10 août 2007
L'Humanité scrute les riches
Cette semaine, l'Humanité enquête sur les riches. Les riches sont de plus en plus nombreux en France et de plus en plus riches. Et les pauvres?
"En 2007, l’administration fiscale a comptabilisé, en chiffres ronds, 61 400 assujettis à l’ISF de plus qu’en 2006. Ils étaient 518 000 contre 456 600 l’année précédente et 394 500 en 2005" explique l'Huma.
Les riches le sont de plus en plus
"Les 35 000 foyers les plus riches ont vu leurs revenus augmenter de 19 %, l’augmentation étant encore plus rapide pour les 3 500 « super-riches » dont les revenus ont presque doublé : + 42,6 %".
Les super riches
"La fortune professionnelle de Bernard Arnault, toujours en tête du palmarès de Challenges, a augmenté de cinq milliards d’euros en un an, pour dépasser aujourd’hui 23 milliards d’euros. Pour figurer aujourd’hui dans ce palmarès des 500 plus grandes fortunes professionnelles françaises, il faut posséder un patrimoine de 60 millions d’euros. En 1997, il suffisait de 15 millions : le ticket d’entrée a vu sa valeur quadrupler".
418 niches fiscales
Ainsi l’ISF ne prend pas en compte le patrimoine professionnel, y compris sous la forme d’actions. Ni les objets et oeuvres d’art. Il existe en France 418 niches fiscales qui permettent de soustraire une part importante des hauts revenus à l’impôt.
(Texte Michel Pincon et Monique Pinçon-Charlot).
Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (41)



Commentaires
c'est flippant en effet, les inégalités s'accentuent et la société régresse d'une certaine manière.
Néanmoins je lisait l'autre jour dans "Le Point" que cette tendance s'est amorcée sous Jospin entre 98 et 2002.
La vraie richesse est intellectuelle, et de ce point de vue aussi, il est affligeant de constater le désintérêt croissant de nos concitoyens pour la culture.
Heureusement qu'il y a des gens comme toi pour nous faire réfléchir avec tes merveilleux textes taoïstes. Merci.
Ecrit par : rimbus | 10 août 2007
Ecrit par : Valeuf | 10 août 2007
Nous avons un phénomène génial de popérisation de la classe moyenne. Qui n'est pas un vain mot, les jeunes sortant de l'école sont payés à des prix qui me font serrer les poings...
Sans jouer la complainte riches contre pauvres, il y a une vraie lutte pour le pouvoir d'achat à mener, et pour la valorisation du travail. Pas sur que les dernières mesures fiscales profitent au plus grand nombre... Mais on verra plus tard.
Bonne journée
Ecrit par : Falconhill | 10 août 2007
Oui, tu mets le doigt là où ça fait mal: certains produits deviennent de plus en plus "chers", et ce sont les produits courants.
Une personne de revenu moyen (jusqu'à 2 fois le SMIC) sera forcément défavoriée car qu'on gagne un salaire moyen ou 100 fois le SMIC, on ne peut pas manger plus!
Et cette cherté des produits courants est assez inquiétante.
@Rimbus,
La richesse en soi n'est pas une mauvaise chose. C'est une bonne chose quand on est riche!
Oui, les inégalités ont continuer avec cette gauche "clintonienne" ou jospinienne.
en fait, l'accroissement des inégalités est inscrite au coeur même du projet ultralibéral. C'est en créant de la rareté, de la pauvreté qu'on crée de la valeur, de la richesse.
Ecrit par : Eric | 10 août 2007
http://www.inegalites.fr/index.php
Ecrit par : Eric | 10 août 2007
Ecrit par : tefy | 10 août 2007
Et comme en plus, il y a de moins en moins de pauvres (tendance sur les 15 dernières années), que demande le peuple ?
non, mais y'a quand même des problèmes..comme l'immobilier. Le fait qu'il y ait de plus en plus de gens riches qui peuvent mettre un montant élevé dans l'achat d'un bien provoque une hausse de l'ensemble des biens immobiliers. D'autant que le nombre de nouvelles zones constructibles ne suit pas du fait d'une prise de conscience des soucis écologiques. Je pense donc qu'à plus ou moins long terme, il sera de plus en plus difficile pour les classes populaires de devenir propriétaires. Je ne sais pas si c'est bien ou pas. Mais on peut imaginer que tout le capital que les gens-pas-riches mettent dans l'immobilier aujourd'hui servira à autre chose : les voyages, la culture etc.
