24 septembre 2009
A-t-on jamais payé pour le contenu (d'un journal)?
Que paie-t-on quand on achète le journal (ou une oeuvre de l'esprit)? Le contenu? Sans doute pas, suggère Paul Graham (cité par Jeff Jarvis)
"En réalité, les consommateurs n'ont jamais réellement payé pour le contenu (d'une oeuvre ou d'un journal). Si ce qu'on vendait était le contenu, pourquoi le prix, d'un livre, d'une oeuvre ou d'un film dépend principalement du format de l'oeuvre? Pourquoi un meilleur contenu ne coûte-t-il pas plus cher?
Un exemplaire de Time magazine coûte $5 pour 58 pages, soit 8.6 cents par page. The Economist coûte $7 pour 86 pages, 8.1 cents a page. Le meilleur journalisme est donc un peu moins cher."

Commentaires
Écrit par : Hervé Torchet | 24 septembre 2009
D'accord. Mais si on le paie, c'est aussi en raison de son contenant!
Et si on en tenait plus compte, de ça?
Écrit par : Eric | 24 septembre 2009
Je peux acheter Le Figaro et trouver que le contenu est bon, et celui qui lira Libération pourra trouver ce même contenu mauvais.
Après, c'est une histoire de renommée.
Écrit par : Guillaume | 24 septembre 2009
Tu as raison. Je crois que c'est la limite de l'argumentation de M. Graham. Il dit que The Economist est meilleur que Time. C'est assez juste, objectivement (infos plus fouillées, articles plus longs). Mais, subjectivement c'est discutable. Et Time est peut-être plus fin dans son analyse des phénomènes de société.
Écrit par : Eric | 24 septembre 2009
c'est exactement ce que je voulais dire, c'est une valeur subjective, toute proportion gardée.
Écrit par : Guillaume | 24 septembre 2009
Écrit par : Dominique | 24 septembre 2009
Durant toute la vague de critique des "gratuits" les journalistes bien pensant se sont bien garder de publier la source principal de financement des "payants" ...
Écrit par : Laurent GUERBY | 24 septembre 2009
Écrit par : X. Ternisien | 24 septembre 2009
Et si on raisonnait par l'absurde ? Un journal gratuit de 40 pages coût 0.-. Donc, 0.- la page. Alors, il ne vaut vraiment rien... C'est quasiment 'pataphysique !
Et, au fait, est-ce la "page" est la bonne unité de mesure ? Pourquoi pas le cm2 de papier, ou la phrase, le mot… voire le caractère ?
Cela dit, j'achète mes journaux pour le contenu avant tout, même si je ne dédaigne pas une mise en page attrayante. Il en va sûrement de même de la plupart des gens. Mais évidemment, comme c'est souligné ici, le travail de rédaction ne constituera qu'une partie limitée de la valeur ajoutée comptable du produit final. Et dans un tableau de Van Gogh, combien valent les tubes de peinture utilisés ? ;-)
Écrit par : Dani | 24 septembre 2009
Je te soupçonne d'avoir mal digéré l'article de Jarvis! L'argumentation est discutable, mais permet de changer le point de vue sur la question.
Par ailleurs, je n'ai repris qu'une partie de l'article: l'argumentation est plus complexe.
@Laurent,
Donc, c'est que l'Express est d'un prix exorbitant comparé au Canard enchainé!
@Dani,
Oui, la valeur et le coût sont aléatoires.
Au fond, les raisons qui poussent à acheter un journal sont subjectives et "sociales", par exemple il y a le désir de se montrer avec le journal. Tout cela n'est pas clair.
Écrit par : Eric | 24 septembre 2009
Écrit par : Ferocias | 24 septembre 2009
Il y a aussi le désir de NE PAS se montrer avec un journal.. Je ramasse les gratuits de ma région (pour les critiquer sur mon blog, et accessoirement suivre un peu ce que lisent mes étudiants et élèves...)... mais je me dépêche de les cacher dans mon sac !!!! (si quelqu'un me voyait.... ah ah ah !)
Pour le reste, je ne pense pas le coût soit "aléatoire" (un aléa, où ça ?). Non, je dirais plutôt que le prix (coût + marge) est multifactoriel... et qu'il est pas évident de recenser tous ces facteurs.
Écrit par : Dani | 24 septembre 2009
"multifactoriel" est bien le mot. Les financiers ont leur avis sur la question (voir le billet sur le Parisien: apparemment les financiers ont eu leur mot à dire).
Écrit par : Eric | 24 septembre 2009
d'accord sur l'utilisation abusive de l'anglais.
Écrit par : unouveaucompte | 25 septembre 2009
Mais il reste encore bien des axes d'analyse : l'approche Feng Shui (les bureaux des journalistes sont-ils orientés au nord ?), écolo zen (un tri sélectif est-il réalisé dans ces mêmes bureaux), etc.
Bon, il y a d'autres paramètres interdépendants comme le prévisionnel des revenus (ventilation des sources : ventes directes, abonnement, publicités, PA), les réalités du marché, le taux de pénétration, le prix psychologique en fonction de la cible...
Un journal papier se vend en lot. Le prix de la page n'a de sens que pour l'annonceur et le traffic manager. Le reste n'est que discussion du café du commerce.
Il est effrayant de constater que l'on en est là !!!
Ceci dit, pour délirante qu'elle soit, cette phrase a lancé un débat des plus intéressants et divertissants ツ (...même s'il ne fait pas avancer le schmilblick).
Dani évoque la valeur d'usage, qui est différente en temps de pénurie / de profusion.
La valeur d'un article / journal papier dépend (entre autres) :
- du nombre de nos sources d'information
- de la confrontation entre nos convictions et ces mêmes sources
- du rythme auquel nous souhaitons être informés
Financièrement, le coût d'achat d'un ou plusieurs journaux -même quotidiennement- ne vient pas fondamentalement gréver le budget moyen.
Ce qui change aujourd'hui est que nous sommes dans une période de profusion quantitative de l'offre informationnelle.
Si un titre veut se différencier, il doit forcément travailler sur la qualité, dans laquelle entre également la "mise en page attrayante" pour re-citer Dani.
Etymologiquement, informare ne signifie-t-il pas "mettre en forme" ?
Écrit par : Jean-Pierre | 25 septembre 2009
"Ce qui change aujourd'hui est que nous sommes dans une période de profusion quantitative de l'offre informationnelle."
Oui, dans une "économie de l'abondance", les critères sont différents.
Le critère de qualité de l'information entre en premier.
Et, bien sûr la distinction entre le fond et la forme ne compte pas. C'est un peu la conclusion que je tire des échanges sur Twitter. On ne paie pas pour le contenu, on ne paie pas pour le contenant non plus.
La distinction entre contenu et contenant n'a pas trop de sens.
C'est sans doute ce qui explique que la prhase citée dans cet article a déclenché autant de réactions.
Écrit par : Eric | 26 septembre 2009
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