Le plus grand pouvoir des médias n'est pas de parler de tel ou tel sujet ou de mettre en lumière telle ou telle personne. Le vrai pouvoir, c'est de taire un sujet*.
Ne pas parler d'un sujet dans les médias, c'est le condamner à une mort médiatique, une mort symbolique.
"Les médias ne parlent de nous que lorsque il y a un fait divers ou une émeute", disent les habitants des banlieues. Et les ruraux? On ne les entends même pas se plaindre de ne pas assez exister.
Une des principales causes de décès des adolescent, c'est le suicide. Les médias n'en parlent pratiquement jamais.
La faim dans le monde est peu montrée (voir l'étude récente de La Croix).
Lors de la catastrophe en Haïti, on a très peu parlé des haïtiens. On a surtout parlé des Américains et des Occidentaux sauvant les haïtiens.
Les médias parlent peu des programmes politiques et se concentrent sur les petites phrases et les combats de personnes.
Finalement, le pouvoir des médias est bien plus étendu qu'on ne le croit.
*"L'influence la plus déterminante que les médias exercent sur la politique ne procède pas de ce qui est publié mais de ce qui ne l'est pas. De ce qui est occulté, passé sous silence" Manuel Castells, dans le dernier Manière de voir, consacré à Internet, révolution culturelle.