à suivre..
Ecrit par : Loïc | 10 août 2007
D'accord, sauf sur le point de savoir s'il y a plus ou moins de pauvreté en France.
De plus, out dépend où on met la ligne de flotaison. Et aussi: tout dépend de ce que ressentent les gens. Certains, avec 4000 euros par mois se sentent pauvres. D'autres, qui passent du RMI au SMIC, se sentent mieux...
Concernant l'accession à la propriété, c'est vrai qu'elle reste un "rêve" pour beaucoup. Un idéal de stabilité, la possibilité de construire une famille. Mais elle n'est plus LE "rêve" n°1. Le besoin d'expériences enrichissantes est aussi très important.
Ecrit par : Eric | 10 août 2007
La richesse n'est pas un crime, par contre l'avidité et la radinerie oui !
:-)
Ecrit par : filaplomb | 10 août 2007
Bien entendu, il me faut argumenter d'un point de vue économique:
-Plus de riches certes, mais toujours plus d'espèces animales et végétales qui disparaissent: quel rapport, me demanderez-vous ?
Le problème des riches, outre qu'ils continuent d'exploiter des plus pauvres qu'eux, est aujourd'hui les destructions environnementales qu'ils provoquent: toujours plus de transport aérien privé de luxe, toujours plus de mitage des littoraux par des golfs ou des villas, par exemple...ou encore de 4x4 dans les centres-villes.
En outre, les riches d'aujourd'hui n'impulsent plus de progrès économiques comme c'était le cas jusque dans la première moitié du XXème siècle: en témoigne la grande pauvreté culturelle des riches d'aujourd'hui, leur grand conformisme dont parle très bien les Pinçon-Charlot dans leurs ouvrages sur la bourgeoisie, qui est devenu un livre de chevet pour nombre de militants d'extrême-gauche d'aujourd'hui.
Donc les riches d'aujourd'hui sont toujours plus parasitaires et inutiles au reste de la planète: les admirer ne crée pas de richesse.
Les euthanasier serait la solution...
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
Sans allez jusqu'à ces moyens extrêmes, les faire maigrir serait un bon début.
Ton commentaire me fait penser au livre d'Hervé Kempf, que je n'ai pas lu:
http://www.amazon.fr/Comment-riches-d%C3%A9truisent-plan%C3%A8te-Herv%C3%A9/dp/202089632X
Ecrit par : Eric | 10 août 2007
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
Oui, à long terme nous sommes tous morts!
Et proverbe chinois: quand les gros maigrissent, les maigres meurent.
Ecrit par : Eric | 10 août 2007
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
je ne sais pas quel est le pourcentage de gens qui peuvent multiplier les expériences..mais c'est faible. ça n'est pas donné à tout le monde de pouvoir changer de boulot, de bouger etc. ça concerne quelques uns qui ont un certain bagou, un certain QI..etc.
Pour les petites gens, le fait de devenir proprio est un idéal et le restera.
Julien, à te lire, tu n'es pas simplement un 'ancien trotskyste', tu es un trotskyste, point barre. Ne le prends pas mal, il faut de tout pour faire un monde..
Mais bon, dire que les riches ne servent à rien à l'économie est une ineptie. Va dire ça par exemple aux ouvriers des chantiers navals de St-Nazaire qui construisent paquebots et yachts...
Toute l'industrie du luxe..
Et l'épargne des riches permet aux banques de prêter aux moins riches..
etc etc..Pour reprendre, une formule de votre héroïne, 'tout se tient'.
Tout un sens en tout cas. L'accumulation du capital entre quelques mains est le nerf de la guerre. Je n'y peux rien, on n'a pas encore trouvé mieux pour que la machine fonctionne plutôt pas trop mal, ou, de façon moins pire que les autres systèmes.
Ecrit par : Loïc | 10 août 2007
Ecrit par : Loïc | 10 août 2007
Attaque ad hominem un peu facile: si j'étais trotskyste, je prônerais la lutte des classes. Je ne te qualifie pas d'archéo-capitaliste, que tu es pourtant à l'évidence.
