31 mars 2010
Mélenchon et la critique des médias
Vous avez vu la vidéo où Jean-Luc Mélenchon s'en prend à un étudiant en journalisme et son "refoulé politique de la petite bourgeoisie". Il y a une deuxième vidéo qui est plus intéressante. Est posée la question de la critique des médias.
Au nom de la critique des médias, Jean-Luc Mélenchon a choisi une jeune victime, un petit agneau, étudiant en journalisme, et il l'a sacrifié, sans pitié. Le résultat, c'est cette vidéo, déjà vue 80 000 fois.
Bien sûr, l'argumentation de Mélenchon est totalement de mauvaise foi. Il lance la question sur le sujet du Parisien "Faut-il réouvrir les maisons closes?" et quand le jeune reporter l'interroge sur le sujet, il l'engueule. Son argument: je ne veux pas parler de ce sujet, je veux parler du choix du sujet et pourquoi je réprouve que le Parisien ait mis ce sujet en Une.
Sur le fond, Mélenchon a tord: la réouverture des maisons closes est-ce un sujet sans intérêt ou sans dignité? Ce n'est pas à lui d'en juger. (Globalement, bien sûr, il a raison: il y a des sujets plus importants et moins racoleurs, mais le Parisien n'est pas l'alpha et l'oméga du journalisme. Et, surtout, les rédactions sont libres de choisir leurs sujets sans l'assentiment de Jean-Luc Mélenchon).
Les médias mentent
Mais, bien sûr, Mélenchon dit une certaine vérité: les médias s'écartent trop souvent des "vrais sujets". Mais qui les détermine, au fait?
Pour le jeune journaliste (qui s'explique sur Agoravox) ce moment est sans doute très formateur. Et jubilatoire: il n'y a rien qui plaise autant à un étudiant en journalisme que de poser des questions embêtantes à une personnalité.
Mélenchon, même s'il se prend les pieds dans le tapis, pose à sa façon (un peu rugueuse) la question de la critique des médias.
Les décrypteurs et la parole menteuse
Les médias mentent nous dit Le Plan B, journal de décryptage médiatique et de critique sociale (c'est même son slogan). Les médias mentent, mais c'est presque sans le vouloir.
C'est le langage qui est menteur, nous dit Mélenchon lors d'une réunion avec des blogueurs avec l'ami Vogelsong qui pose une question à Mélenchon (voir la vidéo ci après). Ou plutôt, si j'ai bien compris, il existe une idée fortement répandue qui considère que toute parole est mensongère, parce que toute parole consciente est lourde d'inconscient. Et si toute parole est mensongère, il faut la décrypter. C'est la tâche des journalistes et ils s'en acquittent fort mal, selon Jean-Luc Mélenchon.
Bon, le mieux est de l'écouter dans cette deuxième vidéo qui est plus intéressante que la première.
ITW > JL MELENCHON // VENDREDI.INFO (extrait 1) from SEB MUSSET on Vimeo.

Commentaires
Écrit par : vogelsong | 31 mars 2010
Écrit par : Didier | 31 mars 2010
Écrit par : Dominique | 31 mars 2010
Qu'est-ce que tu sous entends?
@Didier,
Non: je prendrai la défense de Mélenchon, même si ce qu'il dit est effectivement très méchant. L'échange entre un journaliste et un interviewé, ce n'est pas une discussion. Le jeune journaliste qui interviewe Mélenchon le sait: l'interview est un "jeu" où le journaliste essaie d'obtenir des réponses. Donc, l'agressivité de Mélenchon c'est une réponse, c'est tout. Après, on peut la commenter.
Écrit par : Eric | 31 mars 2010
Écrit par : Dominique | 31 mars 2010
J.L Mélenchon s'est attaqué de la même manière à d'autres vaches sacrées de la télé. L'étudiant paye juste son manque d'expérience.
http://reversus.fr/2010/03/22/j-l-melenchon-france-televisions-pietine-le-pluralisme-politique/
Écrit par : Reversus | 31 mars 2010
Que Mélenchon n'hésite pas à s'attaquer à des vaches sacrés, on le savait. Ça ne signifie pas qu'il ait raison sur tout!
