15 avril 2008
Royal, Delanoé, socialisme et marketing
Il semblerait que l'on s'achemine vers un duel Royal-Delanoé pour "prendre le PS" et mener la campagne présidentielle de 2012.
Ces deux candidats ont beaucoup de qualités, des différences. Mais ils ont un point commun: le goût du marketing politique.
Tous deux savent gérer leur marque personnelle. Ils savent mêler action et communication.
Bertrand Delanoé a réussi à merveille l'opération Vélib, alliance parfaite d'écologie (un peu), de loi du marché (beaucoup) et de publicité (passionnément). Paris Plage et la Nuit blanche ont été d'autres succès.
Ségolène Royal excelle dans l'analyse des tendances de l'opinion. Elle réussi des "coups" médiatique, en imaginant des propositions qui déconcertent. Elle fait preuve d'ironie dans le choix de ses noms de domaine.
Après sa défaite à la présidentielle, elle a déclaré que son plus grand regret était de n'avoir pas su convaincre les personnes âgées. Comme si le marketing devait avoir le dernier mot.
Est-ce une bonne chose pour le Parti socialiste de miser sur des candidats habiles dans le marketing politique, parfois au détriment du fond?
(photo: Figaro)


Commentaires
- autoritarisme
- bonne gestion locale
- pas de vraies idées
- des courtisans
tout cela n'ira pas très loin j'espère
mais je note qu'encore une fois, ce sont les medias qui font les candidats, qui choisissent les candidats. Pauvre PS.
Écrit par : Didier | 15 avril 2008
Écrit par : dagrouik | 15 avril 2008
"Est-ce du marketing que dire que les problèmes des personnes agées ont été oubliés ?"
Ca ressemble à un discours marketing: les séniors considérés comme une niche à convaincre.
C'est révélateur, car c'est la réponse qui est venue "spontanément" à Royal pour expliquer sa défaite.
Ce n'est pas parce que Sarkozy segmente l'électorat à l'américaine que la gauche est obligée de faire pareil.
Cela dit, je sais que c'est plus compliqué et, concernant les vieux, le PS a essayé de poser la question de l'inter générationnalité, du lien entre les générations.
Il n'en reste pas mois que...
Écrit par : Eric | 15 avril 2008
Eric - D'ailleurs au fond, n'est ce pas l'essnce de la démocratie que de prendre en compte les points de vues des électeurs -même si on ne les partage pas forcément soi-même-?
Si ce que l'on nomme marketing est la prise en compte des avis de groupes bien identifiés, le marketing politique est peut-être simplement un mouvement de démocratisation, et donc bien plus souhaitable que le vilain mot de "marketing" le laissait présager.
Si ce que l'on nomme marketing est l'usage de trucs et astuces de communication, c'est bien autre chose... mais quelque chose qui n'est pas véritablement nouveau - peut-être est-ce simplement ce que l'on nommait rhétorique en d'autres temps?
Écrit par : cratyle | 15 avril 2008
Eric - D'ailleurs au fond, n'est ce pas l'essnce de la démocratie que de prendre en compte les points de vues des électeurs -même si on ne les partage pas forcément soi-même-?
Si ce que l'on nomme marketing est la prise en compte des avis de groupes bien identifiés, le marketing politique est peut-être simplement un mouvement de démocratisation, et donc bien plus souhaitable que le vilain mot de "marketing" le laissait présager.
Si ce que l'on nomme marketing est l'usage de trucs et astuces de communication, c'est bien autre chose... mais quelque chose qui n'est pas véritablement nouveau - peut-être est-ce simplement ce que l'on nommait rhétorique en d'autres temps?
Écrit par : cratyle | 15 avril 2008
Dans quelle mesure est ce un sujet pour les journalistes que de nous raconter les affrontements internes d'un parti politique ? Il me semble que c'est une approche un peu people, non ?
Écrit par : Monsieur Poireau | 15 avril 2008
La comunication selon Royal on voit ce que ça donne "Congrès utile et serein", c'est quelque chose qui ne paele que pour elle, cette bravitude, les gens ne la comprennent pas !
Écrit par : Fanette | 15 avril 2008
Et puis bien que Delanoë fasse du marketing, il vend en priorité des projets (Vélib, Nuits de machin-je-sais-plus-quoi, Paris 2012...).
Alors que Ségolène apparaît plus relâchée au niveau des projets. Il semble qu'elle ait beaucoup de mal à vendre ses idées de démocratie participative, de social-démocratie à la suédoise... Elle vend plutôt son image, sa personne. Je crois que Ségolène Royal a surtout eu du succès parce qu'elle était une femme et prenait le contre-pied du PS sur beaucoup de sujets, mais que ce sont le genre de stratégies qui ne fonctionnent qu'une fois. C'est pourquoi je crois que Ségolène Royal, en l'état actuel des choses, ne pourra pas prendre le PS.