Il faut de tout pour faire un monde, comme tu dis...
Je suis un écolo-socialo à mi chemin entre Alain Lipietz et Gérard Filoche. Qui croit même en l'économie de l'innovation et en l'esprit d'entreprise.
Seulement, j'ai la faiblesse d'être de gauche, et de ne pas aimer les très très riches. J'adore les classes moyennes, contrairement aux trotskystes, qui ne pensent qu'aux ouvriers et à un prolétariat mythifié.
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
Sais-tu que très peu de gens fortunés font la demande de remboursement du trop-payé ? j'ai cru lire qu'en 2006, seuls un millier de riches avaient été remboursés par le trésor.
Comment expliquer ça ?
- les démarches, les papiers à remplir en rebutent pas mal qui pensent en fin de compte que le jeu n'en vaut pas la chandelle.
- beaucoup doivent considérer qu'on ne revient pas sur un impôt payé. tous les gens riches ne sont quand même pas des ingrats. Je suis persuadé que les riches de gauche ne demandent pas en tout cas. question de conscience..
En conclusion l'abaissement à 50% ne servira à rien. Ce n'était qu'une opération de com 'à l'envers', à savoir que ça ne servira pas l'image de marque du gouvernement.
Ecrit par : Loïc | 10 août 2007
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
D'après toi, le fait d'aimer ou pas les gens dépend de leur catégorie sociale ? (tu dis ne pas aimer les très très riches..)
Par exemple, j'aime beaucoup Proust, or il était rentier. Et ça fait deux ans, j'ai détesté un sdf qui avait quasiment agressé ma fille à la sortie d'un hard-discount.
Aimer ou pas les gens ne dépend pas de leur portefeuille.
(ps : je me définis comme un socio-libéral, c'est à dire plus clairement comme un conservateur)
Ecrit par : Loïc | 10 août 2007
Le type qui a crée le blog "What's Next" se dit lui aussi social-libéral. Mais ce qu'il dit (lis-le) me donne bien plus envie d'enfiler des gants que...quand je suis sur le blog de Sabine Hérold, d'Alternative libérale.
Les vrais libéraux restent entre eux, et cela évite d'ailleurs les clash dans les commentaires de blogs !
Moi aussi j'admire le rentier Proust, son oeuvre majeure que j'ai adoré: mais Proust était un oisif qui ne se mélait pas de politique, en plus d'être à la littérature ce que Mozart a été à la musique...
Pour me situer, saches que j'ai admonesté un SDF sortant de prison, il y a deux mois, à une terrasse de café à la gare du Nord: il m'a fondu dessus alors que je lisais "le Monde", posé ses mains sur mes genoux d'un air agressif en me demandant du fric: je lui ai immédiatement fait comprendre mon dégoût physique et lui ai dit de demander le RMI...
Donc, la question n'est pas là: j'ai un multi-millionnaire dans ma famille, grand oncle du Brésil, vilain capitaliste mais je l'aime beaucoup, car il est gentil et vient chez nous en toute modestie très souvent. Il ne frime pas, n'a pas fait d'études, a fait fortune grâce au capitalisme et à son travail et sa fortune (yachts, comptes suisses...) me paraît en partie méritée.
Ce que je n'aime pas (mais il faudrait développer et nuancer), ce sont les riches dont les fortunes sont disproportionnées et qui entretiennent le capitalisme malsain qui caractérise la nouvelle globalisation: on voit bien que le retour à un "capitalisme familial" et à de nouvelles situations de rente qu'a étudié Piketty (et l'impossibilité de développer le fameux "capitalisme populaire" auquel pensait De Gaulle et une partie de la droite populiste)...nous fait aller dans le mur !
La Chine et l'Inde nous font penser que le vieux capitalisme est résilient mais, dans un même mouvement, le capitalisme des anciens pays riches ne crée plus de richesses comme avant ! Je ne défends pas l'existant et je pense que le faire est immoral.
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
Ceci dit, bien que je sois de droite, je considère que les luttes du passé, le principe de la lutte des classes etc, ont servi le système et l'ont fait progressé. tout a un sens.
Ecrit par : Loïc | 10 août 2007
Je ne connais pas beaucoup d'économistes macro qui ne parlent pas des risques systémiques, de la nécéssité de refluidifier les mécanismes redistributifs...
