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liberte de la presse

  • Soirée pour l'indépendance de la presse

    Quelques mots sur la soirée sur la soirée sur l'indépendance de la presse, organisée par Mediapart et Reporters sans frontières.  J'y étais. Ca se passait au théâtre du Rond-point (Champs Elysées). Salle comble.

    L'originalité de la soirée c'est qu'on y a entendu des représentants de tous les partis politiques importants. Et tous disaient leur inquiétude concernant la presse, son indépendance, son pluralisme.

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    Il y avait Benoît Hamon (PS), François Bayrou (Modem), Noël Mamère (Verts), Patrick Braouzec (PC) mais aussi un représentant de l'UMP, Hervé Mariton.

    Edwy Plenel (photo), l'instigateur de la soirée, a lu son Appel de la Colline, après la prise de parole de Jean-François Juliard de RSF. Très remarquées également les interventions de Daniel Bensaïdet Pierre Rosenvalon.

    Ce que j'ai noté c'est que les orateurs ne sont pas tombé dans l'excès. Chacun est bien conscient que la presse française traverse d'abord une crise économique (qui touche aussi la presse américaine). La mutation de la presse du papier vers Internet pose problème. Mais à cela se surajoute la volonté du pouvoir actuel de réduire le pluralisme (favoriser la concentration des groupes de presse) et de réduire l'indépendance des médias (réforme de l'audiovisuel, le président de France télévision sera nommé et révocable par le président de la république).

    Dans le détail, les discours ont été convergents, mais avec des nuances intéressantes.

    Noël Mamère a parlé de la situation de crise de la société française, estimant qu'elle peut déboucher sur une forme d'expression radicale parce que les partis politiques et les syndicats ne jouent pas suffisamment leur rôle. Il estime qu'il y a de la part du pouvoir une stratégie de la tension et de gouvernement par la peur. Elle consiste à jeter en pâture des bouc émissaires: le juge laxiste, le délinquant, le sans papiers, le banlieusard. Et cela s'accompagne d'une volonté de mettre au pas la police, la justice, léducation et maintenant les médias.

    François Bayrou a critiqué le rôle des groupes de presse qui sont dans un rapport de proximité assumée, pour ne pas dire plus, avec le pouvoir politique. Il a cité le programme du Conseil national de la Résistance, qui entendait garantir "la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères".Il a aussi cité Alain Minc, qui estime qu'on ne doit pas avoir peur de l'évolution de l'audiovisuel publique parce que ce serait "sous estimer le chef de l'Etat".

    Benoît Hamon, finalement, est resté dans le même registre. Il a parlé de la crise économique, pouvant déclencher une crise sociale. Et il a rappelé ce qui s'était passé lors des émeutes de 2005. La thèse officielle du ministre de l'Intérieur de l'époque, aujourd'hui président de la république, avait prévalu. Les médias avaient joué un rôle important pour façonner l'opinion.

    Intéressante aussi l'intervention d'Hervé Mariton. Député de la majorité, il est opposé au projet de loi sur l'audiovisuel public. Sa rhétorique est un peu jésuitique (je suis d'accord avec ce qui est dit aujourd'hui mais pas sur tout, je soutiens le gouvernement mais pas sur tout) et il a affirmé que la loi sur l'audiovisuel sera au mieux inutile, au pire néfaste. (voir aussi AFP)

    J'étais présent avec les camarades Ronald et Vogelsong. Nous avons trouvé significatif que la soirée se passe dans un théâtre. Société du spectacle, citoyen spectateur, donc théâtre.

    Et j'ajouterai que les deux affiches "Mediapart" étaient un peu trop voyantes. Ronald, qui sautait sur son siège disait: "Tout ça c'est bien joli, mais maintenat qu'on a dit tout ça, qu'est-ce qu'on fait?". Je lui ai suggéré: "On s'abonne à médiapart?".