01 septembre 2009
Le journal, signe d'affichage social?

Christophe Barbier, patron de l'Express, a fait son petit effet, en annonçant " la fin des quotidiens" (source: Narvic), qui plus est avec une écharpe rouge, dans l'atelier des médias de RFI (oui, l'écharpe rouge ça s'entend à la radio).
Selon lui, le journal a aussi une fonction d'affichage social. Les lecteurs exhibent leur journal, comme lui son écharpe ou comme d'autres leurs baskets ou leur téléphone portable dernier cri.
Le journal, "ce n’est pas seulement de l’information que l’on consomme, c’est du lien social : on est au café avec « son » journal. [...] Il y aura toujours l’affichage social : se promener dans les rues avec, sous le bras, Libération ou Le Figaro, ce n’est pas le même signe que l’on envoie à la société qui nous entoure…"
Pensez-vous qu'aujourd'hui les journaux quotidiens conservent cette fonction d'affichage social?
photo: Misspress


Commentaires
Ecrit par : Frederique | 01 septembre 2009
Quoiqu'il en soit, on retombe sur le problème de l'objet papier en tant que tel, et si je puis me permettre un p'tit lien vers chez moi ^^ http://www.chouingmedia.com/$blog/~Tag?name=objet
Ecrit par : Cedric | 01 septembre 2009
En revanche, là ou l'écharpe rouge se trompe, c'est que le lecteur achète le journal pour s'afficher ostensiblement proche d'une tendance politique ou d'une autre. Ca, je n'y crois pas une seconde... Ou alors les gens ont de l'argent à perdre !
Ecrit par : Seb de CaRéagit | 01 septembre 2009
;-)
Bon, sans presse, on pourra toujours s'acheter des pin's ou bouquiner ostensiblement "l'insurrection qui vient".
Ecrit par : Le Monolecte | 01 septembre 2009
Plus simplement si les termes "affichage social" veulent dire l'exhibition d'un individu et de ses caractéristiques en société, dans ce cas chaque signe distinctif (écharpe, journal) sera significatif de la singularité de cet individu. Par contre si CB comprend "affichage social" comme appartenance à une classe sociale très précise, il va avoir du boulot à d'abord déterminer précisément les catégories - sur quels critères ? - et ensuite à faire concorder un individu avec TOUS les critères de cette classe.
En regardant le monde, il me semble bien que la notion de classe sociale - dans le sens marxiste de la société industrielle du 19ème siècle - est un peu dépassée.
Ecrit par : Shikibu | 01 septembre 2009
Les andouilles à cravate se promenaient avec Télérama pour monter qu'ils faisaient partie de l'élite culturelle...
Ecrit par : Nicolas J | 01 septembre 2009
Ecrit par : Bob | 01 septembre 2009
Ecrit par : narvic | 01 septembre 2009
Ils devaient le croire.
Ecrit par : Nicolas J | 01 septembre 2009
C'est la société d'images qui créé cette "catégorisation" stupide. Ch. Barbier est bête, il vient de le confirmer une fois de plus.
Ah au fait, je lis tous les jours Crise dans les médias : ca me met dans quel tiroir ça ?
Ecrit par : Didier | 01 septembre 2009
Ecrit par : dadavidov | 01 septembre 2009
Si tu as un ordinateur portable, mets l'écran bien évidence! Ce sera un affichage social très original.
@Shibiku,
"En regardant le monde, il me semble bien que la notion de classe sociale - dans le sens marxiste de la société industrielle du 19ème siècle - est un peu dépassée."
Sans doute, mais cette notion de classe se redéfinit tous les jours. Avoir un smartphone ou ne pas en avoir c'est un signe 1 ou 0. On n'échappe pas à la logique du signe.
@Monolecte,
L'absence de signe, la discrétion, c'est une forme de décence, de retenu et, au fond, une jouissance (la libération, l'échappée, la clairière).
Ecrit par : Eric | 01 septembre 2009
Les magazines et quotidiens étant partisants, j'aime connaître les différents avis.C'est grave docteur ?