Écrit par : Killcow | 15 avril 2008
Je dis ça parce que j'ai le souvenir que l'année dernière, un site internet ( DA ) avait le même rôle ! Ben quoi les contributions n'ont rien apportées ? Elle ne sont plus d'actualité ? Périmées ?
Désolé je n'adhère vraiment pas à cette démarche !
Écrit par : donatien | 15 avril 2008
Écrit par : balmeyer | 15 avril 2008
Écrit par : dagrouik | 15 avril 2008
tant que l'on restera dans ce schéma là, la gauche ne vaincra pas, plus jamais
oui comme si le marketing devait avoir le dernier mot....
à la fin de la lecture de ton billet Eric, je me demandais comment on pouvait reconstruire une confiance, un élan, une foi en la gauche avec de tels outils et aussi peu de convictions (viscérales) politiques affichées et défendues.....
manquer à ce point de lucidité, pour ces gens là...., c'est bien là la limite de leur intelligence
Écrit par : anne | 15 avril 2008
Écrit par : Didier | 15 avril 2008
J'éspère que nous n'allons pas faire la même erreur qu'aux dernières primaires en cédant au marketing et la popularité.
Nous n'avons pas besoin d'une image pour les futurs présidentielles mais d'un véritable projet avec un homme ou femme capable de le porter sur la durée, compétent, ethique et pragmatique.
Pour moi c'est Moscovici ;-)
Écrit par : marion | 15 avril 2008
C'est peut-être cynique mais c'est ainsi.
Écrit par : abadinte | 15 avril 2008
"Si ce que l'on nomme marketing est la prise en compte des avis de groupes bien identifiés, le marketing politique est peut-être simplement un mouvement de démocratisation, et donc bien plus souhaitable que le vilain mot de "marketing" le laissait présager."
Le fondement de l'action politique, ce sont des principes. La république repose sur les principes qui sont consignés dans la constitution. A un niveau de généralisation très élevé, ces principes se résument en "liberté, égalité, fraternité". Une république n'est pas une addition de de groupes concurents, sinon elle explose.
@Killcow,
J'aime bien ton opposition entre le candidat qui vend un projet et celui qui vend une image. Pas totalement exact...
@Fanette,
Tu n'as pas sorti ton décodeur?
@Monsieur Poireau,
Duel people, mais pas seulement.
Écrit par : Eric | 15 avril 2008
c'est eux qui vous marchent dessus!
et l'president?
il est heureux! ca l'fait trop rire..et pis, il a ses copains!!et pis les copains de sa copine!
alors sego ou bertarnd??? y' aura toujours les mêmes mecanismes: ca se transmet de gébération en génération!! et pendant ce temps là...
Écrit par : dominique | 15 avril 2008
Non, le marketing n'est pas un gros mot. Mais il prend trop de place en politique.
Écrit par : Eric | 15 avril 2008
Écrit par : dominique | 15 avril 2008
et attention...les produits aujourd'hui sont des produits kleenex -
tant qu'on voudra nous faire croire que la politique n'est pas plus respectable qu'un produit (avec tout l'empaquetage bien joli pour mieux nous niquer) il ne faudra pas s'attendre à ce que l'on la considère comme respectable
et d'ailleurs , tiens ça m'a bien énervée !
à cet effet remarquez que sarko a bien réussi son marketing n'est-ce pas, il a fait une bonne étude de marché avant de vendre sa camelote
ah c'est beau les affaires.... mais peu importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse
Écrit par : anne | 15 avril 2008
Plus haut il y aussi cratyle qui ose écrire : "au fond, n'est ce pas l'essence de la démocratie que de prendre en compte les points de vues des électeurs" ! Non cratyle, la démocratie n'est pas une potion ou un remède pour soigner les gens, c'est un système d'attribution et de fonctionnement du pourvoir. Soigner les maux, préparer l'avenir, c'est cela la politique non ?
Écrit par : Didier | 16 avril 2008
Nos deux sympathiques socio démocrates ont été démasqués!
Écrit par : Eric | 16 avril 2008
Par ailleurs, si tu trouves que le marché est irrespectable, j'espère sincèrement que tu ne travailles pas. Car l'homme est sur un marché, l'homme vit du marché.
Un programme doit servir à répondre aux aspirations de la population. Que tu imagines qu'un programme doit entrer dans un dogme, un carcan et ne surtout pas en sortir me fait un peu penser à lutte ouvrière qui a le même programme depuis 1974. Si tu ne cherches pas à comprendre les Français, ce n'est pas étonnant de ne pas recevoir la majorité des votes.
