28 mai 2009

"Les journalistes méritent des bas salaires"

Plutôt abrupte, l'argumentation de Robert G. Picard, selon laquelle "les journalistes méritent des bas salaires".

Ce spécialiste de l'économie des médias, enseignant à l'université suédoise de Jonkoping et à Oxford estime: "les salaires reflètent la valeur produite. Et les journalistes, ces jours-ci, ne créent plus vraiment de valeur". (source: E24)

Selon lui, les journalistes produisent un travail trop standardisé. Ils n'ont plus un accès privilégié aux sources d'information. Il déplore le panurgisme des médias. "La plupart des journalistes partagent les mêmes qualités (…), utilisent les mêmes sources, posent les mêmes questions et produisent des articles relativement similaires".

Il critique aussi les sujets traités par les journalistes:

"La plupart des journalistes traitent de sujets sans importance. Ils passent leur temps à parler des people, de nourriture, de voiture et de divertissement. En gros, seulement 20% de l'information produite est vraiment intéressante". (The Media Business)

Que faut-il en penser?

Commentaires

Il a pas tort, mais le problème vient pas d'eux, ils ont aussi des boss qui disent quoi faire...
Et puis on est client, alors ils vont pêcher ce qui nous intéressent, c'est à dire le superficiel...

Enfin je dis ça, je dis rien...

Ecrit par : alexandre | 28 mai 2009

@Alexandre,

Oui, il semblerait que la difficulté soit d'établir un critère juste: qu'est-ce qui est intéressant? Qu'est-ce qu'une information de valeur?

Ecrit par : Eric | 28 mai 2009

Disons qu'il aborde, en négatif, le problème de l'adaptation nécessaire d'une profession à sa mise en concurrence forcée par le progrès technologique.

Ecrit par : Rubin | 28 mai 2009

Hum... parler de nourriture ne me semble pas être un sujet forcément léger et superficiel, bien au contraire. Tout dépend de ce que l'on écrit et cherche à ce sujet ou de ce que l'on utilise comme sources et références. On ne peut mettre sur le même plan un article de magazine féminin sur les régimes amaigrissants ou les meilleures recettes de smoothies ou les bonnes adresses de fooding et de slow-food, et puis une enquête sur les entreprises agro-alimentaires, au prix des aliments venus des antipodes, à la rémunération juste des agriculteurs de notre monde ou du tiers-monde, ou sur les habitudes de consommation liées aux craintes épidémiques, à la paupérisation d'une partie de la population, aux nouveaux modes de vie ou à la cherté de certains produits. Un sujet sur la nourriture peut porter par exemple sur les émeutes de la faim qui risquent de se reproduire ! Il y a eu alors des morts, ce n'est pas quelque chose que l'on peut qualifier d'inintéressant ou de divertissant. Cela peut être très politique, mais il y a en effet la nourriture-spectacle à côté, souvent avec un côté people et gadget. Ce qui importe, c'est l'angle, pas forcément le sujet.

Ecrit par : Dominique | 28 mai 2009

@Dominique,

Oui, la difficulté est de dire ce qui est intéressant, ce qui a de la valeur...

Ecrit par : Eric | 28 mai 2009

Le présupposé selon lequel "les salaires reflètent la valeur produite" me paraît fragile et partiel.

Ceci dit, combien Robert G. Picard paierait-il les journalistes du Daily Telegraph pour leur travail sur les notes de frais des députés ?

Ecrit par : rukin | 28 mai 2009

@Rukin,

Merci de ton commentaire. Effectivement, je ne connais pas quelles sont les règles ou les théoriques qu'utilisent les économistes pour parler de la fixation des salaires, mais il me semble qu'il doit y avoir de nombreux paramètres en jeu.

Ecrit par : Eric | 28 mai 2009

Soit une information qui parait dans un seul journal mais une exclusivité. Ça va rapporter des centaines de milliers de lecteurs et donc d'argent frais au journal.
Mais la même info, si tu la rend immédiatement accessible à tout le monde en même temps, ça ne vaut plus rien.
Comme quoi la gratuité de l'information nuit gravement à la profession de journaliste.
J'ai dit une connerie ?

[Dominique ? :-)) ]

Ecrit par : monsieur Poireau | 28 mai 2009

D'accord avec rukin, si les journalistes deviennent comme des publicitaires face a une large audience, alors pourquoi les publicitaires ont eux un gros salaire ?

Ecrit par : rimbus | 28 mai 2009

A première vue, ce n'est pas faux...

L'infos circulaire, ça vaut peu, voire nibe.

En élargissant ce type de raisonnement à la société dans son ensemble, il n'y a plus grand monde qui va gagner de l'argent...

Mais, le journaliste a un rôle essentiel. Il contextualise le Spectacle. Et cela n'a pas de prix...

Ecrit par : vogelsong | 28 mai 2009

Que faut il en penser ? Exact, correct, très vrai !

Ecrit par : Dagrouik | 29 mai 2009

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