07 novembre 2007
Débat arrosé
Dès qu'on parle d'alcool, le débat est biaisé. Soit on en rigole, soit on est un père la morale. Pas de juste milieu.
_ Le Monde en fait une affaire violente, liée à la délinquance.
_ Abadinte critique les mesures prises à Nantes, interdire les "happy hours" et les "open bar". D'accord avec lui, Martin a qualifié ces mesures d'hygienistes.
_ Technikart dépeint la culture picole et décrit l'alcool comme un "lubrifiant social". Patron, remettez-nous deux verres de lubrifiant social!
La picole est au coeur du débat politique. D'autant plus que la France a la chance d'avoir un président qui n'a jamais bu une goutte d'alcool.
Profitons-en pour poser le débat. Mais, au fait, c'est quoi les termes du débat?

Commentaires
Écrit par : Le Charançon Libéré | 07 novembre 2007
Plus sérieusement, je n'ai pas lu le billet d'Abadinte mais j'ai moi-même critiqué les mesures prises à Nantes : c'est une mesure bêtement conservatrice et qui n'est pas hygiéniste. Les jeunes trouveront toujours de l'alcool pas cher ! Quand j'étais à l'IUT, on allait picoler des sakés à la Cafet d'un supermarché : ça coutait 4 francs... Avant d'aller en boite, ça mettait en forme !
Écrit par : Nicolas J | 07 novembre 2007
Cela permet de culpabiliser le citoyen lambda : "oula lala vous allez creuser le trou de la sécu..."
Cela évite de parler de la question sociale... Chômage, ghettos, précarité, redistribution des richesses, égalité des chances...
Pour avoir travaillé pas mal d'années dans un milieu où ça picollait sec, oûtre la question culturelle des us et habitudes par rapport à l'alcool, les problèmes perso de certains, le fait de boire était également une façon de rendre supportable un boulot mal payé, éprouvant et même dénigré par la hiérarchie. Ce n'était pas pour oublier tout ça mais ça permettait de resserrer les liens entre nous... D'ailleurs, la hiérarchie fermait les yeux tant que le boulot se faisait...
Le risque quand tu vis là-dedans c'est de devenir alcoolo...
Écrit par : pas perdus | 07 novembre 2007
j'aime bien ce qu'écrit Technikart aussi.
l'alcool fait l'effet d'un anesthésiant, pour supporter.
les sociétés occidentales vont vraiment très mal. nous arrivons à la fin d'un système, maintenant il faut essayer d'en sortir le mieux possible.
on peut se laisser endormir par le pouvoir et se contenter d'être des producteurs consommateurs amorphes et dociles (si on y arrive, car beaucoup sont exclus)
mais la propension naturelle de Sarkozy à faire des conneries (il n'y a pas de raison pour qu'il s'arrête) peut aussi fédérer contre lui une population excédée.
dans ce cas tout peut arriver
Écrit par : céleste | 07 novembre 2007
"Le débat politique dérive sur des sujets politiquement correct, un peu comme aux USA."
D'accord avec toi, sur ce versant des choses.
Et, concernant l'alcoolisme des jeunes, est-ce qu'on ne peut pas aussi parler d'américanisation de la picole? (tendance à absorber rapidement des doses massives d'alcool fort)
@Céleste,
Effectivement, il faut en revenir aux racines du "mal". Les sociétés occidentales, le capitalisme à outrance. Au fond de tout cela, il y a le désir de l'homme d'être heureux, ne l'oublions pas. Mais quand la recherche du bonheur emploie la voie de l'avidité et du matérialisme...
@Nicolas J.,
C'est un peu la conclusion à laquelle nous sommes arrivés. Cette mesure, parce que partielle, spectaculaire, ne règle rien.
Je pense qu'il faudrait éduquer les jeunes, les protéger aussi.
@Le Charançon,
Oui, l'ordi est aussi une drogue
Écrit par : Eric | 07 novembre 2007
Je ne suis pas trop d'accord avec tes réponses à Céleste et à Pas perdu. L'alcoolisme n'est pas trop un problème d'américanisation ou de capitalisme.
Je parle en professionnel ! Je viens des Côtes d'Armor : je ne sais pas si ce n'est pas le département en France où les jeunes picolent le plus (j'étais en vacances là bas la semaine dernière : il y avait un dossier sur le sujet dans Le Télégramme).
Là-bas, la picole, c'est plus un problème culturel... Quand on sort, on picole, "c'est comme ça". Ce n'est parce qu'ils sortent une nouvelle canette de "soda alcoolisé à 10 degrés" que ça change le problème. A part que ça coûte moins cher de prendre une cuite...
Pour résoudre le problème, il faut donc changer la culture, ce qui prendra du temps (ça se compte en générations) : mais c'est déjà en route, il ne faut pas désespérer !
Écrit par : Nicolas J | 07 novembre 2007
Oui, vu sous cet angle, tu as raison.
Le "problème" culturel de certaines régions (pas forcément des régions viticoles) est ancré dans les moeurs.
http://66.102.9.104/search?q=cache:4d8c-mI4tYIJ:leportique.revues.org/document169.html+alcoolisme+bretagne+debut+du+siecle&hl=fr&ct=clnk&cd=1&gl=fr&client=firefox-a
Mais je ne pense pas que ce soit un phénomène régional...
