le sujet. Or, il semblerait que ce soit un peu plus clair. Les éditeurs de site d'information sont tenus de modérer a posteriori, si un contenu illicite est signalé. Selon Libération, "l’éditeur de presse en ligne devra « permettre à toute personne de signaler la présence de contenus illicites et à l’éditeur de les retirer promptement ou d’en rendre l’accès impossible ». Une mesure déjà observée, a minima, par les sites susceptibles de demander le statut d’éditeur de presse en ligne".
A lire ailleurs:
Tout d'abord, une réflexion juridique sur les conditions de publication de décret:
Le régime de la presse en ligne n'est pas affaire de décret (Sfadj)
Et ce qui constitue le point important du décret: la création d'un statut pour les sites de presse en ligne
Le statut d'éditeur de presse en ligne est créé (Rue89)
La presse en ligne a (enfin) un statut (Mediapart)
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03 novembre 2009
Presse en crise: quelques liens
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02 novembre 2009
Le personal branding et la construction de l'employabilité
On parle beaucoup de personal branding ces derniers temps dans les médias. On se souvient notamment de l'article de M. Arrington (techcrunch) disant que les journalistes sont devenu des marques.
Le personal branding est lié à l'employabilité, autre notion un peu barbare, qui désigne la capacité d'un individu à être employable. Il est individuel. Enfin, c'est une construction: chacun doit construire son image...
Quelques réflexions que vous pourrez poursuivre en regardant les liens dans cette perle :
1. Réputation. Le personal branding est une question de réputation et de e-réputation. Comment votre nom apparait-il? A quoi est-il associé? Quelle réputation est-elle associée à cette marque personnelle?
2. Marque, produit, clients, marché. C'est l'évidence: le personal branding appartient au vocabulaire du marketing. A chacun d'en tirer des conclusions. Notamment, si vous souhaitez élaborer un argumentaire, vous devez le faire pour une cible précise.
3. Individualisme. Le personal branding est personnel, comme son nom l'indique. Il implique une société individualiste, où chacun doit vendre sa force de travail, son talent, son temps et surtout où chacun doit mobiliser son capital humain. Le capital humain c'est l'ensemble de nos connaissances, mais aussi l'ensemble de nos capacités à agir (le savoir être). Ce capital est un potentiel à exploiter.
4. Employabilité. Personal branding et employabilité sont liés, me semble-t-il. Il est cantonné au domaine professionnel. Houellebecq, et son extension du domaine de la lutte, nous dirait peut-être que cela va bien au-delà de ce domaine...
5. Totalité, cohérence. La marque personnelle est un ensemble de signes, une totalité. Chaque action que je mène, chaque signe que je rends visible sur la scène du théâtre social, compose la marque personnelle. Le résultat est cette totalité complexe. Complexe, mais cohérente.
6. Mise à distance. Enfin, je pense qu'il est nécessaire de mettre à distance la notion de marque personnelle. La marque n'est pas moi. Tout comme les philosophies orientales nous disent que l'ego n'existe pas en définitive, la marque n'est rien de tangible. C'est juste une construction.
PS: merci à Fadhila Brahimi, du blog du personal branding, pour sa relecture attentive de ce billet et ses remarques aimables. Elle estime notamment, concernant le point n°3, qu'il y a aussi le phénomène de construction d'un réseau qui intervient. Cela tempère sérieusement l'individualisme de la démarche.
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01 novembre 2009
Commentaires illicites sur les sites d'information: un décret aux contours flous
Un décret vient d'être publié, le 29 octobre dernier, signé notamment par le premier ministre et le ministre de la culture.
Ce décret concerne les sites d'information sur Internet. Il contient dans son article 1, un point qui fait débat:
"Sur les espaces de contribution personnelle des internautes, l'éditeur met en œuvre les dispositifs appropriés de lutte contre les contenus illicites. Ces dispositifs doivent permettre à toute personne de signaler la présence de tels contenus et à l'éditeur de les retirer promptement ou d'en rendre l'accès impossible."
Certains s'interrogent sur le sens à donner à cet article. Quels "dispositifs" l'éditeur doit-il "mettre en oeuvre"? Et qu'est-ce qu'un contenu illicite?
Notons, par exemple, que le site Numérama répond à PC Inpact, au sujet de l'interprétation à donner du texte.
Personnellement, j'attends d'en savoir plus et je pense qu'on en reparlera. Si vous en savez plus, merci de commenter!
Pour l'instant, vous pouvez lire ces trois articles:
- Le blog juridique décryptages.
