Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Pour des "slow media"

    Un manifeste vient d'être publié pour promouvoir les slow media (voir sur Owni). Cette tendance nous rappelle le slow blogging, et le slow food.

    A une époque où tout s'accélère, on l'on ne parle que de web en temps réel (voir chez Véronique Rabuteau), certains ont besoin de se poser pour lire, réfléchir, approfondir et discuter. Ralentir, on peut le faire?

  • La mort du blog, encore?

    En lisant un article de Libé* annonçant le déclin de la blogosphère au profit de Facebook et Twitter, je suis resté sur ma faim et j'ai eu envie de trouver l'étude de l'institut Pew qui a servi à l'écrire.

    Elle est ici, à télécharger (en anglais). Et ça amène à nuancer le propos.

    On se demande si l'étude ne sert pas de prétexte à annoncer, une fois de plus, la mort des blogs.

    On peut aussi parler de fuite de la conversation hors de la blogosphère. Mais ça n'est pas nouveau.

    Les chiffres sont là, pourtant! Mais le problème c'est que certains se contredisent.

    De plus, il faut souligner que cette étude a été faite aux Etats-Unis, donc elle ne peut être plaquée sur la France.

    Les jeunes bloguent moins

    Ce qui est vrai c'est que les jeunes bloguent moins.  "Le nombre de 12-17 ans actifs sur un blog s’est réduit de moitié en seulement trois ans : ils étaient 14% à bloguer l’année dernière, contre 28% en 2006. Aujourd’hui, les ados se jettent majoritairement sur Facebook, où la publication est immédiate, donc plus facile. Twitter, en revanche, n’emballe pas les jeunes : ils ne sont que 8% à l’utiliser."

    Une remarque: faut-il s'attrister que les jeunes délaissent les Skyblog pour Facebook? Non, puisque le principe est le même. D'autre part, il y a autant de différence entre un skyblog et un blog "sérieux" qu'entre un compte Facebook et le même blog "sérieux".

    blog 01.jpg
    Les adultes bloguent un peu plus
    La pratique du blog progresse chez les plus de 30 ans. On notera qu'elle reste à un niveau assez marginal. Mais 11% d'une population, cela représente tout de même des millions de blogs.
    blog 02.jpg
    Des commentateurs constants

    Ce qui est étonnant, c'est que, semble-t-il, selon l'étude de Pew, la pratique du commentaire reste stable. Elle baisse un peu chez les ados et progresse chez les adultes.
    Et si les réseaux sociaux, au lieu de tarir la conversation ne faisaient que la propager et l'enrichir?


  • Bernard Langlois jette l'éponge

    Un monsieur arrête son activité à 65 ans: est-ce que ça vaut le coup d'en parler? Bernard Langlois, un des fondateurs de Politis, a décidé d'arrêter sa chronique. Je me suis décidé d'en parler à cause des circonstances qui l'ont poussé à arrêter.

    Lire la suite

  • Chatroulette: Parler avec n'importe qui

    Chatroulette: le nom dit bien ce qu'il veut dire. C'est un chat et ça marche comme la roulette russe, c'est-à-dire au hasard. On discute avec webcam avec n'importe qui à travers le monde. Chacun se filme et découvre au hasard son interlocuteur du moment, et s'il veut changer, il appuie sur Next.

    Le résultat est souvent trash. Les personnes se filment dans toutes les positions ou avec un masque sur la tête. Bref, le jeu (interdit au moins de 16 ans) est mi exhibitionniste mi voyeuriste.

    J'ai essayé, comme tout le monde, et j'ai trouvé ça peu intéressant mais déconcertant.

    Le créateur de Chatroulette est Andrey Ternovskiy, un russe de 17 ans, selon le New York Times.

    Un petit frisson

    Un petit frisson de transgression parcourt la personne qui se connecte à ce service.

    Enfin, ce qui me parait intéressant (et effrayant) dans ce site, c'est que, pour la première fois, on nous propose de "parler avec n'importe qui". Et, soi-même, on est traité comme "n'importe qui" (ce qui rappelle le slogan de Rémi Gaillard).

    Amour liquide

    Parler avec n'importe qui, se connecter, se déconnecter, ne pas s'engager dans une relation: on reconnaît là la thèse de Zygmunt Baumann, dans la Vie liquide.

    La vie liquide, c'est une vie où tout change, où une habitude laisse place à une autre. Un produit est tout de suite remplacé par un autre. Et même les relations entre les personnes suivent ce rythme. Ces nouveaux rapports sociaux, comme les appelle Laurent  Enzo François, sont extrêmement précaires. Donc, liquides.

    320.jpg


    Anti Facebook

    Avec Chatroulette, il nous est donc permis d'expérimenter la liquidité absolue des rapports humain. Je prends, je teste, je jette. Un moraliste du XVIIe siècle trouverait cela effroyable!

    Facebook, en revanche, nous avait habitué à la notion de statut (et de statusphère). Sur Facebook, chacun a une statut, avec son vrai nom, sa photo et tous les éléments de son identité. Cela confère à ce site une apparence de solidité. D'ailleurs sur Facebook, on discute avec un cercle restreint d'amis. C'est plus rassurant.

    Cela dit, chatroulette n'a rien inventé. Vous connaissez sans doute des dizaines de services basés sur ce principe. Par son côté trash il rappelle des sites comme 4chan.org. Mais je ne pense pas que ça ira au-delà du buzz et de la curiosité. Qui a envie d'être pris pour n'importe qui?

    Un projet lancé pour le plaisir

    Le créateur du site n'avait pas d'idée précise au départ. Agé de 17 ans, il a codé lui-même le programme.

    "J’ai créé ce projet pour m’amuser. Au début, je n’avais pas d’objectif commercial. Je l’ai créé récemment. J’étais et je suis toujours moi-même un adolescent, c’est pour ça que je sentais ce que les autres adolescents voulaient voir sur Internet. J’aimais moi-même parler à des amis avec Skype en utilisant un micro et une webcam. Mais finalement on s’est lassé de se parler les uns les autres. J’ai donc décidé de créer un petit site pour moi et mes amis où nous pourrions nous connecter aléatoirement avec d’autres gens.

    Cela n’a pas été si facile pour moi de le créer, mais je code depuis l’âge de 11 ans (grâce à mon père qui m’a amené tôt sur le web - la plupart des mes connaissances viennent de là). (traduction Owni)

    photo: nymag