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  • Crise de la presse: 2005 année noire

    La presse va mal. Les ventes sont en baisses et, nouveauté, les abonnements aussi. C’est ce que révèle un rapport de la Direction du développement des médias (DDM), service rattaché au premier ministre. Rapport jugé alarmiste par Le Monde.

     

    La DDM parle de l’année 2005 comme d’une « année noire ». Le secteur le plus touché est la presse nationale d’information générale et politique. Cela n’étonnera personne, quand on sait les problèmes rencontrés par Libération et, dans une moindre mesure, Le Monde et Le Figaro. En revanche, la presse locale est épargnée, car elle n’est pas concurrencée par les gratuits.

     

    Les gratuits, justement. Ce sont eux les grands gagnants. En 2005, les recettes publicitaires de la presse ont progressé de 60 millions d’euros et cette somme est allée vers les gratuits, dont les recettes ont progressé de 820 à 880 millions d’euros (sur 4,57 milliards d’euros au total).

    En savoir plus:

     

    Le rapport de la Direction du développement des médias (pdf).

     

    Le site de la DDM.

  • L'été, la presse est philosophe

    La philosophie est à la mode. On s’arrache les livres de Michel Onfray et Luc Ferry… et même ceux d’Epictète, Nietzsche et Platon !

     

     

    La presse n’est pas en reste. Surtout en été, où il faut rivaliser d'imagination pour capter des lecteurs. Ainsi la philo a fait la couverture du Point et du Figaro magazine, la semaine dernière. Philosophie, un bimestriel lancé au début de l’année, sort son troisième numéro. Que faut-il en retenir ?

     

    Philosophie : agréable et léger

    Le projet de Philosophie est de capter un large public. Maquette agréable, semblable à celle du Magazine littéraire, dossiers fédérateurs (ce mois-ci le voyage, le mois précédent l’animalité), plumes célèbres (Glucksmann, Bouveresse et… Confucius) : tout est fait pour séduire. A première vue, on est séduit. Mais quand on creuse un peu, on est déçu. Les articles constituent une bonne initiation, pas plus.

     

    Toutefois, ces défauts sont contrebalancés par d’indéniables qualités : la diversité des sujets, les nombreux interviews, pistes de lectures, expos, films… Bref, c’est stimulant, mais un peu léger. C’est pourquoi il m’étonnerait que Philosophie connaisse le succès de Psychologies.

     

     Un Point, c’est tout

    Le dossier du Point a été confié à Roger-Pol Droit, un connaisseur des philosophies antiques et orientales. Le résultat est tout juste passable. La philosophie antique est-elle une thérapie efficace pour l’homme moderne ? Oui, jusqu’à un certain point. Elle est une solution individuelle, or beaucoup de problèmes modernes sont globaux. De plus, les philosophes de l’antiquités doivent être replacés dans leur époque : leurs leçons ne sont pas transposable tel quel.

    Ce dossier est complété par dix fiches biographiques de philosophes : Pythagore, Socrate, Antisthène, Diogène, Épictète, Sénèque, Plotin, Porphyre, Boèce, Marc Aurèle.

     

    Le Fig Mag et la philo MEDEF

    Le dossier du Figaro Magazine est beaucoup plus étriqué. Son but semble être de promouvoir le dernier livre de Luc Ferry, qui pourtant n’ en a pas besoin (180 000 ex. vendus).

    Mais la goutte qui fait déborder le vase, c’est l’article où des « spécialistes du bonheur » donnent leurs recette. Parmi eux : Laurence Parisot, présidente du MEDEF. Selon elle, le bonheur naît de l’écoute : « Nous détournons la valeur française de l'égalité en nous interdisant d'admirer et de louer les qualités et les succès des autres. Tout cela fabrique des frustrations et des illusions qui aiguisent la jalousie. » Ah ! Si les pauvres pouvaient se contenter d’admirer messieurs Arnault et Pinault ! Vanter les inégalités au non de l’égalité : décidément, Mme Parisot est une philosophe décoiffante…

    En résumé, si la presse s’intéresse à la philo, ce n’est pas pour des raisons philosophiques. A l’exception de Philosophie, qui mérite d’être découvert, le reste ne vaut pas grand chose.

    Cet été, sur la plage, prenez plutôt un bon livre de Nietzsche !

     

     

    Quelques liens...

  • Bloguer au-delà de l'actualité

    Chaque fois c’est pareil. Un événement se produit, la blogosphère réagit.

    La dernière secousse en date a pour nom « coup de boule de Zidane ». Chacun l’a observé sur son blog : des visiteurs en plus, des commentaires en pagaille et des trolls à foison…

    Les blogueurs seraient-ils des moutons, eux qu’on désigne souvent comme les pionniers d’une démocratie participative encore à inventer ? Seraient-ils, comme les journalistes, enclins à se copier les uns les autres ?

    Il existe une logique de l’actualité. Chaque jour, une information s’impose. Mais ce qui est vrai pour les journalistes l’est-il pour les blogueurs ? Le blog est une sorte de café du commerce où circulent les idées « dans l’air ».

    Certains regrettent cette tyrannie de l’actualité et de l’instantané. Un blogueur rapporte la remarque d’un de ses lecteurs:

    « Tu chopes tout ce qui fait la une, et tu écris dessus, trop souvent. Ce qui fait qu’on retrouve chez toi ce qu il y a chez beaucoup d'autres. Du coup, foot, politique, baronnage à la con, foot, politique, grandes lignes des blogs ». Et Ginisty, de conclure : « Cette personne à raison. Mille fois raison. Ce qu'elle ne sait peut-être pas, c'est que j'en ai aussi assez d'écrire ce blog de cette manière. Alors c'est décidé, mon blog va devenir le blog perso que j'ai vraiment envie de faire depuis longtemps sans y être parvenu jusqu'à présent. »

    Bloguer au-delà de l’actualité, voilà la solution ! Ou plutôt une solution possible.