16 décembre 2006
Ils campent avec les SDF
Les Enfants de Don Quichotte ont organisé un campement citoyen, aujourd'hui, à Paris et dans plusieurs villes de France. Des personnes "bien logées" ont campé à côté de sans abris. Ils ont aussi discuté et tenté d'alerter les médias.
(Mise à jour: article et vidéo sur le site du Monde).
Il pleut sur le canal St-Martin. Ce qui attire l'attention, ce sont les toiles de tentes. Une centaine de toiles rouges, alignées sur les deux rives du canal. Cinquante d'un côté, cinquante de l’autre. Sur certaines est écrit le mot « SDF ».
J’ai marché pendant vingt minutes. Je suis un peu trempé. Mais je suis content de voir ça. Les Enfants de Don Quichotte aussi. Le 2 décembre, la police les avait empêché de planter leurs tentes. Cette fois, ils n’ont annoncé le lieu du rassemblement que ce matin à 11 h.
Les Enfants de Don Quichotte ce sont deux hommes, Augustin et Pascal. Ils vivent avec les SDF depuis quelques mois. Pour les aider, pour faire connaître leurs difficultés. Je discute avec Ronan, qui aide les Enfants de Don Quichotte. Il m’explique : « on a discuté avec le préfet pendant la semaine. Mais celui-ci, au dernier moment, ne nous a pas autorisés à planter les tentes. Donc, tout à l’heure un agent est venu et il a verbalisé une personne. »
"Je suis SDF"
Nous nous regroupons pour discuter. Nous restons sous la pluie, une pluie très fine qui ne nous dérange pas. Je m’adresse à un jeune homme, Fred. Pas très grand, le visage maigre, pâle, cheveux coupés ras. Il me dit : « Je suis SDF. » Il a mon âge, trente cinq ans.
Il raconte sa situation. Il est Belge. Il a dû batailler pour faire reconnaître ses droits au RMI. Sa carte d’identité belge était un handicap.
Il dort dans la rue depuis plusieurs années.
Je lui ai demandé comment c’est arrivé. Cette question, on a dû la lui poser cent fois. « J’ai perdu ma femme et mon fils, décédés dans un accident de voiture à cause d’un conducteur ivre. » Ce drame, survenu en 1995, l'a fait plonger. Il a galéré. Il a quitté la Belgique. Pour ceux qui s'en souviennent, on se demandait il y a quelques jours pourquoi 48% des Français jugent possible de devenir SDF un jour. Chaque destinée est unique, les sondages n'expliquent rien.
Augustin et Pascal
Augustin et Pascal ont été bien accueillis par les SDF. « Des gens qui veulent nous aider, on en a vu », explique Fred. « Mais là, on sentait que ça venait du cœur. »
L’objectif de ce campement citoyen est d’attirer l’attention des médias. Quand je suis passé, vers 14 h, France 2, RFI et Le Parisien étaient déjà venus.
Les gens présents étaient pour moitié des SDF pour moitié des « bien logés ». Des jeunes pour la plupart, filles et garçons.
Nous avons eu un moment de stress. Cinq cars de gendarmerie, avec leur gyrophare, arrivent à hauteur des toiles de tente. Heureusement, ils ne s’arrêtent pas. « Il doit y avoir une autre manif ailleurs », commente une fille. C’est vrai qu’il s’en passe des choses à Paris. Le maire, Bertrand Delanoë, inaugure le tramway. Aujourd’hui, Le Monde titre en Une sur l’exil fiscal de Johnny.

Commentaires
Écrit par : les marques du plaisirl | 16 décembre 2006
sagne ...
Écrit par : sagne | 16 décembre 2006
On fait du "temps réel", là!
Écrit par : Eric | 16 décembre 2006
Écrit par : les marques du plaisirl | 17 décembre 2006
il est certainement très facile de devenir SDF et très difficile de ne plus l'être.
il faut lever l'indifférence, c'est urgent.
je signale un livre qui m'avait marquée "Rippley Boggle" de Robert Mc Liam Wilson
sur le parcours d'un SDF
Écrit par : céleste | 17 décembre 2006
http://fr.news.yahoo.com/17122006/202/sdf-nouvelles-initiatives-et-nouvelles-menaces-l-approche-de-l.html
Écrit par : Eric | 17 décembre 2006
Voilà ce qu'à dit Béatrice Schoënberg au JT de France 2:
"sur les berges du canal st martin à Paris. Une trentaine de SDF dormira ce soir dans ce campemaent sauvage en compagnie d'une dizaine de bénévoles. La police a dressé une amende à l'association responsable de cette manifestation".
