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  • Les médias de panurge

    mouton.JPGJean François Kahn (patron de Marianne) répond à un internaute qui pose cette question: « Les médias sont-ils de gauche ? » Extraits :

    « Il y a une réalité incontournable, c'est que, pour la première fois dans l'histoire de la République, tous les propriétaires des grands groupes de média, de communication et de publicité sont favorables au même candidat et amis de Sarkozy, sauf un, mais son hebdo est tout de même sarkozyste. Même le propriétaire de Libération est un ami de Sarkozy et le Président du Conseil de surveillance du Monde, Alain Minc a pris position en sa faveur. »

    « En fait, ce qui domine, dans le milieu journalistiquo-politique, c'est le panurgisme et le suivisme, ainsi que la tendance à être fasciné par la puissance et le pouvoir : ainsi le pouvoir journalistique fut-il massivement favorable à Balladur, puis à Lionel Jospin, puis aujourd'hui à Nicolas Sarkozy. »

    Lire aussi

  • Plan B, absence de pluralisme et "qui vous savez"

    Le Plan B a eu une bonne idée : rassembler sur une page les Unes de journaux publiée lors de l’investiture de qui vous savez (14 janvier).

    C’est bien simple, toutes parlent d’un seul homme. Pour dire que cet homme est génial, qu’il faut l’élire sans attendre.

    Le Plan B accompagne ces couvertures d’une citation d’Alain Lancelot : « J’estime qu’à l’heure actuelle, le pluralisme dans la presse est assez largement réalisé. » M. Lancelot est l’auteur d’un rapport sur les médias, réalisé à la demande du gouvernement Raffarin en 2005.

    Ce que démontre lePlan B, c'est que la concentration dans les médias est inquiétante, contrairement à ce qu'indique le rapport Lancelot.

    On ne cesse de se plaindre de la faible qualité du débat politique. Et ça n'aurait rien à voir avec l'absence de pluralisme?

    Parmi toutes les Unes citées par le Plan B, il est difficile de dire laquelle est la plus "cire pompes".

    La Dépêche du midi fait assez fort : « Le triomphe de qui vous savez ». Plusieurs Unes parlent de plébiscite, de mise sur orbite, mais aussi de la personnalité profonde (et vachement sympa) de qui vous savez.

    J’aime bien également Le Journal du dimanche: « Tout commence aujourd’hui ». Tout ? Quoi? Faites pas semblant de ne pas comprendre: la campagne de monsieur. Pourquoi citer son nom, il est évident que les journaux ne peuvent parler que de lui, l'ami des patrons de presse.

  • La photo de l'année 2006

    Guerre du Liban. Après les combats, des jeunes fortunés parmi les ruines dans une voiture de sport. Contraste saisissant.

  • Qui peut être NOTRE président (e)?

    « Il y a deux temps dans une campagne présidentielle. Celui on se demande « qui peut-être président ». Et celui où on se demande qui peut être notre président. » (François Bayrou).

    J’ajouterai : ou notre présidente.


    Le rdv de bayrou
    envoyé par jaganseb

  • Blogueur/journaliste

    Gilles Klein (Le Phare) répond sur l’opposition entre blogueur et journaliste : « Je pense qu'il n'y a jamais eu d'opposition. Un exemple : depuis les débuts de la photo, il y a des photographes de presse qui sont payés pour prendre des photos, et des amateurs qui font aussi des photos. Le fait d'avoir un appareil photo ne fait pas de vous un journaliste. [...]

    Les journalistes professionnels en France ont une carte de presse, travaillent dans des entreprises « de presse » qui respectent un certain nombre de régles, et bénéficient de certains avantages fiscaux. D'autres, qui ne sont pas journalistes, sont payés pour un travail de rédaction, d'édition, de communication, de marketing, de relations publiques. D'autres encore, pour qui ni le journalisme, ni la communication ne sont un métier, contribuent aux contenus diffusés par les médias sans être rémunérés. Une chose est sûre, les médias ont toujours dialogué ou associé leur audience à leurs contenus, ce dialogue est grandement facilité par Internet".

    Dans l’interview donnée à NetEco, il évoque aussi le nerf de la guerre:

    « Les contenus générés gratuitement par des internautes, enthousiastes et souvent naïfs, sont simplement une formidable opportunité marketing pour des entreprises qui profitent de cette mode qu'elles exploitent à fond, tout en faisant ou en espérant faire des bénéfices plus ou moins importants, comme YouTube ou FlickR, pour ne parler que des plus connus. […] Néanmoins, certaines entreprises commencent à envisager de partager avec les internautes contributeurs, une part des revenus publicitaires générés ».

  • Comment parler des livres qu’on n’a pas lus

    Comment parler des livres qu’on n’a pas lus, de Pierre Bayard est un succès de librairie.

    Je ne l’ai pas lu.

    Je vais vous en parler.

    Ce qui est intéressant dans ce livre, c’est que l’auteur nous décomplexe. Il nous dit que Paul Valéry ou Montaigne parlaient volontiers de livres qu’ils n’avaient jamais ouvert. Lui-même a lu une centaine de pages de l’Ulysse de Joyce et il peut faire cours à l’Université sur ce livre.

    L’idée principale de Pierre Bayard est qu’il existe plusieurs parcours de lecture. On n’est pas obligé d’aller du début à la fin.

    Il distingue plusieurs manières de n'avoir pas lu un livre :

    1. lorsqu'on ignore jusqu'à son existence,
    2. lorsqu'on l'a parcouru,
    3. lorsqu'on l'a évoqué,
    4. et lorsqu'on l'a oublié.

    Personnellement, quand je ne finis pas un livre, je culpabilise. Et en général, je ne finis pas les livres. Grâce à Pierre Bayard, je vais pouvoir revivre!