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  • Quand on a qu'un seul 'follower'

    Dimanche dernier, je marchais dans une rue déserte et très calme. Dans cette rue, j'ai entendu une conversation entre deux vieilles dames, conversation qui s'est poursuivie sans se soucier de moi.
    Au bout de quelques temps, j'ai levé les yeux. Des volets grands ouverts. Une des deux femmes parlait à l'autre depuis cette fenêtre. L'autre, de l'autre côté de la rue, fenêtre également ouverte, lui répondait.
    _ Je prends des cours d'informatique. La jeune femme qui m'enseigne m'a donné du travail pour la semaine prochaine.
    _ C'est intéressant!
    _ Oui, je dois supprimer dans ma boîte à lettre les e mails publicitaires.
    _ Ah bon? Et tu n'as de... Moi j'ai un système qui bloque automatiquement les messages publicitaires.
    Et la conversation se poursuivit sans moi.
    En y repensant, cette conversation me fit penser à ce que serait la vie si elle était comme dans Twitter.

    Pour finir, une vidéo que vous avez sans doute vu il y a quelques temps:

  • Quelques liens

    • Le Social media club publie son livre blanc (Pdf). Intéressant, avec notamment une étude du modèle économique de trois médias liés à Internet: e24.fr, Mediapart et Vendredi.
    • Le Guide du reporter. C'est en anglais et c'est très complet. C'est fait par une université de journalisme et de communication, en Floride. (via Zoupic)
    • Trend watching: un rapport sur l'avenir des pratiques de consommation.

  • "News Dots": une carte pour visualiser les thèmes d'actualité

    news dots.jpg

    News Dots c'est une application lancée par Slate.com, le site d'information américain. Elle permet de représenter sur une carte les sujets qui font l'actualité.

    Chaque thème est signifié par un cercle de couleur. Plus le cercle est gros, plus il y a d'articles publiés sur le sujet.

    • Cela rappelle un peu News Map, un site qui permet aussi de jeter un regard panoramique sur les sujets d'actualité.
    • Google fast flip, c'est un agrégateur d'information basé lui aussi sur le visuel. Les unes des sites d'info les plus vues apparaissent, classées par rubrique. C'est nouveau, c'est pas mal.

    L'idée de présenter l'information de façon visuelle est séduisante, mais, concrètement, est-ce que c'est très pratique?

  • Internet et la déprofessionnalisation de l'accès à l'information

    Si Internet est un outil convivial, c'est au sens où il nous libère de certaines contraintes. Il nous permet d'avoir accès à l'information de façon plus autonome.

    De plus, il nous permet de publier des informations, presque sans coût, et d'être potentiellement lu par tout le monde. Enfin, il supprime les intermédiaires et facilite l'échange de bien culturels entre pairs.

    Ces arguments en faveur d'une déprofessionnalisation de l'accès à l'information sont développés dans cet article de Benjamin Grassineau. Il y discute, notamment, des thèses d'Ivan Illich.

    La déprofessionnalisation, dans le domaine des médias, se conjugue avec l'émergeance de publications en tout genre, produites par des amateurs. Plus largement, c'est la possibilité, donnée à tous d'accéder gratuitement à de nombreuses informations.

    Voici les trois conséquences de cette prise en main de l'outil Internet:

    1. Surplus d'autonomie

    "Tout d’abord, Internet peut effectivement offrir un surplus d’autonomie à ceux qui y ont accès – donc conduire à une déprofessionnalisation. Il facilite en effet l’accès aux informations nécessaires à l’utilisation des outils présents dans la vie courante. En ce sens, il permet de s’affranchir, au moins partiellement, de la main-mise des professions sur l’usage de certains outils, ou sur le contrôle des informations relatives à cet usage. Mais cela est vrai, naturellement, tant que l’information demeure en libre-accès, et tant que l’information pertinente peut-être « trouvée » et interprétée facilement. Or, pour prendre un exemple, la langue peut constituer une barrière. De plus, il faut que les informations sur un sujet donné soient diverses, variées afin de pouvoir être adaptées à la personne qui désire les acquérir. Ceci nous amène au deuxième aspect. L’accessibilité à des informations variées et contradictoires, n’est garantie pleinement que si il y a une ouverture de la publication. Rappelons que la publication ouverte ne concerne pas l’accès aux informations, mais l’accès aux outils permettant la publication individuelle ou collective. Or, de ce point de vue, il est certain qu’Internet offre au citoyen un potentiel qui n’avait jamais été égalé auparavant. La preuve en est qu’il laisse la place à l’expression de courants politiques, idéologiques, religieux, jusqu’alors presque totalement ignorés."

    2. Possibilité de s'exprimer

    "De même, il est certain qu’il offre un fort potentiel pour ceux qui souhaitent exprimer leurs points de vue. Les forums, les blogs, les sites personnels sont autant d’outils pouvant être dits conviviaux, dans la mesure où ils offrent à n’importe quel individu la possibilité de s’exprimer et de confronter ses idées sur les sujets les plus divers. Et de fait, ils sont une mine d’informations précieuses pour un nombre considérable de sujets – des plus anodins aux plus sérieux et aux plus utiles".

    3. Echange de biens immatériels

    Enfin, dernier aspect, Internet favorise ce qu’on appelle aujourd’hui la désintermédiation dans l’échange de biens immatériels. En effet, l’échange de fichiers musicaux, d’informations, de recettes, de photos, se fait de plus en plus indépendamment de l’intervention d’intermédiaires professionels. Ou du moins, si ces intermédiaires existent, ils n’influent pas sur la verticalité ou l’horizontalité de l’échange. Internet est donc, sous ces aspects-là, un moteur essentiel de la déprofessionalisation des activités de contrôle, de production, d’évaluation et de diffusion des biens immatériels. Mais, ombre au tableau, ce mouvement de déprofessionnalisation est aujourd’hui contrebalancé par trois tendances contraires.