Et oui en effet, Sarkozy a fait du bon marketing. Sa communication a été parfaite contrairement à la gauche. Ses propositions avaient au moins le mérite d'être claires, contrairement à la gauche. Il avait des mots d'ordre facile à intégrer : "travailler plus pour gagner plus", "le président du pouvoir d'achat". Tandis qu'à gauche, les mots d'ordres étaient un tantinet complexe (et d'ailleurs aujourd'hui encore on ne sait pas trop ce que ça veut dire) : "ordre juste", "la France présidente", "pour que ça change fort".
Tu peux te gausser et dire que ça n'a rien à voir avec le fait qu'on ait perdu mais cette communication défectueuse est un problème marketing.
Écrit par : abadinte | 16 avril 2008
Oui, tu as raison, il faut prendre en compte la réalité de la société (d'où marketing), mais il faut aussi s'appuyer sur des principes. C'est la base même d'une politique de gauche (de droite aussi, mais les principes ne sont pas les mêmes).
Écrit par : Eric | 16 avril 2008
effectivement je tente de vivre au plus serré de mes convictions (je n'ai pas dit certitudes cependant) , je fais des choix de vie chaque jour, je pourrais même dire que je vis en résistance au quotidien en refusant au maximum cette vie uniquement axée sur le marché et la rentabilité que je honnis. j'ai presque l'impression parfois d'être une extra terrestre.
du coup je m'extraie bien évidement des 'bienfaits' de ce que tu appelles cette société de marché.
ce mode de vie déterminé par le marché et ce marketing que tu veux mettre à toutes les sauces est d'un triste, d'un conformisme, d'une uniformité, d'un asservissement sans nom...
mais enfin c'est au nom de la rentabilité et du fric, et cela peut se concevoir. Parce que tu admettras quand même que l'utilité unique de ce marketing n'est que le fric.
mais je persiste à dire qu'il est totalement fou de vouloir appliquer le marketing à la politique.
certes, coller au plus près de l'intérêt du peuple, de son bien être devrait être la base de tout programme.
or nous savons tous qu'il n'en est rien du tout. seuls comptent les intérêts de pouvoir des candidats, et l'opposition même nous l'a tristement démontré ces derniers temps
Écrit par : anne | 17 avril 2008
Tout à fait d'accord, Didier, c'est bien cela le but de la politique. J'ajoute que pour parvenir à ce but, il y a (au moins) de visions très classiques en démocratie:
- Pour l'une, l'élu est chargé d'assumer ses propres choix et ses propres opinions, même si elle sont opposées à celle de ceux qui l'ont élu. C'est par exemple la vision montagnarde ou gaulliste.
- Pour les autres, l'élu est plus modestement chargé de traduire les opinions des citoyens, quand bien même elles iraient à son encontre. C'est par exemple la vision girondine, mais aussi la vision social-démocrate, mais aussi la vision socialiste (du socialisme de la SFIO et de la tradition qui l'a précédé).
Je crois pour ma part que la première vision traduit des idées hiérarchiques, où la personnalité du leader ou l'expertise d'un groupe dirigeant est mise en avant. Je préfère la deuxième, ou l'on ne s'en remet ni à l'expert ni au charisme, où le politique est modestement un interprète, et sent qu'en interprétant, il sert bien plus la démocratie qu'en mettant ses propres opinions au dessus de celles des électeurs.
Cela correspond à la fois à une très ancienne tradition de gauche - c'est ainsi notamment, que les syndicats ont toujours été "dirigé"- et je crois à l'avenir de nos systèmes de décision. A l'age de l'internet participatif, faut-il s'en remettre aux "convictions" d'un seul? Faut-il préférer l'encyclopédie des experts à celle de la multitude? Faut-il prendre la voie tracer par un leader où préférer celui qui discute collectivement de ses orientations?
Écrit par : cratyle | 17 avril 2008
Oui, Ségolène Royal et Bertrand Delanoë semblent les mieux placés aujourd'hui pour la course à l'investiture du Ps pour les présidentielles de 2012.
Non, ils ne partent pas sur un pied d'égalité : bien que Ségolène Royal jouit d'une expérience présidentielle, elle n'a pas encore réussi, comme Bertrand Delanoë, a s'assurer un bon consensus parmi les cardres du partis socialistes et surtout pas parmi les plus proches collaborateurs de son ex mari François Hollande :
http://www.redir.fr/gcaeb
Écrit par : Gwenaël DEROUET | 17 avril 2008
Oui, parce que permettra de faire gagner ce parti.
Non, parce qu'il ne pourra que décevoir.
Écrit par : Docteur Peuplu | 19 avril 2008
Écrit par : Didier | 20 avril 2008
Écrit par : bling-bling | 20 avril 2008
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