J'ai tendance à penser que les libéraux français ont une vision grossière de ce qu'est le libéralisme: aucune tradition dans ce pays.
Et les militants politiques "conservateurs" nous expliquent que les Golden Parachutes, c'est important, que Liliane Bettancourt crée des emplois.
Je ne saurais trop conseiller (bien que je ne l'ai pas fait moi-même) de relire des auteurs actuels, économistes, qui défendent "sereinement" le capitalisme: tous s'accordent à dénoncer l'évolution vers un capitalisme uniquement financier.
Comment peut-on légitimer la seule financiarisation du capitalisme en expliquant que c'est bien uniquement parce que c'est le cours des choses ?
Il y a une bêtise économique française qui est terrible et qui, je le pense sincèrement, ne permet pas au pays de s'en sortir et aux décideurs de préconiser de bonnes politiques de relance, ajustées de façon intelligente...
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
Tu considères que les gens qui défendent un peu le système sont bêtes. ok..alors, ça fait des millions d'idiots autour de toi.
Je ne dis pas qu'il faut laisser faire. La politique existe justement parce que politiques peuvent changer le cours 'normal' des choses..que les politiques soient de droite ou de gauche.
J'en ai marre d'entendre que les gens qui ont voté Sarko sont des naïfs et les autres, non..ceux qui ont voté pour celle qui pensait vraiment qu'il fallait fortement augmenter le smic sont des gens qui ont poussé leur réflexion vers un but ultime.
Je pense que chaque vote est raisonné et est dans le vrai.
Il y a des risques dans le capitalisme bien sûr !! (par exemple, là, risque d'une crise immobilière et financière venant des usa). Mais il y a des risques partout ! quand tu prends le volant, quand tu fumes trop, la maladie etc.
La marche de l'humanité est une marche faite de risques.
Ecrit par : Loïc | 10 août 2007
Attention, je n'ai pas introduit la question connexe des débouchés politiques de ceux qui soutiennent ou pas activement l'économie de marché en France.
Ce serait d'ailleurs hasardeux puisque 39% seulement des Français pense que le capitalisme est sain et qu'il faut soutenir ce mode de production (contre 61% hostiles): or, Sarkozy a gagné et se fait le champion du "risque économique" et de l'enrichissement personnel..
Mon sentiment est qu'il y a une peur latente assez forte dans les classes moyennes françaises, peur du déclassement, de la pauvreté, du nivellement par le bas...qui a incité au réflexe "conservateur".
Ailleurs, dans des pays appauvris depuis plus longtemps que la France et qui ont été décrochés, je pense à l'Argentine, c'est au contraire une solution anti-libérale qui prévaut, ainsi que dans le reste de l'Amérique latine (dénoncé par des économistes comme Alvaro Vargas-Llosa, désabusés, qui constatent le recul des idées libérales dans l'ensemble des Amériques non-anglophone).
Je ne vois pas que des idiots chez les Libéraux et ceux qui soutiennent la machine: je perçois des gens qui ont économiquement tort, sans vouloir les insulter. Et qui sont idéologiquement sur une voie de garage. Ils s'y plaisent probablement et cela leur permet de mieux vivre leur situation, qu'elle soit privilégiée ou bien qu'ils justifient ainsi la situation de concurrence au travail, de compétition, dans laquelle ils se trouvent...
Je me suis toujours amusé à lire des sites (ou blogs) pro-capitalistes, où l'on découvre des manifestations festives "en défense du capitalisme" (ça existe !). Mes préférés
http://celebratecapitalism.org/
http://www.johannorberg.net/
http://www.cne.org/capball/
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
http://carnetsdenuit.typepad.com/carnets_de_nuit/2007/08/tas-pas-cent-ba.html
Ecrit par : Gudule | 10 août 2007
Voici un post très récent (24/07) du blogueur suédois libéral de référence Johan Norberg, qui s'intéresse depuis des années, en tant que chercheur au Center for the New Europe, à ces questions d'adhésion ou pas à l'économie de marché.
