Récemment, l'émission Les Infiltrés (France 2) a fait polémique. (Rue89) Sans parler de la dérive qu'a connu cette émission (des journalistes avaient dénoncé leurs sources à la police), la forme de l'émission a suscité l'interrogation, depuis le début. Un journaliste doit-il opérer à visage masqué?
Dans un autre genre, l'émission Envoyé spécial qui s'"infiltre" dans un centre d'appel, pour enquêter chez les téléopérateurs.
On a aussi vu l'enquête de Florence Aubenas sur la précarité. La journaliste s'est déguisée pour "infiltrer" le monde des femmes de ménages.
Ce recours à l'enquête "inflitrée" ou "en immersion", appelle plusieurs interrogations:
1. Tout d'abord, qu'est-ce qu'on apprend qu'on n'apprendrait pas avec une enquête classique?
2. Nous vivons dans une société de contrôle où les individus sont fichés et tracés. Le reportage "inflitré" n'est-il pas une façon de poursuivre le contrôle des individus? Et ce, d'autant plus quand les personnes qu'on infiltre sont des précaires et des "modestes".
3. Le journalisme d'immersion n'est-il pas un signe que les journalistes (qui font partie de l'élite culturelle) sont trop coupés de la population?
D'autres interrogations?