Écrit par : Eric | 17 décembre 2006
Evidemment les priorités des grands titres sont différents.
Mais l'élection va beaucoup se jouer autour de cet "enjeu du minimum pour tous".
Pour la fin de l'article : heureusement, la police veille !!! :-)
Écrit par : filaplomb | 17 décembre 2006
Écrit par : eva_bien | 17 décembre 2006
Oui, la hiérarchie des infos fait que le tramway est bp plus important.
Mais le journal de France 2 parle de 30 tentes et 10 bénévoles alors qu'il y avait 100 tentes et 200 personnes environ.
Oui, la police est très présente. Les organisateurs et les SDF étaient responsables. Ils ont discuté avant avec le préfet.
Eva,
Non, semble-t-il, pas de candidats.
Écrit par : Eric | 17 décembre 2006
Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés,
V’là l’ moment de n’ pus s’ mettre à poils :
V’là qu’ ceuss’ qui tienn’nt la queue d’ la poêle
Dans l’ Midi vont s’ carapater !
V’là l’ temps ousque jusqu’en Hanovre
Et d’ Gibraltar au cap Gris-Nez,
Les Borgeois, l’ soir, vont plaind’ les Pauvres
Au coin du feu... après dîner !
Et v’là l’ temps ousque dans la Presse,
Entre un ou deux lanc’ments d’ putains,
On va r’découvrir la Détresse,
La Purée et les Purotains !
Les jornaux, mêm’ ceuss’ qu’a d’ la guigne,
À côté d’artiqu’s festoyants
Vont êt’ pleins d’appels larmoyants,
Pleins d’ sanglots... à trois sous la ligne !
Merd’, v’là l’Hiver, l’Emp’reur de Chine
S’ fait flauper par les Japonais !
Merd’ ! v’là l’Hiver ! Maam’ Sév’vrine
Va rouvrir tous ses robinets !
C’ qui va s’en évader des larmes !
C’ qui va en couler d’ la piquié !
Plaind’ les Pauvr’s c’est comm’ vendr’ ses charmes
C’est un vrai commerce, un méquier !
Ah ! c’est qu’on est pas muff en France,
On n’ s’occupe que des malheureux ;
Et dzimm et boum ! la Bienfaisance
Bat l’ tambour su’ les Ventres creux !
L’Hiver, les murs sont pleins d’affiches
Pour Fêt’s et Bals de charité,
Car pour nous s’courir, eul’ mond’ riche
Faut qu’y gambille à not’ santé !
Sûr que c’est grâce à la Misère
Qu’on rigol’ pendant la saison ;
Dam’ ! Faut qu’y viv’nt les rastaqoères
Et faut ben qu’y r’dor’nt leurs blasons !
Et faut ben qu’ ceux d’ la Politique
Y s’ gagn’nt eun’ popularité !
Or, pour ça, l’ moyen l’ pus pratique
C’est d’ chialer su’ la Pauvreté.
Moi, je m’ dirai : « Quiens, gn’a du bon ! »
L’ jour où j’ verrai les Socialisses
Avec leurs z’amis Royalisses
Tomber d’ faim dans l’ Palais-Bourbon.
Car tout l’ mond’ parl’ de Pauvreté
D’eun’ magnèr’ magnifique et ample,
Vrai de vrai y a d’ quoi en roter,
Mais personn’ veut prêcher d’exemple !
Ainsi, r’gardez les Empoyés
(Ceux d’ l’Assistance évidemment)
Qui n’assistent qu’aux enterr’ments
Des Pauvr’s qui paient pas leur loyer !
etc... à lire intégralement sur : http://www.florilege.free.fr/jehan-rictus/
Écrit par : PPle Moqueur | 17 décembre 2006
Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés,
V’là l’ moment de n’ pus s’ mettre à poils :
V’là qu’ ceuss’ qui tienn’nt la queue d’ la poêle
Dans l’ Midi vont s’ carapater !
V’là l’ temps ousque jusqu’en Hanovre
Et d’ Gibraltar au cap Gris-Nez,
Les Borgeois, l’ soir, vont plaind’ les Pauvres
Au coin du feu... après dîner !
Et v’là l’ temps ousque dans la Presse,
Entre un ou deux lanc’ments d’ putains,
On va r’découvrir la Détresse,
La Purée et les Purotains !