@Dominique,
Tu as sans doute raison. J'ai constaté de visu l'ignorance de certains étudiants en journalisme. L'un d'eux (qui est aujourd'hui un journaliste assez suivi sur Twitter) quand on lui a donné un numéro du Plan B nous a répondu: "Qu'est-ce que c'est que ce journal. Je ne connais pas." Étonnant!
Écrit par : Eric | 31 mars 2010
Ah au fait Eric, depuis quelque temps, tes réponses sont sur fond bleu texte en noir - c'est illisible !
Écrit par : Didier | 31 mars 2010
Les mots utilisés sont porteurs d'un sens qui peut être différent d'un individu à l'autre (polysémie certes mais aussi polysémie d'ordre social).
Mélenchon a le sens de langagement (mot valise amusant mais peut-être hors de propos, en tout cas facile à replacer ici :) )
Écrit par : Ferocias | 31 mars 2010
Pour le fond bleu, je vais modifier ça! Au fait, je t'envoie un mail.
Tu as raison: l'agressivité, passé un certain seuil, devient intolérable. Mais si ça m'était arrivé, je crois que ça m'aurait plutôt fait rire. Je le répète, l'interview n'est pas une discussion. L'interviewer n'est pas impliqué à fond dans la discussion. Il pense avant tout à ceux à qui i destine l'interview, pas seulement à l'interviewé.
@Ferocias,
langagement c'est joli.
Le langage est un pharmakon: un poison et un médicament.
Écrit par : Eric | 31 mars 2010
Continuez, la route est longue mais ça fait plaisir qu'un politique ait le courage de remettre en cause ce journalisme de caniveau.
Encore bravo Mélenchon, tu nous donnes envie de nous investir dans la politique.
Écrit par : guy | 31 mars 2010
"petite cervelle"
"drôle de métier"
"mouliner du papier qui se vend"
"corporation voyeuriste"
"sujets de merde"
"ferme ta petite bouche"
"métier pourri"
"vous qui êtes agressif"
"une limite que vous avez atteint"
La bonne pensance de gauche, quel régal !
Merci Jean luc de nous montrer ton vrai visage
Écrit par : ced | 31 mars 2010
http://champignac.hautetfort.com/archive/2009/11/26/8437196fe766c03bc32be4730a01c3ce.html
Écrit par : Dominique | 31 mars 2010
http://antennerelais.canalblog.com/archives/2010/03/31/17428210.html
Écrit par : antennerelais | 31 mars 2010
Écrit par : le coucou | 01 avril 2010
Elle empêche tout débat intelligent en assénant et en légitimant ces options de la société actuelle. C'est devenu un formidable outil de propagande au service d'un modèle de société qui est sanctifié 24h sur 24 et 365 jours par an.
coucou dit "c'est faute de pouvoir se tenir en permanence sur le tranchant de l'éthique". Ce n'est pas l'éthique qui est en cause, mais un système formaté pour faire de la news, marginaliser toute réflexion de fond, le tout géré par des journalistes conformistes et dominés par un système superficiel et décérébrant.
Les médias sont détenus par des financiers qui ont tout intérêt à maintenir le système en place et éviter les questionnements, car ce système fait leur fortune et celle d'une aristocratie du fric.
Écrit par : philou017 | 02 avril 2010
D'accord avec toi: la parole discréditée n'est pas où on le croit au premier abord.
Écrit par : Eric | 02 avril 2010
Derey n'aime pas les critiques et devient grossier:
http://contesdefaits.blogspot.com/2010/04/lhomme-est-un-animal-doue-de-raison.html
Et ce sont eux qui pensent PENSER!
Écrit par : Le Journal de Chrys | 04 avril 2010
:-))
[Franchement, j'ai bien aimé qu'un politique sorte enfin des sentiers rebattus du petit jeu médiatique. La montée de l'insignifiance de Castoriadis souligné de très belle manière ! :-)) ].
Écrit par : Monsieur Poireau | 15 avril 2010
Écrit par : joa poker | 20 septembre 2010
Un petit montage sur le sujet :
http://www.youtube.com/watch?v=UmecoE5hdCY
http://www.youtube.com/watch?v=-dy8CgT4O-Y
Écrit par : curcuma | 29 février 2012
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