31 août 2009
Agrégateurs versus sites d'information
Le débat entre sites d'informations et agrégateurs de contenu n'est pas prêt d'être fini, on se souvient du dialogue rugueux entre les journaux français et Google.
Ce billet, publié par Arnon Mishkin, apporte des éléments techniques pour éclairer le débat. Les agrégateurs de contenu sont principalement Google News ou Yahoo News. Ils proposent aux lecteurs un choix de liens, mais ne produisent pas d'information.
L'auteur remarque, en effet, que dans la pratique de consommation des médias, les agrégateurs sont en position de force.
La majorité de la valeur générée est captée par les agrégateurs qui font des liens vers les sites d'information, et non par les sites d'informations eux-mêmes. Selon une étude, la home page d'un agrégateur de contenu reçoit deux fois plus de visites qu'il n'y a de clics effectués sur les liens proposés sur la home page. Les utilisateurs se rendent sur la page pour lire les titres mais ils ne cliquent que si cela les intéresse. Les agrégateur, ce sont des sites comme Yahoo News, Google News, Digg, Techmeme and the Huffington Post.
L'agrégateur (ou portail) est considéré comme la référence, la page où l'on se rend pour consulter des informations. Les sites d'informations (autrefois dits « de référence ») ne reçoivent plus beaucoup de visites par leur home page. Ils en reçoivent par l'intermédiaire de ces agrégateurs et des moteurs de recherche.
L'auteur remarque: « Historiquement, les journaux bénéficiaient de ce travail des agrégateurs, parce que les lecteurs achetaient le journal. Aujourd'hui les seuls bénéficiaires sont les agrégateurs qui proposent des renvois vers les articles".
Pour Eric Schonfled (Techcrunch), la perspective est différente. Les sites d'informations ne sont plus perçus comme un tout. Chaque article vaut pour lui-même et les lecteurs pénètrent sur le site non par la home page, mais par autant de porte d'entrée qu'il y a d'articles sur le site.
De plus il relève que les sites d'informations ne sauraient capter l'attention de leurs lecteurs en proposant 20% d'informations intéressantes et 80% de dépêches d'agence retravaillées.
- A lire également, l'article de Jeff Jarvis "On the link economy"


Commentaires
Il me semble que c'est plutôt l'inverse, non? Les journaux et hebdos doivent payer pour être en bonne place dans les kiosques.
J'y vois plutôt une incompréhension totale de l'écosystème de l'info sur le web plutôt qu'une analyse pertinente.
Qu'en penses-tu, Eric, tu ne t'es pas prononcé dans ton post? ;)
Ecrit par : nicolas. | 31 août 2009
Il me semble que les agrégateurs ont un grand pouvoir d'attraction (voire de prescription): ce sont des outils, donc ils sont neutres. Ils sont dans une position stratégique. Quand un site reçoit un visiteur en provenance de ces agrégateur, le visiteur perçoit le site comme un simple passage, non comme une destination.
En conclusion, j'ai le sentiment que ces agrégateurs sont en position de force...
Ecrit par : Eric | 31 août 2009
Ecrit par : Homer | 31 août 2009
La presse écrite a-t-elle encore une offre publicitaire qui tient la route? Comment peut-elle mettre en place une stratégie de "données"? Il va falloir prouver le retour sur investissement (ROI) aux annonceurs et pas se contenter de faire du display.
Ecrit par : jeffmignon | 31 août 2009
Oui, la source vers l'étude en question n'est pas précisée. Je vais essayer de me renseigner.
Merci de ton commentaire et de tes autres remarques.
Ecrit par : Eric | 31 août 2009
Quand on sait qu'un bon article en home sur un Google Actualité peut apporter jusqu'à 10 000 visiteurs en quelques heures, on préfère investir pour se placer dans les "featured" des agrégateurs que gratter pour des positions sur des mots-clés trop concurrencés. Avec un modèle payant, ça va ressembler à des liens sponsorisés. Sans modèle payant, c'est récupérer le bénéfice de la création des éditeurs avec la pub, générer du trafic agrégateur et des nouveaux abonnements sans produire de contenu.
Un outil type régie pub, régie contenu permettrait de résoudre cette polémique, mais demanderait aux Google, Yahoo, PaperBlog, Wikio d'être transparent...
Ecrit par : Patrice Albertus | 31 août 2009
Si les sites d'information veulent conserver toute la valeur générée par l'info, je ne vois pas d'autre solution qu'un regroupement des créateurs de contenu afin de mettre en oeuvre leur propre portail de référence, concurrent de Google News et des autres agrégateurs. C'est un service utile, celui qui le rend en bénéficie.
Ecrit par : Malesan | 06 septembre 2009
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