16 novembre 2007

Pédagogie de la grève

Ce matin, le peloton a de l'avance sur l'horaire. Velibs, vélos, rollers, ils s'élancent tous au feu vert. D'autres optent pour la marche.

La grève est une expérience. On expérimente autre chose. En 95, pour la première fois, les salariés avaient testé le covoiturage, bien malgré eux. La débrouille a parfois du génie. Le philosophe Antonio Negri y a vu une expérience de communisme d'un nouveau type. Pourquoi pas?

Ce qui est frappant chez les "usagers des transports" devenus cyclistes, c'est leur courage. Si l'on voulait montrer à la face du monde que les Français peuvent "bosser comme des Chinois", on ne s'y prendrait pas autrement. Armée en marche. Croissance, me voilà!

Les uns sont animés d'une vraie colère envers les cheminots grévistes. D'autres supputent que le gouvernement n'a pas bien organisé la négociation. Mais tous, forcés de se rendre au travail par tous les moyens, se seront posé au moins une fois la question: "pourquoi travailler?" Et cette vertu pédagogique de la grève, quoi qu'on en dise, est inestimable...

Commentaires

très joli billet, j'aime beaucoup.

ouvre la porte à la réflexion.

autres questions:
pourquoi travailler autant?
pourquoi accepter de se laisser bouffer par le travail, par l'entreprise?
pourquoi le travail n'est-il plus à la place où d'après moi il devrait être, c'est à dire, un élément de la vie, mais pas toute la vie?
autrement dit un moyen de participer à la marche de la société et non pas un instrument de torture (voilà qui nous amène à l'étymologie, du latin tripaliare: torturer avec le tripalium)

siffloter en travaillant, en faisant tranquillement quelque chose que l'on a envie de faire...
comme on en est loin!

Ecrit par : céleste | 16 novembre 2007

Et oui, tout comme céleste....
Un beau billet

Il y avait un slogan en 68 : métro boulot dodo.... Rien n'a changé.... peut-être en pire....

Ecrit par : zab | 16 novembre 2007

Il n'y a que des beaux billets ici ! (je fayotte un peu, dès fois Eric cite mon blog).

C'est un nouveau slogan ? Travailler moins pour savoir pourquoi on travaille ?

Ecrit par : Nicolas J | 16 novembre 2007

@céleste,

"siffloter en travaillant, en faisant tranquillement quelque chose que l'on a envie de faire...
comme on en est loin!"

Ca dépend pour qui!

@zab,

"Il y avait un slogan en 68 : métro boulot dodo.... Rien n'a changé.... peut-être en pire...."

C'est sans doute différent...

@Nicolas,

Non, pas de slogans. Juste un "pourquoi" qui vous tombe dessus, sans crier gare...

Ecrit par : Eric | 16 novembre 2007

Le slogan "Métro, boulot, dodo" ne date pas de 68, mais de 51 ! et il est tiré d'un recueil de poèmes de Pierre Béarn.
http://www.museedesmarques.org/dotclear/index.php/post/2004/09/30/20-metro-boulot-dodo

Ecrit par : Dominique | 16 novembre 2007

autant pour moi !
C'est épatant, les blogs, on apprend pleins de choses !

Ecrit par : zab | 16 novembre 2007

Le billet ouvre en effet à la reflexion. D'une contrainte qui prive certains de liberté se crée de nouveaux comportements. C'est une vision des choses.
Vertue pédagogique sans doute, mais toujours dommage d'être devant un douloureux mur pour commencer à réflechir.

Quoiqu'il en soit, même si dans ma provencale province, les effets de la greve ne gène en rien ma vie quotidienne (si, mon France Football arrive par la poste avec un jour de retard), j'aurais tendance à préférer que l'on ait pas à trouver de nouveaux comportements. Cela voudrait dire soit que l'on a des syndicats raisonnables, soit un gouvernement et/ou patronat responsable, soit les deux, soit que la situation serait merveilleuse avec les oiseaux qui chantent.

Enfin, ici j'aurais appris à connaitre Negri. un type visiblement interressant, comme le blog ici. C'est pour ça qu'on repasse souvent.

Bon weekend

Ecrit par : Falconhill | 16 novembre 2007

@Falcohnill,

"Cela voudrait dire soit que l'on a des syndicats raisonnables, soit un gouvernement et/ou patronat responsable, soit les deux, soit que la situation serait merveilleuse avec les oiseaux qui chantent."

Oui, pour le dialogue social (et aussi les relations dans l'entreprise), les français ont des progrès à faire!

Ecrit par : Eric | 16 novembre 2007

"Travailler comme des Chinois"... Tiens, c'est amusant, mais depuis trois jours, quand je sors pour aller au bureau (entre parenthèses, j'ai la chance de pouvoir y aller à pied même en-dehors des grèves), je vois aussi ces armadas de cyclistes et Vélibistes matinaux, et la première chose qui m'est venue à l'esprit, c'est : tous ces vélos, on dirait une ville chinoise des années 80 !

Ecrit par : Irène | 16 novembre 2007

@Irène,

Désolé pour nos amis chinois si je les fige dans une expression pas très heureuse. Mais la peur de l'anti modèle chinois est très forte...

Ecrit par : Eric | 16 novembre 2007

Pédagogie, c'est pas justement un truc qu'on fait en marchant ? Puisqu'on en est à l'Etymologie… :-))

Très joli billet. C'est vrai, les gens vont bosser dans n'importe quelles conditions.
Ça me rappelle cette vieille chanson de Monsieur Higelin.
Là où il parle dun ours qui continue à tourner dans sa cage alors que celle-ci est ouverte…
:-)

[Pardon à mes mais les ours !].

Ecrit par : filaplomb | 16 novembre 2007

@filaplomb,

Très beau, pédagogie. Mais, désolé, ce n'est pas ça.

http://fr.wiktionary.org/wiki/p%C3%A9dagogie

Ecrit par : Eric | 16 novembre 2007

tres bien! on redécouvre meme l'auto stop!

Ecrit par : nicolas | 18 novembre 2007

L'auto-stop, avec les risques que cela comporte, mais a-t-on le choix, hein ?

Ecrit par : Fiso | 18 novembre 2007

Zut, j'aimais bien l'image de l'instituteur arpentant de sa grande taille la classe silencieuse et qui écrit sous la dictée pendant que ne résonne, outre sa voix professorale, que le son de son pas suintant sur le lino usé !
:-)

Ecrit par : filaplomb | 18 novembre 2007

C'est peut être un avant-goût de la civilisation post-pétrole vers laquelle on se dirige.
http://souk-fares.blogspot.com/2007/10/pic-ptrolier-il-y-aura-encore-du-ptrole.html

Si tu veux bouger, il faut pédaler. Voila une maxime qui a de l'avenir :)

Ecrit par : Fares | 21 novembre 2007

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