Les jornaux, mêm’ ceuss’ qu’a d’ la guigne,
À côté d’artiqu’s festoyants
Vont êt’ pleins d’appels larmoyants,
Pleins d’ sanglots... à trois sous la ligne !
Merd’, v’là l’Hiver, l’Emp’reur de Chine
S’ fait flauper par les Japonais !
Merd’ ! v’là l’Hiver ! Maam’ Sév’vrine
Va rouvrir tous ses robinets !
C’ qui va s’en évader des larmes !
C’ qui va en couler d’ la piquié !
Plaind’ les Pauvr’s c’est comm’ vendr’ ses charmes
C’est un vrai commerce, un méquier !
Ah ! c’est qu’on est pas muff en France,
On n’ s’occupe que des malheureux ;
Et dzimm et boum ! la Bienfaisance
Bat l’ tambour su’ les Ventres creux !
L’Hiver, les murs sont pleins d’affiches
Pour Fêt’s et Bals de charité,
Car pour nous s’courir, eul’ mond’ riche
Faut qu’y gambille à not’ santé !
Sûr que c’est grâce à la Misère
Qu’on rigol’ pendant la saison ;
Dam’ ! Faut qu’y viv’nt les rastaqoères
Et faut ben qu’y r’dor’nt leurs blasons !
Et faut ben qu’ ceux d’ la Politique
Y s’ gagn’nt eun’ popularité !
Or, pour ça, l’ moyen l’ pus pratique
C’est d’ chialer su’ la Pauvreté.
Moi, je m’ dirai : « Quiens, gn’a du bon ! »
L’ jour où j’ verrai les Socialisses
Avec leurs z’amis Royalisses
Tomber d’ faim dans l’ Palais-Bourbon.
Car tout l’ mond’ parl’ de Pauvreté
D’eun’ magnèr’ magnifique et ample,
Vrai de vrai y a d’ quoi en roter,
Mais personn’ veut prêcher d’exemple !
Ainsi, r’gardez les Empoyés
(Ceux d’ l’Assistance évidemment)
Qui n’assistent qu’aux enterr’ments
Des Pauvr’s qui paient pas leur loyer !
etc... à lire intégralement sur : http://www.florilege.free.fr/jehan-rictus/
Écrit par : PPle Moqueur | 17 décembre 2006
L'enjeu de la politique et des prochaines élections notamment est de redonner confiance aux électeurs. En clair, ce n'est pas tellement l'election elle-même qui sera à surveiller mais bien la réalisation du programme de l'équipe élue. Il y a une occasion de recoller les morceaux épars de la démocratie…
Evidemment, ce ne fut pas fait dans le passé !
:-)
Écrit par : filaplomb | 18 décembre 2006
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20061218.OBS3338/jean_rochefortsolidaire_des_sdf.html?idfx=RSS_notr
Écrit par : Eric | 18 décembre 2006
Nuits sous tente pour des «SDF volontaires»
J 'habite Paris. Sauf à avoir des oeillères, on ne peut pas échapper au constat qu'il y a des gens qui vivent dans la rue.» Pendant longtemps, Marie Calosci, 22 ans, s'est demandé ce qu'elle «pouvait faire». Depuis samedi matin, cette élève infirmière fait partie de ces citoyens qui s'autodésignent «bien logés» ayant décidé de camper avec des SDF, dans une centaine de tentes rouges, installées à la hâte de part et d'autre du canal Saint-Martin (Paris Xe). Arnaud, 32 ans, salarié dans une association, a aussi dormi avec les sans-abri et s'apprêtait hier soir à coucher encore sous une tente. «Demain matin, je vais me lever pour aller au boulot. Je n'ai jamais connu la précarité. Je lutte pour détruire cette misère.»
Comme de nombreux autres campeurs, il est arrivé là en lisant des témoignages de SDF sur site des Enfants de Don Quichotte (www.lesenfantsdedonquichotte.com). Créée il y a un mois, cette association veut bâtir une passerelle entre les «bien logés» et les «dizaines de milliers d'hommes et de femmes vivant dans des tentes ou dans des cartons», résume Augustin Legrand, à l'origine du mouvement. Ce comédien de 31 ans, père d'une petite fille de 2 ans, est volontairement à la rue depuis sept semaines pour partager leur quotidien. «Les Don Quichotte sont des gens qui se mettent de leur plein gré en danger pour combattre l'injustice», souligne-t-il. Déjà 170 personnes se sont portées volontaires pour camper. Parmi eux, Pascal Busquets, syndicaliste CGT employé aux services sociaux de la ville de Paris. Il dit que la question SDF «est jusqu'à présent restée confinée dans le champ de l'action caritative dans une sorte de bonne conscience générale». Compte tenu de l'ampleur de l'exclusion, il considère qu'il convient en cette période électorale de faire émerger les sans-abri «dans le champ politique». Ce soir, Cécile Duflot, élue secrétaire nationale des Verts (lire page 12), et son prédécesseur, Yann Wehrling, vont passer la nuit sous les tentes avec les Don Quichotte et les SDF
Écrit par : Eric | 18 décembre 2006
Merci de relayer l'info, du terrain, et de donner de vrais chiffres et pas ceux des médias qui voudraient sans doute minimiser la solidarité dont les "bien-logés" ont fait preuve.