Son blog vaut le détour régulier:http://www.johannorberg.net/
Il montre que, selon un sondage récent du Financial Times, "Sarkozy est dans la minorité". Je me permets de le reproduire ci-après (merci Eric):
" A new FT/Harris Poll shows that people in the west think that globalisation has a negative effect on their countries. This is not surprising, earlier polls have showed that rich countries on average dislike globalisation, whereas poor countries like it. But the results (from US, UK, Germany, France, Italy, Spain) are brutal nonetheless. Only 21,3 percent think that globalisation is positive and 50,2 percent think that it’s negative.
An obvious reason is that the negative effects of competition (a factory closure) can easily be seen and reported, but the positive ones (lower prices, improved standards of living and new industries and jobs) are spread out in time and space. But if you look closer at this poll, it suggests another reason: Discomfort with change. Those who grew up in centralised and protectionist welfare states are most negative to globalisation, and the young who have never known anything else are the most happy with it.
If the oldest group surveyed, those aged 55-64, was a country, it would be the one most hostile to globalisation. Only 17,8 percent of them think that globalisation is positive and 59,8 percent think that it’s negative.
In the youngest group, 16-24, there is also a plurality against globalisation, but it’s smaller than the national average in all countries except Italy. 28,2 percent of the youngest think that globalisation is positive and 39,6 percent think it’s negative.
Pictures of young anti-WTO protesters claiming to speak for the poor, have deceived us. If you are looking for the real anti-globalists, look for someone born in the 1940s in the world’s richest countries.
(Most surprising response: Should free competition be one of the European Union´s objectives. The French: 45% yes, 38 no. Sarkozy is in the minority.)
Ecrit par : Julien Tolédano | 10 août 2007
Mais je ne suis pas ultralibéral : je rappelle qu'en France, on bosse 6 mois pour la solidarité. Et ça me va.
Encore une fois, chacun voit.
Ecrit par : Loïc | 11 août 2007
J'ai constaté dans ma vie que les plus ardents défenseurs de l'entreprise, du moins d'Etat, bref du Libéralisme, souvent dès l'adolescence, étaient des amis (ou des gens que j'ai connu) fils eux-mêmes d'entrepreneurs, de professions libérales.
Le bagoût joue peut-être aussi: un bon rhéteur sera plus enclin à défendre des voies alternatives, ne serait-ce que par sa capacité à s'affranchir des faits. Le lyrisme et le beau parler est essentiel lorsqu'on est de gauche, puisqu'on imagine sans cesse un monde qui n'est pas, l'existant étant par nature décevant.
Je te concède que le système social brésilien (si l'on peut parler ainsi) fonctionne bien avec des inégalités autrement plus fortes qu'en France: sauf qu'au Brésil, le pays a conservé un potentiel de croissance (et même de développement) qui n'existe plus en Europe, sociétés anciennes et saturées. De plus, et j'en termine, l'acceptabilité des inégalités n'est pas la même en Europe et en Chine, d'une part, et au Brésil d'autre part: le Brésil s'est construit sur un capitalisme prédateur et a organisé spatialement les inégalités: en Europe, la densité et la proximité physique des groupes sociaux augure qu'un creusement des inégalités (notamment de revenus) ne soit pas physiquement possible à l'infini: criminalité, attaque de succursales de banques...:il faudrait installer un fascisme (ce que Sarkozy a en partie compris d'ailleurs) pour essayer que cela tienne.
Ecrit par : Julien Tolédano | 11 août 2007
Je pense, au contraire qu'étant donné le contexte écologique, étant donné la démographie, on n'a pas besoin d'en faire plus en Europe. Et on a donné, chacun son tour. La division internationale du travail s'opère dans l'espace..mais aussi dans le temps.
Et je ne suis pas d'accord : la mixité sociale est un plus. C'est d'ailleurs ce qui est recherché. Tout le monde n'a pas la haine ou n'est pas jaloux de ceux qui ont mieux réussi que soi. La violence est toujours possible bien sûr mais, par exemple, tu me parles de braquages de banques, il me semble que ça appartient surtout aux années 70 et 80. Et puis, tu crois que les types qui font ça sont des gens dans le besoin ?!?
Pour moi, le seul risque qu'il y a à voir se creuser les inégalités, c'est une pression à la hausse des prix de l'immobilier et d'autres biens par le seul fait qu'une certaine classe serait capable d'y mettre un prix élevé.
A part ça, je pense que le creusement des inégalités est un atout...ne serait-ce par exemple que du fait du système fiscal progressif : plus il y a des gens très riches, plus les caisses de l'état en profitent et plus l'état providence est efficace.
