10 avril 2009
La mort des journaux, pas du journalisme
Francis Pisani reprend des éléments qui conduisent à penser à la "mort des journaux". Une situation qui semble plus avancée aux Etats-Unis. On pourrait résumer le problème en une phrase:
« La société n’a pas besoin de journaux. Elle a besoin de journalisme », selon un spécialiste.
Pisani énumère quatre signes de la crise de la presse aux US:
1) La chute de la pub (16,6% en 2008),
2) les licenciements (8.000 en 2009 selon la carte PaperCuts ) ,
3) la fermeture des journaux (10 depuis 2007 selon NespaperDeatWatch ),
4) le passage du papier à des formules essentiellement web (du Christian Science Monitor au Seattle Post Intelligencer)
La mort des journaux ne serait dont pas la fin du monde ce qui n’empêche pas que nous sommes en train de vivre une crise très profonde comparable à celle qui a suivi l’apparition de l’imprimerie de Gutenberg. Le chaos est inévitable tant que de nouvelles solutions n’ont pas été inventées. Il faut leur laisser le temps d´émerger sans jamais oublier qu’il a fallu cent ans la dernière fois pour arriver à un nouvel équilibre.
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Commentaires
Economique ? Les copistes ont continué à exister jusqu'au début du XXe s., notamment dans la musique, mais aussi pour les actes privés, administratifs, les manuscrits d'écrivains. Ce qui les a tué ? La machine à écrire mécanique, le stencyl et la photocopieuse, des siècles plus tard. Les copistes du Moyen Âge tiraient de toute manière l'essentiel de leurs ressources des rentes ou du travail de leurs terres. Leur business plan intégrait juste les copies (objets luxueux à l'époque) comme un surplus de revenu qui permettait d'acheter de nouvelles terres.
De propriété littéraire ou intellectuelle ? Cela ne naît vraiment qu'à la fin du XVIIIe s. par la constitution de la société des gens de lettres par Beaumarchais qui réclame des droits pour les auteurs dont les pièces sont représentées ou qui voient leurs ouvrages piratés en Hollande ou Angleterre. Auparavant, c'était le piratage complet et des contrats privés qui n'étaient pas respectés par les libraires-éditeurs.
De contrôle politique ? On y arrive enfin. Mais la première obligation de dépôt légal est faite par François Ier en 1537. soit moins d'un siècle avant. Les livres passent alors par la demande d'un privilège royal, puis plus tard par la censure royale (différente de la censure religieuse), l'Académie fut ainsi la seule autorité qui pouvait publier un dictionnaire de langue au XVIIe s. (Furetière fut la victime de ce monopole, mais des pirates publiaient en Suisse ou à Trévoux d'autres dictionnaires plus sérieux). Pourtant, les publications faites en France qui échappaient à ce dépôt légal étaient nombreuses, car elles se faisaient sous forme de feuilles et notamment dans la littérature de colportage. Les livres de la Bibliothèque bleue ou les livrets de littérature populaire du XIXe s. et même du début du XXe s. (qui pillaient les textes précédents) ne se trouvant pas à la BNF sont sans doute plus nombreux que ceux enregistrés. Or les trois quarts sont des plagiats de plagiats de... Cela a été une grande passoire administrative.
Je me demande donc à quelle époque aurait commencé ce prétendu équilibre ! et duquel il s'agit...
Écrit par : Dominique | 10 avril 2009
Si je comprends bien la phrase que je cite, il est question d'un équilibre politique. Les journaux jouent un rôle important: dénoncer les mauvais politicien, cela a un impact sur la vie démocratique.
Mais l'équilibre est aussi économique; il faut trouver un modèle pour financer la presse sur Internet.
Pour l'instant, il semble que le modèle rentable ne soit pas encore trouvé.
Écrit par : Eric | 10 avril 2009
Écrit par : Dominique | 10 avril 2009
http://www.linternaute.com/histoire/categorie/58/a/1/1/histoire_de_la_presse.shtml
http://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_l%27histoire_de_la_presse
Disons qu'avant le XIXe siècle, c'est un peu la préhistoire!
;-)
Écrit par : Eric | 10 avril 2009
Écrit par : marie laure | 10 avril 2009
Écrit par : Eric | 10 avril 2009
:-))
Écrit par : monsieur Poireau | 11 avril 2009
Le niveau de connaissance moyen des gens à commencer par la capacité de lecture d'une part, le rôle essentiel et croissant de la presse dans le processus démocratique d'autre part, tout cela créé des conditions nouvelles et si on y ajoute les possibilités technologiques, on est devant un tableau vierge.
Je suis un peu désagréable, désolé, mais comparer le net et l'imprimerie est une vieille lune, le problème est ailleurs.
Écrit par : Didier | 11 avril 2009
Écrit par : Nandoo | 11 avril 2009
Peut-être que le problème est ailleurs, mais où?
L'après Günteberg, c'est,il me semble, le fait que les coûts de diffusion de l'information sont réduits quasiment à zéro. D'où la révolution...
@Nandoo,
Oui, c'est une évolution possible, mais pas la seule. On peut être plus optimiste.
Écrit par : Eric | 11 avril 2009
L'archétype de cela est la loi Création et Internet
Écrit par : Didier | 11 avril 2009
Oui, exactement, "incapacité à penser l'utilisation des nouvelles technologies en dehors de nos schémas traditionnels".
Notamment, difficulté de sortir du schéma "consommateur" (téléspectateur vautré devant sa télé).
Écrit par : Eric | 11 avril 2009
Écrit par : Eric | 11 avril 2009
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