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Bobby Fischer est mat

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La mort de Bobby Fischer m'a choqué. C'est comme si je le croyais immortel.

Mais, disons-le tout net: Fischer est mort en 1972.

Il est mort le jour où il a réalisé son rêve, devenir champion du monde d'échecs.

A partir de ce jour-là, sa vie a cessé d'avoir un sens. Elle s'est perdue dans des illusions, des désillusions. Fischer a dérivé.

Ce que je retiens de lui, ce sont ces années de conquêtes échiquéennes.

Grand maître à 15 ans

Il a été le plus jeune grand maître à 15 ans. Il a remporté de nombreuses victoires dans les championnat des Etats-Unis. Et, finalement, il a conquis le titre mondial. 

Il atteint alors un niveau de jeu inégalé depuis (sauf, sans doute, par Kasparov!) Il bat Taïmanov, un des meilleurs russes, par 6-0. Il bat Larsen, le danois, meilleur joueur de tournoi de l'époque, par 6-0. Puis il bat l'ancien champion du Monde Pétrossian 6,5-2,5. Une série inédite dans l'histoire des échecs.

En finale, il règle son compte au champion du Monde sortant, le russe Boris Spassky.

Ce que je retiens de lui? Pas son caractère: il était pointilleux, toujours en lutte contre les autres. Boris Spassky, qui est tout le contraire de lui, affable et charmant, résume la chose: "Si Fischer veut boire un café, vous devez boire un café".

La recherche du meilleur coup

Mais, sur le plan du jeu, Fischer est ce qui se fait de mieux. Il a un style actif, agressif, mais également très propre, presque classique. C'est un joueur qui recherchait systématiquement le meilleur coup.

Vous me direz: c'est le cas de tous les joueurs? Non. Certains se contentent de jouer de bons coups, attendant la faute de l'adversaire. Fischer, lui, ne voulait jouer que les meilleurs coups.

C'est ainsi qu'il remporta un championnat des Etats-Unis en réalisant le score parfait de 15 victoire en 15 matchs. Un joueur normal aurait terminé le tournoi en concédant des matchs nulles pour passer l'après-midi en jouant au tennis. Pas Fischer.

Fischer est aussi l'homme qui s'est démené pour exiger des organisateurs de tournoi des conditions financières décentes pour les joueurs. C'est, au fond, le premier joueur professionnel.

J'ai choisi pour photo une où on le voit jouer aux échecs. Fischer reste une légende. (Vous pouvez revoir ses parties sur le site d'Europe Echecs)

Commentaires

  • Bien que j'ai abandonné les échecs depuis longtemps, le joueur et le personnage Bobby Fischer me fascine encore, même dans sa folie de reclus.

    As-tu remarqué que ce fou du jeu à 64 cases est mort à ...

    64 ans !

    Comme si c'était fait exprès!

    J'en entends au fond qui disent "Ouais, comme Carlos!", m$ais ça n'a rien à voir.

    Arf!

    Zgur

  • Oui, le symbole a été remarqué par tous les joueurs d'échecs.

    Et Kasparov s'est exprimé hier en reconnaissant que Fischer était le plus grand joueur de tous les temps.

  • Fischer était peut-être « le plus grand joueur de tous les temps », mais Kasparov l’aurait battu…

  • @Nathael,

    tiens! J'attendais ton commentaire.

    Oui, tu as raison. Je pense qu'une rencontre entre eux dans les années 80 aurait sûrement vu la victoire de Kasparov.
    L'apogée du joueur d'échecs se situe vers 35 ans. Donc, Fischer aurait de toute façon été trop vieux pour rencontrer Kaspi.

  • Eric, j'ai eu le même sentiment que toi, en même temps surpris de sa mort et la réaction "mais il n'était pas déjà mort ? ce qui revient à ce que tu dis.
    Avant ces championnat où il bat les russes, il est allé s'isoler pour améliorer son jeu pendant presque 5 ans (j'ai lu ça mais j'ai pas vérifié !), en clair c'était LE perfectionniste des échecs !

    Il préconise des parties sans pause pipi (on se souvient du coup des toilettes aux derniers championnats) pour revenir aux échecs purs.
    Il a proposition intéressante pour renouveler le jeu : poser les pièces de départ de manière aléatoire sur la ligne de bord ! (à étudier, pourquoi pas !). Pour lui, ça permet de multiplier de telle manière les combianison possible qu'il devient quasi impossible de préparer les parties et devrait permettre, là aussi, de revenir au jeu pur.
    En clair, c'était vraiment un fou d'échec. Mais fou tout court aussi sans doute…

    [J'ai joué dans les années 80 contre Spasski. Il est vraiment très simple, humain… Bon, il y avait 39 autres joueurs avec moi et il a tout gagné sauf deux nulles ! :-))) ].

  • @Filaplomb,

    Oui, Spassky est quelqu'un de charmant. Son drame est d'avoir vécu dans l'ombre de Fischer. Les soviétiques ne lui ont pas pardonné d'avoir perdu le match, il a dû s'exiler. Et il est devenu français (comme Alekhine autrefois, autre champion du Monde).

    Je ne sais pas si Fischer s'est entraîné après son titre. La version officielle, c'est qu'il a arrêté.

    Il a inventé, comme tu dis, le placement aléatoire des pièces.
    Il a aussi inventé le système Fischer pour le calcul du temps. Ca consiste à rajouter du temps à chaque fois qu'on joue un coup.
    Au lieu de jouer une partie où tu as 2 h par joueur (quand un joueur a écoulé ses 2 h il a perdu), tu peux mettre par exemple 1 h 30 + 1 minute par coup joué. La conséquence, c'est que tu ne peux pas perdre au temps. Tu as toujours du temps.
    C'est une gestion du temps qui est différente.
    Il a apporté pas mal d'innovation.
    Mais ça reste un champion d'avant l'ère des ordinateurs.

  • Eric : merci pour la précisionsur le temps, je l'ignorais. C'est une bonne idée !
    Par contre, je disais qu'il s'est isolé pour s'entraîner longtemps AVANT ces fameux championnats !
    :-)

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