Ecrit par : M | 01 septembre 2009
1 - ça me fait penser au titre d'un bouquin d'Erving Goffman: "La Mise en scène de la vie quotidienne",
2 - depuis que je lis le FT sur mon kindle dans le métro, ben question affichage ça le fait moins qu'avec la version papier...
3 - depuis que le snobservateur a viré sarko, je me sens obligé (toujours dans le métro) de le plier en quatre pour le lire sans avoir l'air de l'afficher
(ok, je sors)
Ecrit par : rukin | 01 septembre 2009
Ecrit par : Thierry Lhote | 01 septembre 2009
Ecrit par : Gael | 01 septembre 2009
Oui, avec ton kindle tu es obligé de dire: "et si on lisait le FT ce matin?"
Le Nouvel Obs a tourné une page...
Ecrit par : Eric | 01 septembre 2009
Ecrit par : Gael | 01 septembre 2009
Tiens ça me rappelle aussi que j'ai une amie qui aime lire Le Parisien, le prend dans son service de presse, mais m'a avoué qu'elle n'ose pas l'acheter, question d'image ;-)
Ecrit par : jpc/parisbanlieue | 02 septembre 2009
Donc, ces signes restent forts, fortement perçus.
Ecrit par : Eric | 02 septembre 2009
Le figaro, libé ou même le diplo c'est une marque y'a pas de raison que ça échappe au processus.
Ça me rappelle que je cachais discrètement la couverture "junior" pour lire le 3ème tome d'Harry Potter dans le train... plus besoin du tout au 4ème tome, les cadres dynamiques s'affichant ouvertement avec. La légende était devenue planétaire. Harry Potter une marque cool pour Peter Pan moderne, must have ! Le summum de "l'affichage social" fut ensuite de le lire ostensiblement en anglais (ce que je fis, pour ne pas devoir attendre la traduction ;) )
Pour en revenir aux journaux, oui je pense que les journaux quotidiens conservent cette fonction d'affichage social. En Belgique, dans le train (beaucoup de gens prennent le train pour bosser) y'a ceux qui lisent Le Soir, ceux qui lisent ce que j'appelle "les chiens écrasés" (la Dernière Heure, La Meuse) plus "local", ceux qui lisent le gratuit (métro) parcequ'il est dispo (mais qui n'achetaient pas de journaux avant), ceux plus "smart" qui lisent Le Monde (journal français donc) et qui vont en général bosser à Bruxelles et enfin ceux qui dorment avec leur mp3. Tous ces gens ne sont pas habillés pareil, n'ont pas les mêmes gadgets électroniques et n'ont manifestement pas les mêmes "fonctions".
Bien sûr c'est ridicule de généraliser - perso je lis tous ces journaux là ;) s'ils se trouvent sur mon chemin.
Ecrit par : Raffa | 02 septembre 2009
En revanche la combinaison de signes, vêtement, lieu, etc peuvent apporter d'autres signes qui se confortent ou se neutralisent.
Figaro + RER A Saint-Germain + costume sombre
Figaro + RER A Noisy-Mont d'Est + jeans
Figaro + salle d'attente Orly + bagages Vuitton
Figaro + salle d'attente Pole Emploi + sac à dos
etc ;-)
Ecrit par : jpc/parisbanlieue | 02 septembre 2009
Ecrit par : francois | 02 septembre 2009
Mais en ligne, je lis de tout....le monde, le fig, libé, mediapart, ça m'est un peu égal, tout se ressemble et s'assemble. Sauf parfois les reportages, enquêtes etc , la différence est là.
Ecrit par : martine s | 02 septembre 2009
Oui, c'est ce que j'ai failli écrire dans le billet: Barbier ne prend jamais le métro, où on ne lit que des roman ou des gratuits, le plus souvent.
Ecrit par : Eric | 02 septembre 2009
Ecrit par : martine s | 02 septembre 2009
Ecrit par : des pas perdus | 03 septembre 2009
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2009/02/christophe-barbier-ikea-de-la-pensee.html
Ecrit par : Frederique | 03 septembre 2009
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