Et puis, il y a pas mal de garde-fous dans ce pays. Et dans l'avenir, la loi devra être plus sévère en terme d'obligation de construction de logements sociaux. pas de soucis pour moi de ce côté là.
Ecrit par : Loïc | 11 août 2007
A te lire, je ressens pleinement le contexte intellectuel, qui est celui de la France officielle (et seulement de la France), depuis les années 1980: pour des raisons qui m'échappent en partie, les Français sont devenus parmi les moins progressistes du Monde: après l'anticommunisme qui a déferlé depuis les années 1980, avec le retour de la "philosophie des droits de l'Homme" d'un François Furet, abstraite, s'est cristallisé une opinion publique très majoritaire (que tes positions représentent bien), défendant des positions d'un conservatisme arc-bouté, d'autant plus difficile à contrer qu'il est autocentré, autosuffisant, dominant, dans un pays qui n'a jamais beaucoup regardé la vie intellectuelle hors de ses frontières.
Je me rassure en regardant l'évolution d'autres pays en Europe (et au-delà bien entendu), où la notion de contestation a repris de la vigueur ces dernières années: l'Italie, l'Allemagne...
Mais la France est ce pays sclérosé, à droite, qui ne réfléchit plus, qui pense de nouveau les rapports sociaux en des termes louis-philippards: une nation dont l'Intellegentsia est devenue inexistante, faisant le bonheur des néoconservateurs américains...
J'évite depuis longtemps tout dialogue avec les sympathisants de droite "qui argumentent", sur les blogs: j'ai toujours perdu mon temps...
J'ai perdu mon temps parce que j'ai essayé de leur témoigner les faiblesses de certains aspects de leur raisonnement, de leur montrer une complexité. La logorhée conservatrice est fatiguante, prévisible, lancinante. Elle est surtout dominante dans le contexte intellectuel français...Mais uniquement français, et c'est en cela que l'esquive est possible.
Il faut relire le dernier livre de Gérard Noiriel.
Ecrit par : Julien Tolédano | 11 août 2007
Je dirais même que la France a surpris le monde au temps du cpe, de la révolte des banlieues et de par l'omniprésence d'un type comme Bové ou par la présence d'un groupe communiste à l'assemblée nationale.
Bien que la France vote à droite, la pensée unique de gauche domine dans ce pays. J'en suis convaincu. Je ne dis pas que c'est mal..au contraire...la preuve, s lon un sondage fait il y a quelques années (celui que tu rappelais je pense), aux alentours de 70% des français sont contre l'économie de marché.
Et pourtant, ils votent Sarko ? ba, mais au 1er tour, il ne rassemble 'que' 3 français sur 10..et puis, il faut dire que les socialistes l'ont bien aidé en désignant Royal.
Je ne pense pas que les français ont adhéré au programme de Sarko (qui, globalement, est incohérent), ils n'ont simplement pas voulu d'une potiche à la tête de l'état.
Logiquement, et Fabius l'a rappelé, la gauche aurait dû gagner..et largement. Et elle regagnera. Puis la droite reviendra..et c'est cette succession d'alternance qui fait grandir la France.
Julien, tu as écrit 'J'ai perdu mon temps parce que j'ai essayé de leur témoigner les faiblesses de certains aspects de leur raisonnement' :
perso, je suis de droite mais je sais qu'il y a plein de faiblesses dans le raisonnement des politiques que je défends. Rien n'est parfait, ni personne. Tu as dû tomber sur des bornés fermés à la discussion.
Ecrit par : Loïc | 11 août 2007
En France, la droite domine l'Université, les médias, l'administration et la caste d'intellocrates de salon, qu'on appelle aujourd'hui "intellectuels" (Max Gallo, Philippe Meyer, Jean-Claude Casanova, Philippe Raynaud, Alain Finkielkraut, Alain-Gerard Slama, Alexandre Adler...).
Dans le domaine des idées, l'Aronisme domine la scène intellectuelle: lequel n'est pas même socio-libéral mais de droite libérale. S'ajoute à cela les néocons français (Bruckner, Adler,la revue "le Meilleur des Mondes).
La gauche intellectuelle est déconfite, si bien que la droite gouvernementale est d'autant plus arrogante qu'il n'y a plus de corps intermédiaires qui s'y oppose.
