29 février 2008

"C'est pas un tacle, c'est un attentat"

454846845.jpg

Le journalisme, c'est l'art de deviner de quoi on parlera le lendemain dans les bistrots.

En général, il y a un sujet qui s'impose. Dimanche dernier, dans le café où j'étais, ç'aurait pu être le "pauvre con", ç'aurait dû, mais non.

Un gars a essayé de lancer la conversation sur le sujet: "IL a encore fait des siennes".

Pas besoin de dire qui était IL ni ce qu'il avait fait. Mais, étrangement, la conversation n'a pas pris.

Le gars a alors ouvert l'Equipe. Il a montré LA photo. Le tacle assassin contre le joueur d'Arsenal. La jambe brisée en deux.

J'ai pris en sténo leur dialogue à quatre voix. 

_ C'est une fracture ouverte, a diagnostiqué le gars.

_ Il a dû avoir super mal, a compati une fille.

_ Non, il n'a même pas mal, a rectifié le gars, qui était footeux.

_ N'empêche, quand tu as une fracture, tu n'as pas mal, c'est tellement chaud, a précisé un de ses potes.

Le gars a fait de l'esprit: 

_ Et après, le mec, il est sorti. Il a pris son pied et il est sorti.

Personne n'a ri. Une dame s'est penchée sur la photo: 

_ Ah bon? C'est du foot? Moi je croyais que c'était du rugby.

Le gars est reparti:

_ Non, le foot, c'est plus dangereux. C'est pas un tacle, c'est un attentat.

Un vieil homme, a lâché son Figaro pour protester mollement:

_ Mais ils sont payés pour ça!

Son épouse, pragmatique, a souligné: 

_ Oui, ils sont indemnisés.

Lien permanent | Commentaires (18) |