Je suivrai de près le site des "Don Quichotte".
J'ai toujours aimé Jean Rochefort ...
Écrit par : Michoko | 18 décembre 2006
Oui, n'hésite pas à suivre leur action et à en parler.
Écrit par : Eric | 18 décembre 2006
Ils en ont profité aussi pour faire un parallèle entre l'attitude de Jean Rochefort, citoyen impliqué et celle de Johnny, abandonneur de navire…
:-)
Écrit par : filaplomb | 18 décembre 2006
belle réaction de Cécile Duflot et Yann Wehrling
ça bouge finalement!
un énorme bravo aux Don Quichotte
Écrit par : céleste | 18 décembre 2006
Comment ça va évoluer? ESt-ce que le mouvement va faire bouger les présidentiables?
Écrit par : Eric | 18 décembre 2006
http//sagne.tchacheblog.com
c'est pas fini ....
sagne ....
Écrit par : sagne | 18 décembre 2006
Comment croire un candidat s'il ne règle pas d'abord CE probleme ?
Les gens s'en foutent de l'économie et du PIB
On peut bien chuter à la 32ème place mondiale, pourvu que plus personne ne dorme dehors !
(c'est logique non ?)
N.Sarko qui s'engage à ce que dans les deux ans, plus de sdf. Et moi, je dis pourquoi deux ans ? Il est au pouvoir, non ?
:-)
Écrit par : filaplomb | 19 décembre 2006
Depuis quelques jours, des « bien logés » ont planté leur tente, quai de Jemmapes, à Paris, pour partager le sort des « mal logés » et sensibiliser ainsi les Parisiens sur le sort des sans abris. Cette solidarité évènementielle a atteint son but : celui d’attirer les médias autour d’une cause juste.
Pendant ce temps, d’autres Parisiens, en voisins, se rassemblent et créent des logements, pour ceux qui, dans leur proximité, n’ont pas à se loger. Ils acquièrent des logements « comme les autres », dans des immeubles « comme les autres », pour offrir aux plus démunis, le temps qu’il faut, un habitat conforme à leurs besoins et à leurs moyens financiers. Ils accompagnent bénévolement les personnes accueillies, car le réflexe « d’habiter », l’intégration dans le voisinage, le paiement régulier du loyer ne sont pas choses aussi faciles qu’on l’imagine.
Les 130 logements créés à Paris par l’association Solidarités Nouvelles pour le Logement, qui compte en Île de France plus de 550 logements mis à la disposition des mal-logés, ne font pas « évènement ». Les dix logements créés chaque année à Paris par ces habitants, acteurs de solidarités nouvelles, ne font pas la couverture des journaux, mais apportent des solutions effectives à des problèmes concrets. Ils constituent une « goutte d’eau » irremplaçable.
Les bénévoles de Solidarités Nouvelles pour le Logement, parmi d’autres associations, manifestent ainsi que l’Etat n’a pas le monopole de l’intérêt général. Face à la question du mal logement, la responsabilité concrète de chacun est engagée. Encore faut-il passer d’une solidarité évènementielle, qui vient s’ajouter aux solidarités de témoignage ou de parole se manifestant ici ou là, à une solidarité s’incarnant dans des solutions.
Les « bien-logés » aujourd’hui sous tente, quai de Jemmapes, peuvent désormais prolonger leur engagement. Je leur propose de rejoindre les associations, et leurs bénévoles, qui proposent aux sans-abris des solutions pour passer de la tente au vrai logement : les outils existent pour créer des logements et accompagner les plus démunis, ils sont à la disposition des citoyens qui le souhaitent !
Pascal Desrousseaux
Président de Solidarités Nouvelles pour le Logement Paris
www.snlparis.org
Écrit par : SNL | 22 décembre 2006
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