Je n'en dirais pas de même dans le cas de pays comme l'Espagne, l'Italie ou l'Allemagne, où la pensée de marché de droite ne s'objective pas comme "pensée": il n'y a pas la prétention française de l'intellectuel de droite, organique et radiophonique, auquel rien ne s'oppose.
Le mouvement altermondialiste,en France, par exemple, est laminé: il a d'ailleurs été bien plus précocément et entièrement récupéré.
Même la Belgique et la Suisse apparaissent aujourd'ui plus progressiste que la France.
Donc, je trouve infâme de lire, une fois de plus que "la pensée unique intellectuelle de gauche" domine en France. C'est infâme car cela ne résiste pas à un rapide examen.
Vous allez me rétorquer que "le Monde", Libé et les Inrocks dominent intellectuellement la France ? Et que Libé, Le Monde, les Inrocks (j'oubliais Charlie Hebdo et le Nouvel Obs') sont des organes de propagande gauchiste ?
J'en ris d'avance mais c'est pourtant ce que bien des pitres, qui s'épanchent sur des blogs, avançent à longueur de temps sans sourciller. La lobotomie intellectuelle de la population est telle, de la "Majorité silencieuse" à laquelle vous n'appartenez peut-être pas complètement, mais en partie assurément, qu'il y a un consensus autour de cette idée, qui ne résiste pas à l'examen, que la "pensée unique de gauche" domine la scène intellectuelle française.
Foutaises de salon de coiffure...
Ecrit par : Julien Tolédano | 11 août 2007
Sarkozy a légèrement fait bouger les lignes. C'est toujours ça.
En France, un jeune qui vote à droite, c'est soit un enfant des beaux quartiers, soit un naïf trop influençable. On ne peut pas imaginer que le vote à droite soit raisonné..
Tu me parles d'intellectuels..mais on s'en fout de ça. ça n'intéresse que les bobos. Moi, je côtoie chaque jours des ouvriers smicards (j'en suis) qui en veulent, qui se battent, qui souffrent aussi et qui veulent que ça change. Ils ont besoin qu'on leur parle vrai, pas qu'on leur montre des grands débats d'idées entre 'intellectuels' de gauche.
Je mets entre guillemets, comme toi, car tu sembles penser que lorsqu'on défend des idées de droite, on ne peut pas être un vrai intellectuel.
Je ne veux pas provoquer mais à mon sens et au stade de mes réflexions, Sarkozy n'est pas assez libéral.
Sinon, merci pour les salons de coiffure. Je suis ouvrier en usine et je connais le cambouis, la galère, les fins de mois difficile. Evite la caricature.
Ecrit par : Loïc | 12 août 2007
Ecrit par : Julien Tolédano | 12 août 2007
Ecrit par : Loïc | 12 août 2007
Je ne suis pas sûr, qu'en tant qu'ouvrier, tu constates avec Sarkozy une amélioration objective de tes conditions de travail, salariale, de tes rapports de travail au sein de l'entreprise, avec ton employeur etc...
Je sais que tu penses que Sarkozy va mettre de l'huile dans les rouages, va dérrouiller la machine que les Socialistes ont grippé avec les 35 heures et le partage du temps de travail...Je sais même que c'est cela qui t'a incité à voter Sarkozy: tu t'es dis: voilà un homme, un vrai, qui parle vrai, qui sait parler aux travailleurs, qui connait les patrons et leurs besoins, et donc qui va favoriser les entreprises, et donc mon boulot...
Détrompes-toi: non seulement Sarkozy ne connait pas si bien que cela le monde des entreprises (il connait essentiellement des patrons de grands groupes financiers ou de médias qu'il cotoie, mais c'est tout...), mais, plus encore, son programme économique ne vise pas du tout à relancer le pouvoir d'achat de salariés modestes: considères la TVA sociale ou ses premières mesures annoncées pour la fiscalité du patrimoine.
Tu as un patrimoine immobilier déjà constitué ?
Si oui, alors tu pourras peut-être t'y retrouver...
Si non, tu risques de subir, surtout si tu es au niveau du SMIC, l'augmentation des prix sur l'alimentaire et les biens de nécéssité, et puis pleins d'autres choses (les déremboursements médicaux...).