Écrit par : Eric | 07 novembre 2007
"Effectivement, il faut en revenir aux racines du "mal". Les sociétés occidentales, le capitalisme à outrance."
Je suis étonnée : pas d'alcoolisation en ex-URSS et en Russie maintenant ? L'ex communisme protège ? Le système égalitaire les a rendus sereins ?!
Écrit par : Vivi | 07 novembre 2007
Mais qui a dit que le communisme n'était pas capitaliste, ou plutôt productiviste? L'ouvrier stakhanov, il avait bien besoin d'un petit remontant pour tenir la cadence.
Mais, tu as raison, il vaut mieux se méfier des explications toutes faites. On ferait bien d'aller faire un tour du côté des professionels qui luttent contre l'alcoolisme des jeunes.
e Plan gouvernemental de lutte contre les drogues illicites, le tabac et l’alcool 2004 - 2008
http://www.drogues.gouv.fr/rubrique100.html
OMS: conso d'alcool
http://www.who.int/topics/alcohol_drinking/fr/
http://www.who.int/substance_abuse/publications/alcohol/en/index.html
Écrit par : Eric | 07 novembre 2007
Et merde si c'est dérive alcoolique n'était pas la contrepartie d'une société de plus en plus anxiogène... ouais c'est une lapalissade... donc dans 20 ans on ira au gnouff pour un verre de pauillac et un petit pékos par contre on te fourguera ta dose de neuroleptiques pour que tu continues de regarder tes nanards à la téloche sans te poser de question
(c'était mon 1/4 d'heure nrv)
Écrit par : marc | 07 novembre 2007
La France, avec l'Autriche et le Luxembourg, est le pays où l'on picole le plus.
La France, avec l'Italie, est le pays où la baisse de la consommation est la plus forte.
La France, avec l'Islande et l'Autriche, est le pays où l'espérance de vie est la plus importante.
Écrit par : Nicolas J | 07 novembre 2007
Écrit par : tonnegrande | 07 novembre 2007
Société de l'interdit, de ce qui est bien et ce qui est mal, permis et pas permis, convenable et pas, ce qu'il faut faire et ce qu'il faut pas faire, dire et ne pas dire, obligé d'être d'accord ou pas d'accord...tous les mêmes, tous pareils...
Mais, d'accord avec toi, Marc...
Arrêtons de Débattre de Tout, et allons boire un coup !
Écrit par : tonnegrande | 07 novembre 2007
Je ne demandais pas mieux! On pensait que tu viendrais et tu n'es pas venu!
Écrit par : Eric | 07 novembre 2007
En fait, pour parler d'alcool, il faut d'abord accepter de comprendre qu'il existe une maladie qui s'appelle l'alcoolisme. Une proportion de personnes qui, quoiqu'elles fassent, si elles boivent deviendront dépendantes et de bien vilaine manière.
[Je pense à Bernard qui en ce moment fait des cauchemar vraiment horribles chaque nuit parce que l'alcool réclame qu'il en absorbe encore et que lui ne veut plus !].
Une fois qu'on a compris ça, on peut boir eun verre tranquilles même sans alcools avec ceux qui n'aiment pas ou ne peuvent pas !
La droite reprend en ce moment du terrain sur les valeurs morales qui sont les siennes. La prochaine étape sera la re-christinasation de la France, vous verrez !!!
:-)))))
[Sinon, les éditions Filaplomb fonctionnent avec Paypal mais fonctionnent ! Et ça, ça s'arrose ! :-) ].
Écrit par : filaplomb | 07 novembre 2007
C'est pas une maladie, c'est la soif !
Écrit par : Nicolas J | 07 novembre 2007
Je me demande aussi où est le rapport entre boire sur la voie publique et les happy hours et les open bars. Ce n'est pas la même problématique et les même enjeux. Le premier cas rend la ville sale.
Écrit par : abadinte | 07 novembre 2007
Écrit par : abadinte | 07 novembre 2007
J'y vais ! D'autant que je suis OK avec toi sur ton com. précédent. J'en parlais avec Eric ce soir. On était au bistro ensemble. Le demi à 2,10 €.
Il n'empêche que quand je vois des chefs socialos comme Ayrault prendre ce genre de mesure, ça me fait peur !
Écrit par : Nicolas J | 07 novembre 2007
sur le fond je crois qu'on peut veiller à la santé publique et ne pas tomber dans le travers de s'attaquer en priorité aux lieux de convivialité
je trouve que les tenants d'un nouvel ordre moral oublient parfois l'inétret général en cours de route pour ne plus garder que leur tropisme castrateur et pisse-froid
Écrit par : Martin P. | 08 novembre 2007
Dans les Côtes d'Armor,ils boivent pour oublier leur consanguinité??
sinon, peut-être que le gouvernement pourrait organiser des stages de 2 jours à 450 euros pour dissuader les buveurs? Et si, en plus, ils sont consomateurs de cannabis,on pourrait leur taxer le double?
Écrit par : Cat | 08 novembre 2007
Arrête, je t'en prie! Tu viens de démoraliser la moitié de mes lecteurs.
;-)
Écrit par : Eric | 08 novembre 2007
Oui ma soeur !
Écrit par : Nicolas J | 08 novembre 2007
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