- Le site PC inpact
- Le site Numérama
Sur l'article en question, le site PC inpact estime:la presse en ligne doit modérer tous les commentaires illicites:
"Le décret ciblant la presse en ligne, les "espaces de contribution personnelle des internautes" sont donc les commentaires et les forums principalement. Et le décret spécifie que l'éditeur doit "retirer promptement" ou "rendre l'accès impossible" aux contenus illicites.
Or la notion de contenu illicite est floue. Touchant au droit de la presse, cela concerne toutes les infractions commises dans ce secteur, avec en particulier la diffamation. Il est à rappeler que dans le statut relatif aux hébergeurs de contenus (LCEN), seuls les contenus manifestement illicites doivent être supprimés promptement. Or ici, le « manifestement illicite » de la LCEN a disparu, ce qui implique que l’éditeur de presse en ligne doit être juge et supprimer toutes les mentions diffamatoires présentes dans les commentaires. Cette petite nouveauté nous a été héritée de la loi Hadopi. Mais la question primordiale est surtout : comment savoir si les internautes font preuve de diffamation ou non ?
Le site Numérama fait une interprétation contraire du texte: la presse en ligne ne doit pas modérer tous les contenus:
"L'éditeur est par principe considéré non responsable des contenus publiés sous l'initiative de ses contributeurs. Il n'a donc pas d'obligation de modérer a priori les contenus, ce qui est un progrès considérable pour la presse et la liberté d'expression des utilisateurs. Mais ce régime favorable a une contrepartie logique, que l'on ne saurait reprocher au gouvernement.
L'éditeur de presse n'est en effet pas responsable, sous réserve toutefois qu'il a agit promptement pour retirer les contenus illicites ou en rendre l'accès impossible dès lors qu'il en a eu connaissance. Le gouvernement oblige donc les sites de presse qu'il protège juridiquement à mettre en oeuvre des "dispositifs appropriés" pour permettre à chacun de lui signaler les contenus pouvant poser problème. L'éditeur qui ferait tout pour ne pas pouvoir être informé de la nature des contenus qu'il publie ne pourrait pas prétendre dans le même temps à une irresponsabilité totale. C'est une contrepartie on ne peut plus légitime".
(merci à Fil de m'avoir transmis cette info)
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30 octobre 2009
Twitter listes: dis moi qui je suis
Twitter vient de lancer ses listes. Et chacun compose la ou les siennes. Des listes de personnes "classées" selon une thématique. Et ce qui est amusant, quand on consulte les listes où les gens nous ont classé, c'est qu'on découvre comment ils nous voient. Parfois, c'est déstabilisant.
Par exemple, une personne s'étonnait: "Quoi, je suis belge?" ou une autre: "Je suis une blogueur dingue?". Plus sympa: "Tiens, on me classe parmi les influents".
Bref, c'est une expérience amusante: le miroir social un peu grossissant, un peu déformant, que nous tendent les médias sociaux.
Pour finir, une liste (forcément) de liens sur ce sujet:
- Twitter list: est-ce que c'est vraiment bien pensé? Un billet qui pose une bonne question (Denis Balencourt)
- Listes Twitter: pour suivre efficacement un sujet (Vincent Abry)
- Twitter list rank _ c'est moi le meilleur coup (Emgenius)
- La mort du follow friday? (Bargeo)
- La mort du Twitter sonb? (Régis Vansnick)
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L'homme n'est pas multitâche
On croyait que l'homme était devenu multitâche, notamment grâce à l'ordinateur, qui permet de mener plusieurs actions à la fois. Une étude récente semble prouver le contraire.
En fait, on réussi à se persuader qu'on est plus efficace quand on fait plusieurs choses à la fois, mais ce n'est qu'une illusion. Etre concentré sur ce qu'on fait permet d'être plus productif.
Comme l'explique le journal suisse Largeur:
"Il apparaît que les plus assidus multitaskers performent très mal dans toute une variété de tâches. Ils ne se concentrent pas aussi bien que les monotâches. Ils sont plus distraits et parviennent moins bien à passer d’une tâche à l’autre.
Alors que les scientifiques essayaient de repérer chez les multitaskers des fonctions cognitives inhabituelles qui rendraient plus performant, plus créatif, ils attendent toujours de les trouver…"
- A relire: Une chose à la fois, ne soyez pas multitâche (oct. 2007)
29 octobre 2009
Astérix et Obélix en plein débat sur l'identité nationale

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互联网的未来将是中国
Vous avez besoin de la traduction?
L'avenir d'Internet sera chinois ou ne sera pas! C'est Eric Schmidt qui le dit: "Dans cinq ans, Internet sera dominé par le contenu en langue chinoise".
Déjà, l'an dernier, on annonçait que le nombre d'internautes chinois dépassait celui des américains (source: Transnet).
(PS: Il semblerait que le français soit une des 10 langues les plus utilisées sur Internet)
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