Je serais toi, je rectifierais le tir dès maintenant en soutenant d'autres équipes (par exemple les Socialistes) dès les Municipales de 2008... Je pense que tu n'as pas fait le bon choix en votant Sarkozy, comme bon nombre de salariés du secteur secondaire, de cols bleus, qui se sont dit qu'une femme ne pourrait pas gouverner correctement, que les Socialistes ne sont que des bobos germanopratins qui pensent qu'à des débats d'idées d'intellos sans se soucier des vrais gens...
Mauvais calcul, qui traduit chez toi, selon moi, une perte de conscience de classe: ton intérêt de travailleur est quand même de voter pour des équipes qui soutiennent un peu mieux les droits et le pouvoir d'achat des travailleurs (même s'il y a eu de gros ratés avec Jospin et les Socialistes avant, je te le concède...) que des équipes qui n'ont qu'une chose en tête: favoriser le patrimoine, les bénéfices et le capital...
Je sais ton argument en retour: les bénéfices de mon entreprise sont mes augmentations et mon emploi de demain (le fameux théorème de Schmidt): pourtant, tu as bien vu depuis les années 1980 que les bénéfices n'ont jamais été réinvestis dans l'appareil de production, et à plus forte raison dans le salaire des collaborateurs.
Bien au contraire: plus les entreprises ont fait de bénéfices, plus elles se sont rationnalisées en licenciant, en modernisant à fond leur outillage (ce qui est nécéssaire), en ne posant jamais assez à la reconversion de ceux mis sur le carreau.
Pense à tout cela, Loic !
Ecrit par : Julien Tolédano | 12 août 2007
Si tu fais les questions et les réponses, je ne sais plus ce que je dois dire..
si ce n'est que je ne suis pas aussi naïf que tu sembles le penser. On peut être smicard (et sortir d'un grosse galère) et de droite. La gauche n'a pas le monopole du vote smicard.
un exemple ? je suis persuadé que toutes les mesures comprises dans le paquet fiscal ne serviront à rien. (il peut y avoir peut-être un choc psychologique..et encore).
Je n'ai pas vu grand chose de potable dans le programme de l'ump...mais de l'autre côté, il n'y avait RIEN dans celui du ps..et le si peu qu'il y avait n'était même pas jugé crédible par Royal.
Je suis plutôt conservateur, à savoir que j'apprécie l'existant. Et comme, idéologiquement, je suis plutôt libéral, je pensais que s'il fallait faire évoluer l'existant, ce serait peut-être vers plus de libéralisme..Et il me semblait, qu'à bien peser, Sarkozy était le plus proche de mes aspirations..
Quand tu parles des bénéfices non réinvestis, regarde juste avec le recul comment nos sociétés ont évolués depuis les années 80. C'est plutôt positif non ? rien n'est parfait bien sûr mais ça va dans le bon sens. Car le contexte n'est pas simple du fait de l'émergence de nouvelles puissances économiques.
et je ne savais pas que Sarko était le reponsable de la hausse des produits alimentaires qui soit dit en pensant
1 - reste à vérifier
2 - est une goutte d'eau dans le budget des ménages
3 - est positif pour l'agriculture et notamment les producteurs de lait.
Mais, apparemment, comme d'hab, les médias aiment bien nous faire peur avec des choses insignifiantes.
non sérieux, moi ça va. J'attends d'ailleurs à la rentrée un gros virement du trésor, qui va me faire grand bien.
Ecrit par : Loïc | 12 août 2007
Etre ouvrier-ton chèque du trésor, sauf si de plusieurs millions, n'y changera rien- et voter Sarkozy, c'est être à côté de la plaque.
D'une certaine manière, tu vas le payer telle la brebis qui fretille d'impatience à l'idée de se faire dévorer...
Ecrit par : Julien Tolédano | 13 août 2007
Je suis plutôt libéral et je vote Sarko. C'est plutôt cohérent, non ?
Personne n'est à côté de la plaque. Les choix politiques sont des choses subjectives.
Ecrit par : Loïc | 13 août 2007
J'avais du retard dans la lecture des commentaires.
Heureusement qu'il n'y a aucun ouvrier au monde qui vote pour Sarkozy en espérant ensuite vivre mieux.
Ecrit par : Nicolas J | 17 août 2007
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