12 février 2007
Comment parler des livres qu’on n’a pas lus
Comment parler des livres qu’on n’a pas lus, de Pierre Bayard est un succès de librairie.
Je ne l’ai pas lu.
Je vais vous en parler.
Ce qui est intéressant dans ce livre, c’est que l’auteur nous décomplexe. Il nous dit que Paul Valéry ou Montaigne parlaient volontiers de livres qu’ils n’avaient jamais ouvert. Lui-même a lu une centaine de pages de l’Ulysse de Joyce et il peut faire cours à l’Université sur ce livre.
L’idée principale de Pierre Bayard est qu’il existe plusieurs parcours de lecture. On n’est pas obligé d’aller du début à la fin.
Il distingue plusieurs manières de n'avoir pas lu un livre :
- lorsqu'on ignore jusqu'à son existence,
- lorsqu'on l'a parcouru,
- lorsqu'on l'a évoqué,
- et lorsqu'on l'a oublié.
Personnellement, quand je ne finis pas un livre, je culpabilise. Et en général, je ne finis pas les livres. Grâce à Pierre Bayard, je vais pouvoir revivre!
Publié dans Art, littérature | Lien permanent | Commentaires (22)



Commentaires
Ecrit par : Irène Delse | 12 février 2007
Oui, c'est une bonne chose de rappeler les droits du lecteurs! Car face à la culture on se sent comme face à un pouvoir, un peut démuni, intimidé.
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
D'ailleurs, je ne l'ai pas lu et je peux donc en parler élogieusement !
:-)
C'est vrai que les gens ont des complexes à dire : Proust, je le trouve chiant ou Balzac, tu retires les descriptions, il reste une bonne trentaine de pages intéressantes !
Et pourtant, c'est le lecteur qui fait le livre. Pas l'auteur !!!
[est ce qu'un plat est moins bon, au restaurant, si on ne termine pas son assiette ?]
:-)
Ecrit par : filaplomb | 12 février 2007
on est libre avec un bouquin en main de faire ce que l'on en veut, c'est vrai qu'il échappe à son auteur,mais je crois que c'est ce qu'il veut, l'auteur : qu'on se l'approprie sans avoir de compte à rendre
Ecrit par : lesyeux | 12 février 2007
on est libre avec un bouquin en main de faire ce que l'on en veut, c'est vrai qu'il échappe à son auteur,mais je crois que c'est ce qu'il veut, l'auteur : qu'on se l'approprie sans avoir de compte à rendre
Ecrit par : lesyeux | 12 février 2007
Mais si on a envie de finir le plat, c'est comme ça!
Pareil avec les livres. On se dit qu'il y a toujours quelque chose d'important à la fin.
@lesyeux,
Oui, c'est ce que nous apprend le livre de Bayard.
Et comme tu le dis, le livre nous apprends à être libre (d'ailleurs les deux mots ont la même étymologie).
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
et si on finit pas son livre?
Ecrit par : roi bourdieusien | 12 février 2007
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
Ecrit par : Nicolas J | 12 février 2007
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
je suis d'accord avec les yeux, l'essentiel est de s'approprier le livre, mais je déteste ne pas finir un livre, et je déteste aussi être déçue par un livre et comme je suis de plus en plus difficile, ça m'arrive souvent.
Ecrit par : céleste | 12 février 2007
Ah, tu vois! C'est pénible de ne pas finir un livre!
Pennac aurait-il servi de source d'inspiration à Bayard? Il nous dirait bien qu'il ne l'a pas lu...
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
http://www.ouinon.net/index.php?2007/02/12/121-comment-parler-des-livres-quon-na-pas-lus
avec ma photo en gros plan, c'est sidérant...
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
Ecrit par : Irène Delse | 12 février 2007
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
J'espère que ça ne vous embête pas que j'ai parlé de ce billet sur Ouinon ? Sinon, dites moi et je corrigerai ;-)
Christophe
Ecrit par : ouinon | 12 février 2007
:-)
Ecrit par : filaplomb | 12 février 2007
Il faudrait peut-être t'y mettre!
@Christophe,
Merci pour la citation!
Ecrit par : Eric | 12 février 2007
Ne pas culpabiliser les non lecteurs, je suis d’accord. C’est le point fort du texte de Bayard. Mais je pense que l’on ne peut pas faire une apologie de la non lecture et faire croire aux gens qu’il n’est pas nécessaire de lire un livre pour se donner le droit de le décortiquer avec certitude. Pas de complexe, certes, mais sans faire de la non lecture une démagogie académique.
Ecrit par : Angélica Montes | 13 février 2007
Oui, je pense que c'est l'effet pervers de ce livre. Et ça m'a décontenancé d'entendre cet auteur qui semblait nous encourager à la paresse.
On lira sans doute ce livre dans ce sens, et moi-même j'incline dans ce sens dans mon billet.
En fait, la thèse de Bayard est tellement étonnante, qu'on peut la simplifier abusivement...
Mais c'est beaucoup plus subtil. Ce qu'il interroge, très philosophiquement, c'est "qu'est-ce qu'avoir lu un livre".
En ce sens il est très proche d'Umberto Ecco et ses théories de la lecture ouverte.
Ou on pourrait dire comme Freud "analyse finie et infinie". Une psychanlyse n'est jamais finie. La lecture d'un livre non plus...
Ecrit par : Eric | 13 février 2007
Une petite correction tout de même, sur les parcours de non-lecture : il ne s'agit pas de livres que l'on a évoqués mais de livres que les autres ont évoqué autour de nous, et dont on a du coup une certaine idée.
Ecrit par : Game A | 18 février 2007
Merci de la précision.
Ecrit par : Eric | 18 février 2007
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